2 Août 2013
Me revoilà au Chili, deux mois et demi après en être parti. Nous sommes dans le bus, qui nous dépose tous au poste frontière. Encore une fois, la douane au Chili est très pointilleuse, surtout sur les fruits. Je conserve mes échantillons pris aux lagunes, et mes cailloux. Les raisins secs par contre, n’ont aucune chance. Le bus nous arrête ensuite dans le centre de San Pedro. Cette ville est réputée pour être beaucoup plus chère qu’ailleurs au Chili et on compte bien rester là quelques jours. Donc avec Romain et Nina, on prend le temps de promener nos sacs dans les rues éloignées du centre, à la recherche de l’hostal parfait. Notre dévolu se jette finalement sur l’hostal Juriques, tenu par un indien et un moustachu. On a un dortoir pour nous tous seuls pour l’instant, il y a des bouteilles incrustées dans les murs en terre et deux hamacs dans la cour, c’est parfait !
Après être allé manger, c’est repos et découverte de la ville. J’adore l’ambiance qu’il règne ici. Les murs en pisé, la sécheresse, le soleil qui tape et les cactus, on se sent sorti tout droit d’un bon vieux western. Et pour cause, on est ici dans le désert le plus aride du monde (environ 35mm d’eau par an…). On prend aussi le temps de se renseigner sur tout ce qu’on peut faire ici, parce que les activités ne manquent pas !! Ca y est, on a notre programme en poche. Petite soirée tranquille à l’hostal pour finir.
Samedi matin, grasse mat, douche (la première depuis 4 jours…) et lessive. On va ensuite à l’autre bout de la ville acheter d’énormes empanadas, qu’on va déguster dans le parc qu’il y a à côté de la jolie église de San Pedro, sous le regard plus qu’intéressé de deux squatteurs.
Puis action, aujourd’hui c’est Sandboard !! Plutôt que de payer super cher une demi-journée avec une agence qui t’emmène à la dune en minibus, on loue des vtt et des planches, qu’on se coltine sur le dos. Puis, on s’arme de bouteilles d’eau, de crème solaire et surtout beaucoup de courage !! Direction les dunes de la vallée de la Mort, mouhahaha !! A la sortie de la ville, deux chiens super sympas mais un peu cons (ils attaquent les passants) décident de nous coller et d’aller dans le désert avec nous. C’est sportif tout de même, la planche dans le dos, le soleil qui tue, les montées et l’altitude (on est à plus de 2400m), ça joue ! On va mettre 2h30 pour avaler les 12km qui nous séparent des dunes.
Ca y est, on peut enfin s’amuser !! Alors autant le dire tout de suite, je suis une vraie merde en snowboard, alors le sandboard, je vous laisse imaginer. Et puis c’est pas si facile que ça. L’avantage sur le sable, c’est que la chute fait beaucoup moins mal. AU bout d’un moment j’en ai marre, changement de tactique. Je grimpe beaucoup plus haut sur la dune, là où sont les pros. Sauf qu’on n’a pas tout à fait la même technique. Eux ils y vont debout sur les planches, moi j’y vais assis. Voilà, comme ça pas de problème d’équilibre. Eh ben c’est beaucoup mieux je trouve !! Je ne tombe pas, je peux tourner en plongeant simplement un doigt dans le sable, et je vais beaucoup plus vite, génial !!
Au bout d’un moment, les nombreux allers-retours commencent à être bien crevants. Et puis il faut pas oublier qu’il nous reste encore de la route pour rentrer à San Pedro. Demi-tour donc et petites sessions cross par endroits. Ca descend beaucoup plus, ce qui nous fait gagner du temps. De retour à San Pedro, on prend de quoi bouffer et picoler pour la soirée et on rentre, vannés. A l’hostal, on fait la connaissance d’un groupe qui vient de débarquer du Salar de Uyuni. Ils viennent surtout du Brésil.
En fin de soirée, direction un bar/boîte où il y a un concert en hommage aux Doors. En effet, la ressemblance entre le chanteur et Jim Morrison est frappante, surtout dans la mesure où il est complètement défoncé. Après, il n’est quand même pas capable de chanter les paroles sans les voir écrites sur son cahier quand même… bien marrant.
Dimanche, grasse mat, puis tour des agences de bus pour anticiper sur le trajet du lendemain. On prend ensuite un tour en minibus qui nous amène à deux magnifiques lagunes. Le taux de salinité est tel qu’on peut flotter. Mais pas trop longtemps, l’eau reste congelée !! Les couleurs et les reflets sont toujours aussi surnaturels. On finit par un petit coucher de soleil au bord de la lagune, un verre de pisco sour à la main. C’est superbe.
Lundi, journée défi. J’ai mon bus à 15h. Avant ça, je veux accompagner Romain et Nina à la vallée de la Lune. Packtage matinal du sac donc, café, puis on passe prendre les vélos chez notre loueur. Puis, c’est parti pour 15km de pédalage !! Cette fois-ci, c’est un berger allemand qui a décidé d’être notre guide. Une fois passé le poste de contrôle du Parc, on s’arrête pas très loin. On pose les vélos pour s’aventurer à pied dans les canyons. J’adore cet endroit. C’est extrêmement sec, on se faufile dans les méandres d’un ancien cours d’eau, asséché depuis longtemps. Certains flancs du canyon sont incrustés de cristaux, qui brillent au soleil.
Tout fou, je commence à vouloir grimper partout, empruntant souvent des chemins plus qu’instables. Mais ça le fait, et une fois en haut, la vue d’ensemble en vaut la peine. On est tout simplement bluffés par l’adresse de notre guide à quatre pattes, il est impressionnant ce chien. On continue notre promenade dans ce lieu oublié du monde, puis petit picnic dans un coin à l’ombre.
Nous retournons ensuite aux vélos et c’est là que nos chemins se séparent. Romain et Nina continuent dans le canyon, puis prennent un bus le soir. On se dit qu’on se reverra un jour sur notre île, c’est obligé ! En tout cas j’aurais vraiment passé d’excellents moments avec eux. A partir de là, une musique bien speed dans les oreilles et c’est parti pour le retour, réalisé en deux fois moins de temps qu’à l’aller. Je repasse à la guesthouse, fait quelques courses et arrive à temps pour prendre mon bus.
Quelques jours super sympas à San Pedro de Atacama donc, un endroit qui mérite de rester beaucoup plus longtemps. Pour se faire happer par cette ambiance si particulière qui règne dans ce désert loin de tout, et réaliser que le temps s’est arrêté. Et maintenant, enfin, direction Concepcion !!!