19 Août 2013
Il ne me reste désormais plus que deux petites semaines à passer ici avec Pao avant mon retour en France. Pendant ce laps de temps, on essaie évidemment de ne pas panser trop à ça, même si on y pense forcément. Mais globalement, on arrive quand même à profiter un maximum de chaque moment qu’on passe ensemble.
Ma petite vie chilienne reprend son cours. Les prunus et les cerisiers en fleurs se font de plus en plus colorés. Dans la semaine, je vais récupérer l’argent que me doit la compagnie LAN. Il y a de l’animation sur la place de l’indépendance, je vais voir. C’est un concours de danseurs de cueca, la danse traditionnelle du Chili. En fait, le 18 septembre prochain, c’est la fête nationale au Chili. Et ça dure plus qu’un jour… Déjà fin août ils sont déjà tous à fond. Ensuite, la fête à proprement parler dure une bonne semaine, mais bon en gros, le tout peut bien durer un bon mois. Cette fête est extrêmement importante ici. On ressort les habits traditionnels, on danse la cueca, on mange des asados tous les jours et on boit du terremoto ou de la michelada. Il y a des ornements et des décorations de la couleur du drapeau chilien partout (bleu, blanc, rouge, ça me rappelle quelque chose…). Bref, c’est l’orgie !! Et je vais la rater à quelques semaines près, dégoûté. En attendant, j’assiste à ce concours de cueca, à l’issue duquel sera élu le couple de danseurs qui représentera la région Bio Bio lors de la fête nationale.
Samedi 24, on reprend une nouvelle fois la petite grenouille verte de Pao (sa voiture) pour aller faire un tour sur la côte, du côté de Lota. Dans plusieurs villes, on voit encore les traces du tsunami qui a frappé la côte suite au terrible tremblement de terre de 2010. Et puis à d’autres endroits, ce sont de jolies petites criques qui s’offrent à nous. On découvre aussi une vieille maison abandonnée en bord de mer, à l’intérieur de laquelle règne un véritable chaos. De trous dans le plancher, un vieux matelas, de vieilles photos en noir et blanc, des bouteilles vides, des bouquins partout (dont un qui parle du diable…). On se fait des petites peurs en imaginant quel type de personne a bien pu squatter ici, quelle histoire a ce lieu morbide. Allez, on ne va pas rester trop longtemps non plus… On finit notre escapade en allant sur une plage connue de Pao.
Dimanche, on une bonne partie de la journée chez les parents de Pao. C’est opération ASADO !!! Là je craque. On va faire les courses avec sa mère, ensuite j’observe et prends note de tout ce que fait son père pour préparer le feu et gérer la cuisson de la viande. C’est un art, et il y met tout son cœur. Avec Pao, on s’attèle également à la préparation des ingrédients du Pisco Sour, toujours selon la recette de son père. Pendant ce temps là, sa mère s’occupe de ce qui accompagne dans la cuisine. Au final, la table est remplie de bouffe, et il en reste encore dans la cuisine ! Autant dire que je me ressers jusqu’à avoir vraiment mal au ventre.
Et voilà que sans prévenir arrive ma dernière semaine. Autant dire que pendant cette semaine, il se passe beaucoup de choses dans ma tête. Surtout, profiter de chaque instant. Mais il y a de la tristesse, de la joie, de la peur et de l’excitation, de l’incertitude. Des sentiments opposés qui ont tout leur sens dans une telle situation. C’est un départ, aussi un retour, en tout cas c’est bizarre. A cet instant, je ne pense pas à l’ensemble de mon voyage et au fait qu’il va bientôt véritablement prendre fin. Je pense simplement à ce que je quitte et à ce que je vais trouver.
Un soir, les parents de Pao nous invitent à boire du Terremoto. A cette occasion, ils m’offrent de petits cadeaux tous mignons, sous le thème de la fête nationale du Chili, pour ne pas oublier le pays. Je ne suis pas prêt de l’oublier ce pays, eux encore moins.
Samedi 31 août, avec Pao on monte à Santiago. On passe une excellente soirée avec la bande de potes de l’Ile de Pâques, au Clinic, le bar où on était déjà allé 4 mois avant. Je suis trop content de les revoir, même si je sais que je pars le lendemain.
Et puis arrive le dimanche 1er Septembre. Pour faire simple, aéroport, adieux, pleurs. Là, c’est elle que je quitte, plus que le Chili, plus que le voyage. On ne sait pas ce qui se passera après, on sait juste que je m’en vais. Mais on sait aussi qu’on a vécu une histoire merveilleuse. Et je me répète une phrase d’un certain Alexander Supertramp, qui disait que « Le bonheur n'est réel que lorsqu'il est partagé ».
Il s’en suit une douzaine d’heures de vol, une escale d’une journée à Madrid, puis un retour en France, à Bordeaux. La suite est une autre histoire.
Et c’est donc la fin de mon voyage d’un an autour du monde. Je tenterai dans un prochain article d’en faire un bilan, du moins d’en tirer les grandes lignes.