7 Mai 2013
Lundi, je prends un bus pour Valparaiso, à 2h sur la côte. Sur la route, trois accidents successifs. Le premier avec une ambulance (c’est rassurant…), le second un pick up, le troisième un guanaco (là je ne comprends pas…). J’arrive à Valpo peu après midi. Pablo, avec qui j’avais sympathisé lors du trek du Torres del Paine, me rejoint. Il habite pas loin d’ici et m’avait dit de passer le voir quand je serai au Nord. On va manger dans un des meilleurs resto de fruits de mer, au bord de la plage. Un énorme plateau de fruit de mer, mmhh délicieux !! Avec un petit pisco sour, on se croirait en été. J’apprends plus sur lui, mais aussi sur Valparaiso, et sur le Chili en général. Pablo est ingénieur environnement et travaille dans le secteur minier. Il a comme projet futur d’aller en Australie, où ses compétences et son expérience sont très recherchées. Une fois le ventre bien plein, petite tête dans l’océan, puis on repart dans le centre de Valpo.
Au niveau de la côte, le centre économique et administratif, avec notamment le Congrès du Chili (qui bizarrement n’est pas localisé dans la capitale). Mais la particularité de cette ville, c’est qu’elle est entourée de 42 cerros, ou collines. Et les habitations sont progressivement venues coloniser les pentes de ces nombreux cerros. Il en résulte une ville à plusieurs niveaux, avec des rues pavées allant dans tous les sens (ce qui change des rues parfaitement perpendiculaires de toutes les autres villes chiliennes !!). Trois cerros sont classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO. On prends un petit bateau qui navigue une petite demi-heure dans le port. Valparaiso est le principal port du Chili et a joué un rôle majeur dans le transport maritime entre les deux océans, du moins jusqu’à la construction du canal de Panama en 1914. Dans le port, d’énormes porte-conteneurs, chargés de fruits du pays à destination de l’Europe. On peut également avoir une meilleure idée de la topographie du coin depuis le bateau. Les Cerros ont un relief doux et les maisons sont partout. Au loin, on distingue la maison de Pablo Neruda. Une fois revenus au port, on emprunte un des nombreux ascensores (qui sont en fait des funiculaires construits au début du XIXème siècle) permettant d’aller sur les hauteurs. On se ballade dans les rues des cerros Concepcion et Alegre. En fin de journée, on va se boire une délicieuse bière noire Kunstmann dans un vieux bar typique. Il me dépose ensuite à la guesthouse qu’il m’a trouvé, idéalement située au cœur du site UNESCO (et facile à trouver, c’est là où il y a une chaise suspendue au dessus de la rue.). Une excellente journée.
Mardi, je vais faire la visite de la ville le matin. Ici comme à Santiago, il existe une formule où tu peux visiter la ville en étant accompagné d’un jeune qui bosse ou qui est étudiant et qui est habillé comme Charly de « Où est Charly ? », et à la fin tu lui donnes ce que tu veux. Je fais ça donc. On est trois et la fille est américaine, elle vit ici depuis 3 mois. Une ballade très chouette de 3h dans la ville, qui permet d’en découvrir les principaux attraits. On en apprend également beaucoup sur l’histoire de la ville, sur les différentes communautés d’Europe étant venues s’installer ici.
Et puis c’est surtout l’occasion de découvrir la richesse artistique de la ville, qui en fait un lieu unique au monde. Pour construire leurs maisons sur les cerros, les habitants utilisaient surtout les grandes plaques de taule rouillée qui trainaient dans le port. Ok c’est pas cher, mais c’est très moche. Du coup, ils se sont mis à peindre les maisons. A les peindre de toutes les couleurs. Et c’est ainsi que la ville entière est devenue une immense toile en trois dimensions où les artistes s’en donnent à cœur joie. Dans ces rues tortueuses et multicolores, ont pourrait parfois se croire en Italie, ou dans un petit village cubain, toujours avec ces atmosphère de bohème qui stagne dans l’air. Mais cet art omniprésent, c’est surtout un exemple supplémentaire de la chaleur qui émane de la culture chilienne.
Une fois le tour terminé, je vais au petit restau de Jota Cruz, situé au fond d’une ruelle colorée. A l’intérieur, on se croirait chez un antiquaire. Je prends un plat qui a été inventé ici, et qui depuis est devenu le plat typique de Valparaiso, la choriana. Une montagne de frites maison, des oignons et du bœuf, accompagné d’une bière noire, simple et parfait.
Rempli, je continue à sillonner les rues de Valpo à la recherche des plus beaux exemples de street art. Je rentre en fin d’aprèm à ma guesthouse et y reste pour me reposer, je suis creuvé.
Mercredi, je pensais rester une journée de plus, il y a tellement à voir dans cette ville. Mais justement, tellement à voir… Tout voir demande de l’énergie et je n’en ai pas. J’en ai déjà vu pas mal et j’ai surtout l’impression que ma tête est pleine, qu’il n’y a plus de place pour une nouvelle image. Bon, je trouve un compromis avec la partie de moi qui veut tout voir (elle a dominé pendant 8 mois, elle ne va pas disparaître comme ça…) en allant dans un secteur où je n’étais pas allé, juste une heure ou deux.
Il faut ensuite que je me dépêche de rentrer pour prendre mon sac, prendre un trolley bus pour la station de bus, puis choper à temps le bus qui retourne à Santiago à 11h. A Santiago, je fais un aller-retour express dans le centre pour aller récupérer mon Ipod ressuscité, puis prends un autre bus. 7h plus tard, je suis à Concepcion, au sud. J’ai oublié quelque chose…