1 Mai 2013
Mercredi matin, je décide au dernier moment de finalement aller directement à Santiago, en prenant le même bus que Laura. Matinée préparation, et après-midi bus. Arrivée à Santiago dans la soirée et Laura et moi prenons des chemins différents. Je repars à la guesthouse où j’avais passé une nuit en arrivant sur le continent, il y a un mois et demi de ça. Je ne suis pas censé me promener seul la nuit dans ce quartier là, mais bon. J’arrive, et demande si, par hasard, elle aurait gardé le chargeur d’ordi que j’ai oublié la dernière fois, et oui, YES !!! Fini les galères électroniques. Je reprends vite fait mes marques dans cette sympathique guesthouse de Nuevo Horizonte. Je vais grignoter quelque chose dans le petit bistrot d’en face, où je me fais attaquer pour les vieux qui sont tous là en train de boire un verre. Trop marrant, ils sont tout content de voir un étranger, même si ils me disent aussi que je ne devrais pas vraiment être là. Je fume ma clope tranquille dehors avec l’un d’entre eux, lorsque le gérant de l’établissement fous dehors énergiquement un gars plus jeune, qui s’empresse alors de choper la matraque qu’il a dans son sac. Je reste calme et observe la scène, le gérant n’est pas du tout intimidé, plutôt du genre intimidant. L’autre finit par partir. De ce que je peux vaguement comprendre de ce que l’autre gars est en train de me dire (je ne maîtrise pas encore bien l’espagnol du mec bourré), il semblerait que l’incident soit lié à ma présence, le jeune gars voulant chercher la merde. Bon, je ne m’attarde pas et finis la soirée en matant une série tranquille.
Jeudi matin, grasse mat, repos. Je vais ensuite dans le centre pour retrouver Gabriela, la chilienne que j’ai rencontré au Torres del Paine. On déjeune en terrasse et je découvre le pastel de choclo, une sorte de gratin à base de maïs écrasé, très bon. J’ai ensuite le droit à une visite guidée dans le centre. On monte au sommet du Cerro Santa Lucia, 300m, qui fût le premier endroit de la ville occupé par les espagnols. On peut encore voir un joli castillo et d’en haut, une vue panoramique sur Santiago, ces tours et son nuage de pollution stagnant. Tout autour, des sommets enneigés. On continue notre promenade dans les rues commerçantes, à l’opéra, à la bibliothèque nationale. Puis on finit par sa fac de droit, où elle a un cours en fin d’aprèm. Une nouvelle fois, je reste la soirée tranquille dans la questhouse.
Vendredi, encore une journée tranquille. Margaux passe me voir et on va se promener une heure ou deux, notamment pour aller voir les marchés. Elle a son avion pour rentrer en Allemagne dans l’après-midi. Je reviens ensuite à la guesthouse, et ressors pour tenter une seconde fois de trouver un endroit où je peux faire changer la batterie de mon Ipod, qui est morte une semaine plus tôt (et autant vous dire que moi sans musique, c’est juste impensable !!!). Je finis par trouver un endroit où ils peuvent changer la batterie, yes !!! Je pourrais visiter pas mal de choses à Santiago, mais je suis surtout ici pour voir mes potes. Et puis je n’ai plus vraiment envie de visiter tout ce qu’il y a à visiter. Et puis mine de rien quand on marche tout le temps, on se rend compte qu’elles sont longues les rues ici, on marche très vite plusieurs kilomètres. Je reviens donc à la guesthouse, prends mon sac et repars de l’autre côté de la ville. Ce soir je dors chez Gabriela, car elle m’a invité à une grosse soirée qu’un gars qu’elle ne connaît même pas. On passe un peu de temps chez ses voisins, avant de bouger avec un pote à elle. Premier arrêt d’autres potes, dont plusieurs français étudiant ici. On bouge ensuite à la soirée, vers 23h minuit. Je ne suis plus vraiment habitué à ce rythme, moi je dors normalement à cette heure là ! La fiesta a lieu dans un superbe bâtiment d’époque. Mais ça plutôt des airs de fête d’expats et la musique n’est pas si bonne. C’est pas grave, on passe quand même une bonne soirée. Retour à 4h, dodo.
Samedi, je suis un peu ko, je n’ai vraiment plus l’habitude de sortir… Je reste chez Gabriela à buller jusqu’à 16h. Puis, je rebouge pour aller chez Diego, chez qui je vais squatter pendant les deux prochains jours. On discute tranquillement sur son balcon, d’où on a une vue imprenable sur les montagnes qui encerclent Santiago. Diego est étudiant en géographie/géologie et travaille dans l’environnement minier. On parle donc le même langage pour pas mal de choses, c’est cool. Vers 21-22h, on part rejoindre les autres dans le centre. Belles retrouvailles, un mois et demi après notre brève rencontre lors de cet asado improvisé sur l’île de Pacques. Les makenu (nom rapa nui du groupe de gens réunis sur l’île) sont Ori, Diego, Felipe, Mané de Santiago, Pao qui est venu de Concepcion pour passer le we avec nous, et moi.
On voulait aller dans un bar où le thème était Rapa Nui, mais en fait ce sont des soirées à thème qui changent tous les jours, et là, c’est pas le bon jour. On se rabat donc sur le bar de la hija del Ché, dans le quartier chic de Santiago, qui propose des entremets colombiens et chiliens et où il y a de la musique live. Très bon moment. Par contre c’est un peu difficile pour moi de suivre et de partager, parce qu’ils parlent vite, et surtout… chilien !! Ca je ne savais pas, ils ne parlent pas espagnol, mais chilien, une sorte de déformation un peu comme le créole avec le français. Du coup c’est incompréhensible par moments !! Bon ça va quand même, mais ils veulent aussi m’apprendre à parler chilien, normal. Sauf que quand on me dit des dizaines de mots si si peu de temps, je n’arrive pas à tout retenir. Enfin bref, c’est marrant, même si ça nécessite beaucoup d’attention.
On bouge ensuite vers un autre bar, The Clinic. Un endroit excellent. The Clinic est le nom d’un hebdomadaire local qui excelle dans l’art de l’humour noir et de la caricature. Les murs sont tapissés d’affiches satiriques, de photographies et de phrases en tout genre, relatant l’histoire politique du pays. J’en apprends de plus en plus sur la vie de mes potes et sur l’histoire du pays. J’échappe aussi de justesse au baptême du Perro muerto, blague chilienne consistant ce que tout le monde parte lorsqu’un gars revient des chiottes, ce dernier devant ensuite payer la note. Sauf que moi après être allé aux chiottes, je suis allé dehors me fumer une clope. A un moment je les vois donc tous se cacher derrière un mur, comme des gamins. Je leur fait coucou, ils ne comprennent pas ce que je fous là. On est morts de rire. On bouge ensuite super loin pour finir la soirée en boîte. Mais finalement, on ne trouvera pas notre bonheur, même après plus d’une heure de marche. Il est pas loin de 4h, on se résigne à rentrer chacun chez soi. Ori vient avec nous. Moi ça me va de rentrer, je commence à être mort de fatigue, même si j’ai passé une excellente soirée avec eux.
Dimanche, réveil en fin de matinée. On se retrouve tous en périphérie de Santiago, pour faire les courses pour l’asado qu’on va faire chez Ori. Ah ben oui, c’était quand même l’idée de départ, se refaire un asado après celui sur l’île !! Une bonne heure pour arriver à sa maison. Elle habite avec sa mère et son frère dans un petit quartier résidentiel tranquille. Tout le monde se met à la tâche et la préparation de l’asado est très efficace. J’apprends notamment la manière chilienne d’allumer le barbeuk, ultra efficace. Il y a des tonnes de viande. Bœuf, porc,poulet. Pour accompagner ça, salade de tomates, salade de maïs avocat, patates, pain, salade, bouteilles de vin et pisco sour maison. EXCELLENT !!! Un vrai régal, et un tel plaisir de partager ces moments avec eux, je suis aux anges. On finit aussi par manger les pinones que j’ai amené, en sirotant un orgasmo concocté par Felipe. Comme tout bon asado au Chilie, on commence vers 14h et on finit vers 22h. Je me sens privilégié d’être là avec eux et de partager ces moments qui montrent à quel point l’échange, la discussion, le rire, sont importants dans la culture chilienne. La musique est très importante aussi. Une belle musique qui chante la chaleur humaine. Du coup je fais le plein. Vers 23h on rentre chez nous, morts de fatigue et ayant beaucoup trop mangé, mais le sourire aux lèvres. Je n’ai pas beaucoup vécu ce genre de moments depuis que j’ai commencé mon voyage. Ces moments où tu sens un bon feeling, où tu prends le temps de partager plus que les simples phrases style « salut, ça va ? ». Je trouve ça important. Je ne l’ai pas suffisamment fait jusqu’à maintenant, étant focalisé sur la découverte, la nature, le mouvement en permanence, et sur moi plutôt que sur les autres. Ce sont également des moments qui me rappellent ma vie d’avant le voyage, une vie qui était aussi vraiment cool ma fois.