10 Avril 2013
50eme article du bloc, vamos a El Chalten!!
Mercredi, nous prenons un bus de 3h pour rejoindre la prochaine étape, El Chaltèn. Une heure avant d’arriver, le bus fait un arrêt à la estancia la leona. Cette estancia a une histoire particulière. En 1905, Butch Cassidy, Sundance Kid et Ethel Place, les célèbres voleurs de banque, y sont resté un mois avant de partir ensuite vers le Chili. A la même époque, un autre bandit uruguayen, Asensio Brunel, sillonnait les environs sur son cheval, habillé de peaux de puma et se nourrissant de viande crue de jument. En 1921, des douzaines de grévistes locaux ont été exécutés ici. Le Père Alberto Maria d’Agostini, célèbre prêtre et aventurier, et de nombreux escaladeurs ont également séjourné ici.
On arrive à El Chaltèn vers midi, accueillis par les condors qui survolent les belles falaises qui entourent la petite ville. On trouve une super guesthouse, la Nothofagus B&B, qui porte le nom du hêtre qui domine les forêts patagoniennes. Depuis la fenêtre, vue sur le Fitzroy, royal. Puis repos et promenade dans El Chaltèn, qui a des allures de petit village oublié de tous, au pied de ces superbes falaises.
El Chaltèn est considérée comme la capitale du trekking en Argentine. On est ici dans le Par National des glaciers, au niveau de la calotte glaciaire nord de la Patagonie. Mais il s’agit également d’un lieu mythique pour les grimpeurs du monde entier. En effet, le Cerro Torre (3102m) et le Fitzroy (3405m et qui porte le nom du capitaine du Beagle), font partie des sommets les plus difficiles à escalader. Le Cerro Torre a longtemps été considéré comme le sommet le plus difficile au monde. 800m de grimpe sur un monolithe granitique, avant d’arriver au sommet, recouvert d’une calotte de glace inconsistance, et ce avec des conditions météorologiques changeantes et difficiles. Maestri réalise la première ascension en 1959. Toutefois, celle-ci est très controversée, Maestri ne pouvant apporter suffisamment de preuves. Pour calmer tout le monde, Maestri revient en 1970 et grimpe le Cerro une nouvelle fois, cette fois par la voie désormais célèbre du compresseur (il avait un compresseur de 200kg pour poser les pitons…). Mais Maestri reste controversé, notamment pour avoir déséquipé la voie. La première ascension du Fitzroy est quant à elle réalisée par les français Lionel Terray et Guido Magnone en 1952. L’expédition est composée de 8 membres, dont un, Jacques Poincenot trouvera la mort. Bref, des montagnes de légende. Je demande à une agence si je peux grimper (pas ceux=là hein, juste dans les environs), mais ils me disent que plus personne n’est là et que beaucoup de guides sont déjà partis. C’est trop tard, tant pis.
Jeudi, chanceux une fois de plus, on annonce du beau temps pour les 2 jours à venir, yes ! Il y a essentiellement deux très belles randos à la journée. Pour la première journée, je marche fait celle qui permet d’arriver à la laguna Torre, d’où on peut voir le Cerro Torre. Départ tardif, 11h. Je pensais faire moins de temps que ce qui était prévu, mais finalement il y a tellement de photos à faire que je mets 7h aller-retour. Très très belle ballade en tout cas, dans la forêt aux flamboyantes couleurs d’automne, et avec pour objectif le mirador Maestri, la limpidité de la lagune, le bleu du glacier et des icebergs et l’imposante silhouette du Cerro Torre. Pendant que je mange mes empanadas, un Matamico blanco passe juste au dessus de moi pour voir si je ne laisse pas quelques miettes. Ensuite retour au village, puis biffe de chorizo au petit resto super sympa juste à côté de la guesthouse.
Vendredi, je passe au centre d’information pour me documenter sir l’histoire des ascensions réalisées. Je vais ensuite acheter mes empanadas, et c’est parti pour l’autre rando, celle qui mène à la laguna de los tres, au pied du Fitzroy. Là encore, très belle rando. Elle est plus longue que l’autre et je suis parti encore à 11h. Je suis en forme, donc la plupart du temps, je cours. En fait, tout dépend de la musique que j’ai dans les oreilles. Hier, c’était Mark Lanegan & Isobel Campbell, donc zen. Aujourd’hui c’est Shaka Ponk, donc course. Pas la dernière heure par contre, là ça grimpe beaucoup trop !! J’arrive à la lagune, magnifique.
Après une heure de pause, je redescends en courant. Je croise un couple franco-brésilien que j’avais rencontré lors du Torres del Paine. Un peu plus tard, la fermeture éclair de mon sac se casse littéralement, je crois qu’elle n’a pas supporté la course… C’est con, c’est le petit sac que j’utilise tout le temps. Je continue donc en marchant, et sans faire gaffe je me plante de chemin… Je repars en fait vers la rando que j’ai faite hier, une boucle qui va me rajouter 2h. Bon, c’est le temps que j’ai économisé en courant à l’aller, donc ça va.
J’enlève donc mes écouteurs et un quart d’heure plus tard, je longe une forêt, où j’entends des bruits bizarres. Je pause le sac et m’approche doucement. Je me retrouve au milieu de trois Carpinteros Gigantes, des piverts de Magellan, les oiseaux typiques du coin. Deux ont la tête rouge, ce sont les mâles. Un a la tête noire, c’est la femelle. Un mâle curieux vient sur le tronc juste en face de moi, effectuant des petits sauts vifs saccadés, trop mignon. Je reste avec ces oiseaux à la jolie houppette pendant quelques temps, puis reprends ma route.