6 Février 2013
Après avoir vu le Fox glacier, je vais voir celui de Franz Josef, situé à une vingtaine de bornes au nord. Le chemin fait une heure aller/retour. Arrivé au point de vue, en fait on ne voit pas grand-chose, un peu déçu… Avec deux autres français, on décide de passer la barrière qui interdit d’aller plus loin, pour aller voir la grotte de glace qui est juste devant nous. Puis je reviens, contemple à nouveau le glacier, et puis bon, j’y retourne, par un autre chemin. Pas très loin, il est possible de grimper pour avoir accès à une bien meilleure vue du glacier. Je retourne ensuite à la voiture, en courant.
Prochaine destination, la vallée grise, au nord-est de Greymouth. Je mets environ 4h30 à y parvenir, roulant à bonne allure dans ces paysages composés de montagnes, vallées, forêts et lacs, avec de belles fleurs rouges au bord de la route. Je refais le plein à Greymouth, merde, j’ai pas ma carte bleue, merde. Je fouille partout, je suis quasiment sûr de l’avoir pommé au lac Mahinapua, où je me suis posé il y a une demi-heure. Demi tour, mais je m’arrête 2 minutes après pour vérifier quand même sous le siège, elle y est, ouf. J’emprunte donc la route 7 vers Reefton, rentrant ainsi dans les terres. Ca devient plus en plus des paysages de western, j’adore.
Je m’arrête pour visiter une ancienne usine de charbon, Brunner mine. La mine a été construite au milieu du XIXème siècle. Elle a été une des plus importante du pays et a permis d’extraire du charbon pendant plus de 100 ans. Thomas Brunner a découvert cette mine au cours d’une de ces trois expéditions. Une d’entre elle, au cours de laquelle il été accompagné par des guides maori, a durée plus de 500 jours, dans un milieu complètement sauvage. Il a même du manger son chien pour survivre…
Je continue ensuite ma route, il est pas loin de 20h. Je regarde quand même es paysages dans l’idée de trouver un endroit où poser la tente, plutôt que d’aller au camping que j’ai localisé pas loin de Reefton. Après aoir passé le lac de Brunner, je traverse un pont au dessus de la Big Grey River. Un petit chemin mène juste en contrebas, je m’y arrête, vais voir un peu à quoi ressemble la rive droite de la rivière, parfait !! C’est exactement le type d’endroit que je cherchais. Je reviens à la voiture, fais mon sac et repars. Je prends un chemin différent pour éviter d’être trop à découvert (ouais, le camping sauvage est quand même interdit ici…). Mauvais plan, je me retrouve dans des arbustes piquants, déchire mon sac plastique avec la cuisine dedans. Bon, demi-tour, on va gentiment longer la rivière. Je m’éloigne le plus possible, pour trouver le coin parfait, une petite plage, des galets, un coin un peu abrité, vue sur la rivière et les montagnes. Je plante la tente, consolide avec de gros galets (c’est du sable, alors pour les sardines c’est terrible). Je finis juste à temps pour profiter des derniers rayons de soleil.
Et pour une fois, il n’y a pas de sandflies, putain ça fait du bien. Pour info les piqures de sandflies c’est l’enfer, ça démange des jours plus tard, entre 18h et la tombée de la nuit, quand il y a du soleil, quand la peau frotte aux vêtements… bref, souvent. Une fois le soleil couché, la rivière devient étrangement mauve, c’est surnaturel. Une demi-heure de méditation plus tard, je veux me faire à manger. Merde, j’ai pas mon brûleur, il a du tomber quand j’étais dans la brousse. Fait chier, j’y retourne, il fait nuit maintenant. Je galère pas mal et rien à faire, pas moyen de mettre la main dessus. Tout ce que je trouve ce sont des petits pieds de beuh tous mignons. De retour au campement, je fais un petit feu pour réchauffer ma bouffe. Le ciel étoilé d’une clarté comme j’en ai rarement vu. On distingue clairement la voie lactée et j’ai même droit à deux étoiles filantes. Je m’endors paisiblement, pour cette première nuit sauvage qui me remplit d’énergie.
Jeudi, réveil à 7h. Le temps est couvert, dommage pour la lumière du matin. Je refais un feu pour me faire mon café et remballe mes affaires. Sur le retour, je repasse quand même par la brousse pour rechercher mon brûleur, mais en vain. Ce qui me fait le plus chier, c’est de le laisser dans la nature, c’est pas terrible. Une fois à la voiture, un peu d’exercices, séchage de la tente, rinçage de la vaisselle et des pompes dans la rivière à et rinçage de moi par la même occasion, 12°, ça réveille ! J’écris ensuite un peu et remballe mes affaires pour reprendre la route, il est 11h30.