17 Juillet 2013
Mercredi, je prends mon bus de bonne heure pour traverser la frontière boliviano-péruvienne. Le bus passe par la rive sud de l’immense lac Titikaka. Le passage de la frontière se fait très facilement, ç a y est, je suis maintenant en Bolivie. C’est le dernier pays que je vais découvrir pendant ce voyage, puisqu’après je rentre au Chili. Ecore une heure et demie de bus pour atteindre la station balnéaire de Copacabana. J’aurais bien aimé la visiter cette jolie ville, mais je n’ai pas beaucoup de temps et je préfère profiter pleinement de l’île du soleil. Une fois arrivé, j’ai une heure avant le départ du bateau. Je vais retirer des tunes au guichet. Merde, ma carte ne passe pas… Alors là j’apprends une astuce que je ne connaissais pas : la carte le passe pas lorsqu’on choisit anglais comme langue, par contre ça marche quand on choisit espagnol… faut pas chercher. Un guichet à une ville-frontière, ça peut rapidement devenir un lieu de retrouvailles. Je croise mes deux potes hollandais avec lesquels j’étais pendant le Salkantay Trek, trois des suisses d’Equateur, et je fais connaissance avec Pascal, un français qui va au Machu Picchu et qui revient ensuite. Tout ça en l’espace d’un quart d’heure ! Je vais ensuite sur les rives du lac, manger une bonne truite avec du quinoa et un rafraîchissant jus d’ananas, tout ça pour keudal, bienvenue en Bolivie !!
Il s’en suit deux bonnes heures de bateau sur le lac Titikaka. Ce lac est le plus important d’Amérique du sud en termes de volume. C’est aussi le plus haut lac navigable du monde, puisqu’il se situe à une altitude de 3812m !!! J’arrive enfin sur la isla del sol. La majorité des guesthouses sont concentrées au niveau du petit port. Moi je préfère tenter ma chance un peu plus loin, histoire d’être un peu tranquille. Eh ben putain, ça grimpe ici, surtout avec le gros et le petit sac, ça crève rapidement (faut pas oublier à quelle altitude on est...).
Bon, au bout d’un moment jsuis en train de me dire que je commence à me lancer dans le tour de l’île là, et que c’est pas forcément le programme du jour. Je reviens donc en arrière et porte mon dévolu sur la petite guesthouse la plus isolée du port. J’ai une petite chambre toute simple, sans salle de bain, négociée pour rien car sur deux jours. Banco !! J’ai ma vue sur le lac, et sur les superbes sommets enneigées en face, qui culminent à 6000m ! Je passe le reste de la journée à me poser et à m’informer sur l’île. Le soir, je rencontre une dizaine de français (j’en avais pas vu autant d’un coup depuis des lustres !!). Ce sont deux groupes de jeunes qui se sont rencontrés quelques jours avant. Ils sont impressionnés par le fait que je voyage depuis 10 mois tout seul autour du monde, s’en suit alors toutes les questions traditionnelles dans ce cas là. Je rentre ensuite dans ma petite chambre, essoufflé après avoir grimpé une cinquantaine de mètres…
Jeudi, action. Je commence à me prendre un bon petit déj face au lac, tôt, lorsqu’il n’y a personne. C’est tellement agréable. Je prends aussi des sandwichs pour la journée. La cholita qui tient le petit resto m’indique ensuite la meilleure manière de faire le tour de l’île. La Isla del Sol s’appelait avant la isla Titikaka, c’est elle qui a donné son nom au lac. Son nom actuel renvoie au culte du soleil et à la légende de l’Inca Manco Capac. Elle fait 14km² et l’idée est d’en faire le tour complet aujourd’hui. Je suis dans la partie sud-est de l’île. Je grimpe la colline pour ensuite passer sur l’autre versant, à l’ouest. Je me fais un pote au passage, un très beau chien qui me suivra une bonne heure avant de me lâcher complètement au profit d’odeurs de cuisines.
Il fait un temps magnifique. Je découvre des paysages superbes. On se croirait sur une île méditerranéenne, ou en Grèce… sauf que là, on est à presque 4000m… L’altitude change d’ailleurs la perception du paysage : le bleu du lac est profond, les couleurs du ciel sont changeantes, c’est d’une pureté inégalée.
Je me ballade tout seul sur le chemin plusieurs heures jusqu’à la pointe nord de l’île. Là, je visite de très belles ruines inca. Je trouve aussi une très belle plage en contrebas, où je m’empresse d’aller. J’ai trop faim et soif, pause. Mais avant, il va falloir le faire, piquer une tête dans le lac, même si l’eau est glacée !! Une fois les idées rafraichies et le ventre plein, je me rapproche de ce superbe ponton abandonnée, qui me paraît être une rampe de lancement vers la liberté.
Je remonte vers le temple, puis passe de l’autre côté de l’île. Sa partie orientale est plus habitée, je traverse de tous petits villages ou croise des cholitas aux habits flamboyants. Les paysages sont toujours aussi superbes.
Sur la fin, je rencontre un français, seul aussi. Josselin a 22 ans, il vient d’enseigner le français à Quito pendant 9 mois. Il est breton, est un véritable baroudeur et a des idées plein la tête. On s’entend super bien, on finit la route à discuter du voyage, de la vie. Une fois rentrés au port en fin de journée, on se met en mode pizza, en observant les énormes orages qui grondent au loin et donc les éclairs déchirent le ciel comme je l’ai rarement vu auparavant. Une belle journée de marche donc, dans ce magnifique endroit qui invite à la sérénité la plus totale.