9 Mai 2013
Oui donc, Concepcion. La deuxième plus grande ville du Chili. Une ville industrielle, pas vraiment le genre de destinations touristiques où j’ai été habitué à être jusqu’à maintenant. Non si je suis là, c’est parce que je veux voir Pao. On s’est rencontré vite fait sur l’ïle de Pacques, puis on s’est revu le week-end dernier à Santiago. Mais sans franchement partager beaucoup et apprendre à se connaître, malgré le bon feeling que je sentais. Ca m’a beaucoup frustré, donc je lui ai dit que je voulais venir la voir à Concepcion. Et donc me voilà. On me trouve une chambre un peu pourrie et chère. On va ensuite manger une pizza franco-chilienne, puis on va à la Bodeguita de Nicanor. Un endroit modeste, populaire, une musique live excellente. L’ambiance est calme lorsqu’on arrive, mais plus tard les danses endiablées réchauffent la pièce. Une excellente soirée. J’aime beaucoup l’ambiance de cette salle, cette musique, cette chaleur. Et plus j’apprends à connaître Pao, plus je l’apprécie. Ah, et cette fois-ci on parle en anglais, alors c’est plus simple que le chilien !
Suite à cette soirée, je mets le voyage en pause. La tante de Pao me trouve une chambre, qui normalement est louée à des étudiants. Une chambre, ça fait appart, plus que guesthouse. Je m’installe, alors que normalement mes affaires restent toujours dans mon sac. Je suis à une minute de l’appart de Pao, à deux minutes de la fac, où elle bosse en tant que biologiste, sur les algues. Lorsque Pao bosse, je reste chez moi à buller, écrire, me reposer, écouter de la musique chilienne, lire, dormir. J’arrive même à faire des siestes, inconcevable !! Quand elle ne bosse pas, on passe beaucoup de temps ensemble. On va manger des fruits de mer au bord de l’océan, ou bien de délicieux pastels de choclo achetés à la fac. Dimanche, sa mère m’invite pour un asado. Je manque de peu de mourir par excès de bouffe. Mais c’est tellement bon !! On prend sa bagnole pour aller se promener avec son amie Malala, une argentine qui vit à Santiago et qui est venue passer le week-end ici pour la fête des mères. On va manger des churros au dulce de leche au bord de la lagune, on va se promener à la douce lumière de la fin de journée au bord de l’océan. Elle me fait visiter le complexe universitaire de Concepcion, où elle bosse. La fac regroupe toutes les spécialités imaginables, du coup c’est immense, et dans un environnement forestier. Très joli. On va boire de bonnes bières noires, ou d’excellents demonios rojos. Je regarde le film No à ces côtés, elle qui a encore des souvenirs d’enfance des vraies spots télévisés diffusés au Chili pour le Oui ou Non à un nouveau mandat de Pinochet.
On passe des heures à discuter. Du voyage, du Chili, de la vie, de nos vies. Du partage authentique, alors qu’on se connaît depuis si peu. Des points communs, des différences, tout cela venant renforcer le bon feeling existant. Bref, j’ai une petite vie tranquille, je me ressource pleinement, et je passe d’excellents moments avec Pao. Je n’ai pas envie de bouger et de retrouver ma vie de voyageur en perpétuel mouvement. Sous les conseils avisés de mon père, je décide par exemple de supprimer une partie importante du voyage à venir, celle qui devait m’amener jusqu’au pied des chutes d’Iguazu. Pour que je fasse ça, putain !! Mais c’est vrai que ça représente un détour de plus de 1000 bornes rien que pour ça. Et puis comme ça, ça me laisse des choses à voir pour la prochaine fois ! Je reste deux jours à Concepcion, puis deux jours de plus, puis encore deux. La semaine passe vite. Mais arrive quand même l’inévitable moment où la petite vie que je vis ici avec Pao vient se confronter avec ma vie de voyageur. Dans ce genre de moments, il y a de quoi se trouver schizophrène. Le voyage l’emporte, mais à regret. Le départ est en revanche facilité par le fait qu’elle part aussi en voyage. Dans tous les cas, on aura passé un moment inoubliable, et je sais que je la reverrai un jour.