11 Mars 2013
Lundi, on part à midi, direction le Tongariro. C’est le dernier trek que je fais en Nouvelle-Zélande, alors autant finir en beauté en allant dans le Mordor !!! Le temps de faire la route, de passer prendre mes tickets de réservation au I-site, de faire les dernières courses et de faire mon sac (sans l’opinel oublié au camping…), il est 15h.
La majorité des gens qui viennent ici font le Tongariro Crossing Alpine, qui est la marche d’un jour la plus connue en NZ. Moi j’ai envie d’en profiter et de quelque chose de plus difficile, donc je vais faire le Tongariro Northern Circuit, qui fait le tour du Mt Ngauruhoese (le volcan du mordor) en 4 jours. Ayant maintenant l’expérience des temps donnés et de mes performances, j’envisage de le faire en 2 jours et demi. Pendant ce temps là, je laisse la voiture à Laura, qui va faire le Crossing et qui va se promener dans le coin. C’est parti donc. Ca commence bien, je me plante de chemin et marche dans le sens inverse… Au bout d’un moment je peux reprendre un chemin qui me ramènera dans le bon sens. Ca me fait 1h40 de marche en plus cette connerie… Le sentier est complètement anarchique. Des petites ravines, des éboulements, ça monte ça descend, parfait, je préfère ça plutôt que des marches ou des sentiers tous droits.
J’arrive au refuge en fin de journée et plante la tente. Le ranger de la hut nous annonce un superbe coucher de soleil, étant donné qu’on a une vue complètement dégagée vers l’ouest. Bon, j’en ai vu beaucoup des couchers de soleil, je préfère faire ma bouffe. Je vais quand même voir par curiosité, oh putain, je prends mon appareil illico et sors. Le coucher de soleil est juste à côté du Mt Taranaki, c’est magnifique !!
Mardi, je voulais mettre le réveil à 4h30, pour partir avant tous les gens qui viennent du parking situé à 20 minutes, ils font tous le Crossing en un jour et sont vraiment nombreux. Je mets le réveil, mais oublie d’appuyer sur « on », donc pas de réveil. Je pars à 7h30, en mode bourrin pour dépasser tout le monde et profiter pleinement des paysages. C’est génial de marcher en étant entouré de volcans, avec un temps magnifique et pas de vent, ce qui est assez rare.
Au bout d’un moment, j’arrive à l’endroit où on peut grimper au sommet du Ngauruhoese, à 650m plus haut, en 3h aller-retour. Je lâche mon putain de sac de 22kg et attaque la montée armé de mes bâtons et de mon appareil photo. J’ai jamais grimpé une pente aussi raide !!! En plus il n’y a pas de chemin, il faut se frayer un chemin parmi les cailloux volcaniques, en essayant le plus possible de rester sur les gros blocs. Mais franchement, c’est vraiment raide !! Je suis à fond, je mets 55 minutes à arriver en haut. Et là, une vue dégagée à 360°, c’est splendide !! On voit tout. Le Tongariro, le lac bleu, les fumées s’échappant d’un cratère juste derrière, un désert volcanique, le lac Te Anau et au loin le Taranaki. Une merveille.
Après être resté presque une heure en haut, il est temps de redescendre. Alors là c’est simple, je suis en mode super bourin qui fait du ski sur les pentes du volcan. J’emprunte le couloir d’éboulis et dévale la pente en 20 minutes, hhiihhaa !!!
Une fois en bas, une petite barre de céréales, de l’eau et c’est reparti. Je continue à marcher dans ces paysages volcaniques et lunaires, faisant un autre détour pour grimper au sommet du Tongariro. Je passe pour le lac bleu, ça a l’air plat.
Un peu plus loin, j’arrive enfin aux lacs d’émeraude, image emblématique du trek, et je comprends pourquoi !! Une fois que le soleil les illumine, c’est super beau. Je m’y pose quelques temps et croise deux jeunes allemands qui font le Crossing et qui repartent vers la première hut. Je leur dit que j’ai oublié mes lunettes là où j’avais planté ma tente et leur demande de me les redescendre et de les cacher quelque part au parking.
Je reprends ensuite ma route vers la seconde hut, que j’atteindrai après une bonne heure de marche qui me semble interminable. Il est 16h30, je me pose enfin, trop content de cette belle journée. Je sympathise avec un israélien d’une cinquantaine d’année, flutiste de profession mais passionné de randonnée et d’alpinisme. Il nous conte ces aventures au Nepal et en Amérique du Sud, à moi et à un suisse, tous dehors autour d’une tasse de thé.
Mercredi, dernier jour de rando. C’est là où je dois faire les 3h et les 5h qui se font normalement en deux jours. Eh bien ça va très bien se faire en une journée. Les paysages sont encore un peu les mêmes, sans pour autant être monotones. Le relief est ondulé et les nuages couvrent progressivement le ciel à partir de midi, ce qui permet d’éviter l’insolation. Sur le chemin, je recroise Noam, qui m’offre un délicieux café turc à la douce saveur de cardamome, un régal. Je repars ensuite, avalant les kilomètres au rythme de ma musique. Je finis en piquant une petite tête aux pieds de la chute de Taranaki, puis rejoint le village. Sur les dernières heures, je suis quand même bien lessivé, les jambes sont lourdes, je traîne mes bâtons, je sens le poids de mon sac, j’ai soif… exactement l’état que je recherche en faisant un trek de ce type.
Depuis le village, on repart se taper les 14km aller-retour de la gravel road qui mène au parking pour que j’aille récupérer mes lunettes. Puis on bouge au National Parc Village pour se poser dans notre backpacker et aller se faire plaisir en mangeant un bon plat de viande et en dégustant une bonne bière à la taverne du coin. Après quoi je m’effondre, un peu déçu de ne pas avoir trouvé l’anneau, mais très content de ce dernier trek au pays des volcans. Et pour finir en beauté, le lendemain matin, la nature m’offre un dernier cadeau plein de lumière.