20 Mai 2013
Lundi matin, je repars vite fait changer des dollars puis vais à la gare de bus pour en prendre un direction le nord. 3h de trajet jusqu’à San Juan. Je suis de nouveau sur la ruta 40, qui symbolise ma remontée vers le nord depuis 2 mois. Je passe devant le kilomètre 3333 depuis Ushuaïa. Bon, je rate la photo, mais au moins j’ai le 3334km… Une heure de pause, puis un autre bus pour aller à San Agustin del Valle Fertil. Arrivée à San Agustin en fin de journée, accueilli par Indio, qui bosse à la guesthouse. Il m’y amène, puis passe une bonne heure à me présenter les parcs qu’il y a ici et les différentes possibilités pour les visiter. Le soir, Sabrina, une allemande rencontrée à Mendoza revient d’un tour.
San Agustin, c’est complètement paumé !!! Il paraît que sur Google Earth on ne voit rien. Et pourtant, il est là ce petit pueblo, longée par une rivière à sec et au pied de jolies petites montagnes où poussent des cactus. C’est désertique ici, un environnement tout nouveau pour moi pendant ce voyage. Des fois, on se croirait dans un western, j’adore. La principale raison qui pousse les gens à venir ici, c’est la présence de deux parcs nationaux classés au Patrimoine de l’UNESCO : l’Ischigualasto (« endroit où se pose la lune » en Quechua, aussi connu sous le nom de Vallée de la Lune), et le Talampaya. Cette région est unique au monde, car on peut y découvrir des formations géologiques et des fossiles datant du Triasique,soit remontant à environ 200 à 250 millions d’années !!! l’Ischigualasto est immense et regroupe des formations sédimentaires uniques. Le Talampaya, lui, est réputé pour ces canyons rouges et abrupts, et pour les fossiles de dinosaures.
La difficulté, c’est qu’il n’y a pas grand monde et qu’il faut être minimum 4 pour assurer une excursion. Et bien sûr, tu ne sais pas combien il va y avoir de personnes supplémentaires avant que de nouveaux bus arrivent. Ah, et oui, c’est excursion obligatoire, et c’est pas donné. Pas de bus, nada. Autre détail qui somme toute a son importance dans la programmation, il n’y a des bus pour aller au nord que les lundis, mercredis et vendredi, à 3h du mat… Une excursion est prévue pour la vallée de la lune le lendemain, je prends. On passe le soir tranquilles dans le jardin de cette guesthouse très familiale, à écouter un argentin jouer de la guitare et chanter comme un dieu. C’est également l’occasion de goûter le Frénet, un alcool ayant un goût de plante, très répandu dans le nord du pays. Avec du coca et de la glace, c’est très bon.
Mardi, matinée tranquille. On part à 14h pour le parc, afin de profiter de la belle lumière de la fin de journée. Sur la route, on se rend vraiment compte qu’on est au milieu de nulle part, c’est fou. Des voitures aussi vieilles que les parcs, des routes en sable, la pampa à l’est qui s’étend à perte de vue, les montagnes à l’ouest, la végétation sèche et épineuse, le soleil ardent, aucune trace d’eau, on y est. Une fois arrivée au parc, on rejoint le petit cortège de voitures, à la tête de laquelle se trouve la voiture du guide. On va passer tout le reste de la journée à rouler dans le parc et on s’arrête 6 fois pour marcher un peu et en découvrir les curiosités. Ces formations rocheuses sont vraiment uniques, c’est magnifique. Un paysage tellement désolé, tellement calme et étranger !!! Les paysages changent au fur de l’inclinaison du soleil, les montagnes arborent des couleurs dorées, c’est génial. Une fois de retour à la guesthouse, Sabrina va prendre le bus à 3h. Moi je reste, je veux aller à l’autre parc. Mais le problème c’est qu’il n’y a pas assez de monde pour y aller. Bon, dans ce cas il faut rester et voir plus tard ce que ça donne.
Mercredi, toujours pas de Talampaya, fait chier. Bon, du coup je pars courir en direction de la montagne. Ca fait bien bien longtemps que je ne m’y suis pas remis, ça me fait un bien fou. Je me retrouve dans cette montagne désertique, à côté de quelques chevaux sauvages, ça va, tranquille. De retour à la guesthouse, je ne sais )as trop ce que je fais. Tenter le stop pour monter au nord ? Rester encore et voir si il y a excursion possible le lendemain ? Bon, finalement je vais me chercher de quoi me faire à bouffer, puis je m’endors comme une merde dans l’aprèm. Au final, je décide de rester encore et de voir. En fin de journée, un gros groupe de gens débarque d’un coup. Indio refait son speech, puis finalement tout le monde décide d’aller à la vallée de la lune le lendemain pendant la journée, puis de nuit. Ah oui, parce que samedi, c’est la pleine lune. Et pendant la pleine lune, il y a des excursions de nuit organisées dans le parc pendant 5 jours. Il semblerait que ce tour soit excellent, parce qu’ons e croirait vraiment sur la lune. Bon, du coup toujours pas de Talampaya pour moi, et ça sera mon dernier jour ici avant de prendre le bus pour le nord. Je décide donc de me joindre à la sortie de nuit. Le soir, un gros asado est organisé. Moi je mange ma bouffe, déjà achetée avant. Il y a maintenant beaucoup de français dans la guesthouse !! La française qui est là depuis hier, 3 nouveaux qui viennent de débarquer, une qui arrivera le lendemain, et des allemands et suisses qui parlent aussi français. Vraiment beaucoup de français ces derniers temps en Argentine ! L’asado se poursuit en musiques et chants survoltés, auxquels je ne participerai pas, des trucs à faire.
Jeudi, matinée repos, station de bus, courses et cuisine. Dans l’aprèm, Indio, qui comme son nom l’indique est un natif des indiens du coin, nous explique à Jessica et à moi la signification des pétroglyphes que l’on peut trouver dans les environs et nous en apprend surtout beaucoup sur la culture indienne, leur philosophie, leur relation perpétuelle avec la Terre, Patchamama, à travers toutes ses composantes, les rituels, l’utilisation des psychotropes, … Très intéressant. Ensuite, on prend les vélos et on va au musée de la pierre, situé à 8km. Très très beau ce petit musée. Moi qui adore les pierres, je suis ravi. La première salle en est remplie. Des pierres de la région, mais aussi de partout dans le monde. D’une grande beauté, et le guide est très instructif. La région est très connue pour les pierres et les minéraux. Déjà à la guesthouse, je m’étais fait la réflexion que ce n’était pas du gravier qu’ils mettaient par terre dans la cour, mais du quartz. Il y a aussi de superbes marbres ici. Dans la deuxième salle, un autre guide nous présente la faune locale, très accueillante : mygales, fourmis mortelles, scorpions, scolopendres, serpents, … Bon, heureusement, il y a aussi de beaux oiseaux. Mais la bestiole qui l’emporte, c’est la Vinchuca. Un insecte qui pique et qui te transmet la chagas. Une maladie qui atteint le système cardiaque. Pour le moment incurable, cette saloperie te laisse 7 ans à vivre suite à la transmission. Il semble qu’il y ait de très nombreux cas en Argentine, et que la maladie soit également répandue dans toute m’Amérique du Sud… Un certain Charles Darwin, décédé suite à des problèmes cardiaques, aurait été piqué par une de ces bestioles lorsqu’il était en voyage sur le continent. Bon, ça calme… Dans la troisième salle, des coquillages (ok), et une présentation de la faune locale. Là, une particularité, certains arbres développent de la chlorophylle directement sur leur tronc. Ca donne des arbres tous verts, et là tu te demande vraiment où tu es…
On retourne à la guesthouse, juste à temps pour se changer, manger un truc, et filer pour l’excursion de nuit. On va passer plusieurs heures dans le par cet effectivement, ça donne vraiment l’impression d’être sur la lune. Etre là, ça procure un sentiment particulier, empli de sérénité et de calme. On est loin de toute trace de civilisation, à contempler ces formes venues d’une autre planète, à la lueur de la pleine lune, … pppfff ouhaouh, je ne regrette pas un instant. A un moment, tout le monde s’excite pare qu’il y a un point clignotant rouge/jaune qui bouge bizarrement dans le ciel. Puis à un moment, il disparaît. Bon, je suis sceptique. Plus tard, les français liront sur internet que les chinois ont vu la même chose le même soir, et qu’ils le qualifient d’OVNI… bon…
On revient à la guesthouse, on y reste une heure, et les trois français et moi allons à la station de bus, pour continuer notre voyage vers le nord.
San Agustin del valle fertil, c’est une fenêtre ouverte sur un autre monde. Et ça fait du bien de quitter le notre de temps en temps.