7 Février 2013
Un peu après être parti de ma rivière, j’emprunte une route de graviers qui mène à une ancienne ville minière, qui fut construite au XIXème pendant la ruée vers l’or. Bon, je site est pas terrible, même si l’ambiance pommée est sympa.
Je poursuis ensuite jusqu’à Reefton. Les bâtiments rappellent le style du siècle dernier et les chercheurs d’or font partie de l’histoire locale. On y croise des gars tous barbus tout droit sorti d’un western. Je me pose un peu puis repart vers le nord. 4h plus tard, j’arrive à Wakefield, qui est pas loin de Nelson. Je demande au tenant d’un hôtel si il ne connaît pas un endroit gratuit où camper (c’est plus construit dans le coin, pas facile de trouver une jolie rivière isolée). Il m’indique un endroit, où je vais pour passer la soirée tranquille.
Vendredi 08, direction Nelson donc. J’y suis après une petite heure de route, je m’arrête direct au centre d’information. Je récupère toutes les infos sur le Abel Tasman Coast Track et je profite de la connexion internet gratos. Ce trek suit la côte sur 51km. Le sentier, la plupart du temps dans la forêt, débouche de temps en temps sur de magnifiques baies et plages de sable doré. Il y a plusieurs façon de le faire. De 3 à 5 jours, il y a des campings partout, donc on peu l’organiser comme on veut. Deux passages ne peuvent être franchis qu’à marrée basse, il faut aussi prendre ça en compte. Marrée haute ou marrée basse, ça peut changer de 4-5m, alors faut pas se planter. J’opte pour le programme suivant : partir aujourd’hui même, faire un petit bout dans le parc, puis une grosse journée ensuite pour m’arrêter juste avant le dernier passage à marrée basse, puis revenir le lendemain en taxi boat. Je book la dernière place dans le camping qui m’intéresse in extremis puis vais me racheter un réchaud et faire quelques courses de bouffe. Je pars de Nelson en début d’après-midi. Une heure et demie de route, je me pose, je fais mon sac, et c’est parti. La plage d’où est le départ du trek est déjà très jolie, en plus c’est marrée basse. Je pars vers 17h et met 1h40 au lieu de 2h20 annoncé. Puis j’emprunte un petit chemin qui descend vers la plage où je dors, à Akersten Bay. Surprise, l’endroit, qui est censé être plein, est totalement vide. J’ai la plage pour moi tout seul, youhou !! Je plante la tente et en profite un peu avant que le soleil ne tombe. C’est génial de pouvoir être seul sur cette belle plage , alors que je suis sur un des treks les plus empruntés en Nouvelle-Zélande !!
Samedi 09, c’est parti pour la journée de 8h de marche. Réveil matinal, mais je reste une bonne heure à profiter de ma plage, c’est pas tout les jours quand même !! Je me baigne, surpris de voir qu’elle n’est pas aussi froide que ce que je pensais.
Départ à 9h donc. Je trace ma route, au taquet. Ca fait bizarre d’évoluer parmi des fougères arborescentes et d’être à la plage en même temps. Il y a beaucoup d’espèces de fougères différentes, notamment la fougère d’argent, plus connue comme étant l’emblème des all blacks. Il y a aussi le bruit incessant des grillons locaux. J’en ai eu un ce matin sur ma tente, ils font un putain de vacarme, mais ils sont tous mous. C’est probablement la raison pour laquelle on en trouve beaucoup morts sur le chemin, attaqués par les petites guêpes jaunes.
Le long du chemin, on trouve de magnifiques baies aux eaux turquoises. Après 4h sans m’arrêter, je fais une halte sur une des plages, pour manger et me baigner. Je peux même profiter de 10 minutes de solitude avant qu’un bateau dépose quelques touristes sur la plage. Puis c’est reparti, je traverse l’endroit où la marrée doit être basse pile poile au bon moment, nickel. Plus que 2h de marche pour finir et je suis arrivé au camping de Awaora, après m’être bien pommé sur la fin quand même. J’y arrive à 17h, après 6h30 de marche et 1h30 de pause, parfait. Relax maintenant, j’ai les pieds qui commencent à chauffer.
Je passe une très mauvaise nuit, à cause des dizaines de moustiques qui rodent autour et dans ma tente. Ca change des sand flies, mais c’est pas terrible quand même !! Fait chier ces moustiques. Je m’endors à minuit, me réveille à 3h, puis à 5h. Bon, à 6h30 je me casse, j’en ai trop marre. Je dois aller de l’autre côté de l’immense baie, là où le taxi boat vient me prendre à 10h30. Il y a deux chemins pour y aller, celui à marrée basse et celui à marrée haute. Je prends celui marrée basse, mais finalement, à 5 minutes de la plage où je dois aller, je change d’avis pour prendre un autre chemin, je ne sais pas trop pourquoi... Et je me retrouve donc sur le sentier qui remonte la montagne, « petit » détour qui me prendra une bonne heure supplémentaire.
J’arrive finalement à bon port, où je peux enfin prendre mon café et mon pti déj. J’ai même le temps d’enfin finir mon bouquin. Le retour en bateau est très sympa, on passe par des endroits où j’ai marché quelques heures avant et qui sont maintenant recouverts par plus d’un mètre d’eau ! Le bateau s’approche aussi de deux petits îlots qui sont en fait des réserves pour les otaries et les oiseaux protégés du coin. Une fois arrivés à Maharau, on prend la route en restant sur le bateau, tracté par un tracteur, c’est intéressant. A la voiture, je mange un peu, avant de repartir à Nelson. En guise de récompense après le trek, je m’offre une nuit dans un backpacker plutôt que sous la tente. Putain, ça fait du bien de prendre une douche après jours sans et de laver toutes ses fringues !! Je passe le reste de la journée à me reposer un peu.