31 Juillet 2013
Jeudi, on prend le petit déj après avoir tous très bien dormi. On pack ensuite les affaires, pour un décollage à 7h.
On quitte le salar de Uyuni. Désormais, les paysages sont beaucoup plus désertiques, à part lors de la traversée du salar de Chiguana. On sent aussi qu’on monte progressivement en altitude, ce que nous rappellent les sommets enneigés aux alentours, qui culminent à pas loin de 5000m. Il fait toujours un temps magnifique, comme si l’air n’avait aucune impureté dans ce milieu si aride. On roule dans ces étendues immenses, la bonne grosse musique de merde d’Omar à fond ! On fait une pause lorsque l’on croise la voie ferrée qui mène au Chili, au milieu de nulle part. Ca fait vraiment western !!
Un second arrêt nous permet de se promener parmi les tussocks et d’étranges formations mousseuses, dans un endroit où il y a un peu plus de relief qu’ailleurs. Les couleurs de la végétation ajoutent vraiment un aspect surnaturel.
On s’arrête manger aux bords d’une très belle laguna. Petite promenade digestive sur les bords de la lagune, pendant que Romain, trop content, fait joujou avec son cerf-volant. Les contrastes entre les tussocks, le bleu profond de la lagune et les montagnes dénudées donne trop bien. On repart ensuite vers une autre lagune où il y a beaucoup plus de flamants roses. A chaque fois que j’arrive à une nouvelle lagune, j’ai une mission. Pao étant biologiste et travaillant sur les micro-algues, elle m’a demandé de prendre des échantillons, c’est original.
On roule ensuite pendant une heure dans le désert de Siloli, un désert de pierre extrêmement aride. Petit arrêt symbolique à 5000m, mais pas trop longtemps quand même, il fait très très froid. C’est vraiment un endroit hostile. Mais c’est agréable de voir qu’il existe encore sur notre Terre des endroits comme celui-là, où la Nature est brute et n’a aucune cicatrice due à la présence humaine.
On s’arrête ensuite à de fabuleuses formations rocheuses, dont le très joli arbol de piedra. Dernier stop de la journée, la laguna colorada. Malheureusement les nuages se sont installés et font qu’on ne peut pas vraiment se rendre compte de la couleur rouge vif de la lagune, dommage.
On passe ensuite au bureau du parc national pour s’acquitter des droits d’entrée. Dernière ligne droite de la journée, on arrive à notre hôtel. Cette fois-ci on est tous dans la même chambre. C’est bien, il fera moins froid. Parce qu’ils prévoient une chute des températures cette nuit, ainsi que de la neige. Ca c’est pas top du tout, parce que si il en tombe trop, ça bloquera la route pour aller au Chili, nous obligeant à faire un détour de 6h pour aller à San Pedro de Atacama… Bon, on verra demain.
C’est notre dernière nuit en Bolivie, ce qui veut dire qu’il faut qu’on dépense tous les bols qu’il nous reste. On va donc faire le plein à la petite épicerie du coin. Quelques bouteilles de Bi-cervecina, deux bouteilles de l’alcool local à 40°, on est parés pour une bonne soirée. Et ce fût une excellente soirée !!! Apéro à 19h. Cheat Head au taquet, grosse déconnade, on commence à être bien attaqués (l’altitude doit aussi jouer). Le groupe de péruviens d’à côté se joint à nous. On finit par nous virer parce qu’on fait trop de bruit et que les gens veulent dormir. Qu’à cela ne tienne, les péruviens nous invitent à les suivre dans un autre local où ils dorment tous. On s’agglutine tous autour du poêle, on sort les mp3 et les mini baffles de Romain et les frontales en mode flash. Ambiance assurée, on vient de créer la boîte du Salar !! Mais au bout d’une demi-heure, on s’aperçoit que quelqu’un a fermé la porte de notre bâtiment, on est donc enfermé dehors… On tape à la porte, ça s’ouvre, ouf. Les autres ont pas du comprendre pourquoi on reprenait le son et la lumière en moins de deux minutes. Mais bon, c’était ça ou est coincés dehors… On s’endort vers minuit et demi, tous bourrés.
Réveil difficile 5h plus tard, il va falloir bien plus qu’un café pour nous réveiller. Même le froid glacial qu’il fait dehors n’y arrive pas. SI on part aussi tôt, c’est parce qu’on doit être aux geysers del sol de mañana pour le lever du soleil. On est littéralement congelés dans le 4x4 et le premier rayon de soleil qui nous parvient nous paraît tout simplement relever du miracle. On arrive ensuite aux geysers. Il y en a un isolé et bien puissant. Là, on est complètement euphoriques et on se met à sauter dans tous les sens par-dessus le geyser, histoire de se réchauffer !! On continue ensuite vers les autres geysers qui sont un peu plus loin, enivrés de l’odeur de souffre qui s’en dégage.
Après avoir bien joué, on faire encore un peu de route pendant une bonne demi heure, avant d’arriver à la halte qu’on attend tous avec impatience, les sources d’eau chaude !!! Ca y est, on y arrive. Bon, c’est pas très grand, mais c’est au bord d’une très jolie lagune et puis surtout, c’est bouillant !!! Le meilleur bain que j’ai jamais pris, surtout après avoir été congelé pendant des heures le matin. Que du bonheur, franchement. C’est tellement bon qu’on y reste beaucoup plus longtemps que prévu, ce qui rend Omar énervé parce qu’il ne respecte pas son planning. Bon, moi il commence à me casser les couilles. Je suis là une fois dans ma vie et j’ai bien l’intention d’en profiter à fond. Et puis si j’ai envie de prendre 5 minutes de plus pour prendre un échantillon et faire une belle photo, eh ben je les prends, merde. En plus, il vient de nous gonfler en changeant lui-même les plans et dire des choses contraires à ce qu’il venait de dire avant, bref.
A partir de là, c’est la course. On ne verra pas la lagune verte (qui n’est pas verte aujourd’hui parce qu’elle a gelé) et on trace comme des malades dans le désert de Dali. Ah ben oui, c’était un tour moins cher que les autres, alors il ne fallait pas non plus s’attendre à ce que tout soit parfait. Même si franchement dans l’ensemble, c’était très très satisfaisant. On passe devant le stratovolcan Licancabur, qui culmine à 5920m. Encore un volcan dont je rêvais de faire l’ascension. Je suis du mauvais côté du 4x4 pour le voir et on va pas s’arrêter, ça y est, je suis de super mauvaise humeur. Bon bonne nouvelle quand même, je vais finir pas le voir et le passage pour aller au Chili est ouvert, cool. On arrive au petit poste frontière vers 10h30. C’est le moment de se dire adieu. Romain, Nina et moi nous continuons vers le Chili, tandis que Lucas, Maira, Pascal et Quentin retournent à Uyuni (et vont se taper une journée de 4x4 qui promet d’être extrêmement longue).
Et voilà, c’est la fin de ces trois jours fantastiques passés dans un des milieux les plus irréels que j’ai jamais vu. Un lieu unique, que je ne suis pas prêt de revoir un jour. Un endroit isolé, hostile et d’une telle beauté ! Et puis franchement, lorsque ça se passe avec une aussi bonne équipe que celle qu’on était, on a vraiment tout gagné. Ce genre de moment, c’est tout simplement la magie du voyage qui vous prend aux tripes. Le passage de la frontière signifie aussi la fin de mon voyage en Bolivie. Un séjour qui aura été beaucoup trop court au vu des potentialités du pays, il va falloir que je revienne ! Mais voilà, cette période en Bolivie était surtout voulue pour voyager avec Pao, et ça c’était génial. La fin de mon voyage est de plus en plus marquée dans mon esprit, puisqu’à présent de reviens au Chili, avec pour unique but de retrouver Pao.