31 Décembre 2013
Je vais essayer de résumer un peu ce grand voyage, en m’appuyant sur des chiffres et sur mon ressenti.
Ce voyage, ça a été un parcours, un itinéraire autour du globe. Je ne me suis pas trop écarté de l’itinéraire prévu, surtout en Asie et en NZ. En Amérique du Sud par contre, j’ai fait pas mal de changement, ajoutant notamment l’Equateur. J'y ai aussi plus laissé place à l'inconnu, au feeling.
Pour suivre son itinéraire, il faut bien sûr utiliser divers moyens de transport. Pendant mon voyage, j’ai parcouru la modique distance de 105 000 km !! La distance parcourue étant de deux types : aérienne et terrestre.
En ce qui concerne l’aérien, j’ai pris 16 vols, parcourant ainsi 64 000km, soit une fois et demie la circonférence de la Terre…
Sur Terre, ce sont 41 000 km qui ont été avalés. En Asie, c’était en combinant bus, mini-bus et scoot. Puis, en voiture en Nouvelle-Zélande, et enfin majoritairement en bus en Amérique du Sud. Le transport représente alors une part non négligeable du temps qu’on a. Pendant le voyage, ce sont ainsi 735 heures passées dans les transports en commun, soit à peu près un mois. A chaque fois que je devais me déplacer, je passais du temps à comparer les agences de transport, pour prendre la moins chère. Ca, c’est pour les liaisons entre villes. La plupart du temps, les gares routières sont éloignées des centres. Dans ce cas, j’y allait le plus souvent à pied, ou en partageant un touk-touk avec de gens.
Pour ce qui est de l’hébergement, là encore il y a une grande différence entre les trois continents sur lesquels j’étais. Chambre privative en Asie, tente en NZ et dortoirs en Amérique du Sud. En Asie, je me mettais à la recherche d’un logement le jour de l’arrivée dans une ville. Ca veut dire poser son sac et faire le tour des guesthouses, tout en en profitant pour repérer aussi les restaus, les distributeurs, les agences de tourisme, les compagnies de transport, … En gros, ça prend souvent une demi-journée.
Pour la bouffe, c’était plutôt dans la rue et dans les petits restaus locaux en Asie. C’est tellement plus agréable de manger dans la rue, au milieu de tout le monde !! En NZ, je me faisais ma propre bouffe et je craquais pour un restau 1-2 fois par semaine. En Amérique du Sud, beaucoup plus de restaus par contre. Je n’ai jamais été malade pendant le voyage, hormis un smecta par ci par là en prévision.
Pour ce qui est de l’équipement que j’ai amené, je n’ai aucun regret. J’ai certes trimballé à plusieurs reprises des choses inutiles, mais pas tant que ça. Et le poids du sac n’a jamais été une contrainte. Il faut dire qu’on s’habitue vite à tous les jours porter ses affaires. Je ne me suis jamais rien fait voler ; par contre, j’ai perdu quelques petites choses (téléphone, mp3, veste polaire, brosse à dent, …). Mais finalement, on s’en passe.
Concernant les finances… Bon, ben alors là, c’est complètement raté !! Je suis bien loin des estimations de départ, mais en même temps, c’est toujours comme ça que ça se passe. Mon budget total est de 22620 euros, dont la moitié pour la vie quotidienne, 7300 pour la préparation, 2800 d’activités diverses et environ 1000 de shopping et autre. Il y a beaucoup de dépenses qu’on ne peut pas prévoir. En plus, utiliser les lonely planet donne une idée du coût des choses, mais si les guides sont vieux de plus de 2-3 ans, c’est mort, ça n’aura aucun rapport avec le coût réel des choses. Pour le coup, j’avais prévu 16000 euros pour le voyage… Je ne remercierai jamais assez mes parents, qui m’ont énormément aidé.
Pour ce qui est du budget moyen par pays, la NZ est sans surprise le pays le plus cher. Par contre, la différence entre les pays asiatiques et les pays sud-américains n’est pas si nette qu’on pourrait l’imaginer, pour deux raisons : en Asie, tout est moins cher, donc on en profite plus. Et en Amérique du Sud, je diminuais mes coûts en faisant moins d’activités.
Le voyage, c’est bien entendu des rencontres, beaucoup de rencontres. Et des rencontres magiques. En Asie, je n’ai quasiment pas lié d’amitié avec les habitants, à cause de la difficulté de la langue. Par contre, la communauté de voyageurs est immense et on rencontre des personnes très intéressantes tous les jours. Ce la m’est arrivé à de nombreuses reprises de voyager avec plusieurs autres globetrotters pour quelques jours. Après avoir passé les 3 premiers mois en voyageant seul comme ça, Steph m’a rejoint 3 semaines, puis Katja pour 1 mois. Pendant cette période, moins de rencontres avec d’autres, normal. Ensuite, en NZ, j’étais en mode alone into the wild et je voyageais donc moins avec les gens. En Amérique du Sud, c’est de nouveau beaucoup de backpackers, mais en plus une plus grande facilité à lier des contacts avec les habitants, grâce à l’espagnol. Margaux m’a rejoint pendant deux semaines. Et j’ai surtout rencontré Pao et l’ai retrouvé dans tous les pays d’Amérique du Sud où je suis allé, pour ensuite finir avec elle à Concepcion. Une histoire unique.
En gros, mon année peut être divisée en trois : un tiers du temps à voyager seul, un tiers avec des personnes rencontrées un peu comme ça, et un tiers avec d’autres personnes avec lesquelles je partageais plus. Bien sûr, les nationalités sont multiples, mais un quart des personnes rencontrées restent françaises. Puis les allemands, les américains, les suisses et les anglais.
Pendant mon voyage, j’ai voulu faire beaucoup de choses, ce qui est normal, lorsque l’on se trouve dans les endroits magiques dans lesquels j’ai été. J’ai surtout fait beaucoup de randos, dont 25 jours de treks, pour une distance de 390 km. Du vélo aussi, 13 jours pour 310 km. Plus ponctuellement, escalade, alpinisme, plongée, snorkeling.
Sur une année de voyage, ce sont environ 5 mois « normaux », j’entends qui comprends à la fois l’arrivée dans un nouvel endroit, la visite des villes, la logistique ou encore le repos. 2,5 mois où j’étais en pleine nature, plus 1,5 mois totalement en rando. Un peu moins de 2 mois se rapportent plus au patrimoine culturel. 1 mois de transport. Une dizaine de jours d’activités mer/montagne.
Le rythme de mon voyage était par ailleurs élevé, puisque sur une année, je restais en moyenne 2 jours au même endroit. En Asie, j’ai passé plus de 5 jours consécutifs dans 5 villes. En NZ on n’en parle pas, j’ai pas arrêté de bouger avec ma caisse. En Amérique du Sud, j’ai senti le contre-coup de ce rythme effréné et je me suis plus posé. 1 semaine à l’île de Pâques, 1 semaine à Quito, mais surtout Concepcion, où je serai resté en tout 1 mois avec Pao.
Voilà un peu de quoi brosser les contours de ce voyage. Mais beaucoup de choses se ressentent, plus qu’elles ne se disent. Voyager un an autour du monde, c’est s’approprier un nouveau mode de vie, avoir une logistique particulière, respecter des règles. C’est aussi avoir une vie aux antipodes de celle à laquelle on était habitué avant. Clairement, je ne me suis jamais senti aussi vivant que pendant ce voyage. J’avais une telle énergie, chaque jour, une telle envie de profiter des lieux et des gens qui m’entouraient, une telle curiosité… on se sent vivant, tout simplement. Bon après, au bout de 8 mois, j’ai commencé à fatiguer et j’ai du ralentir le rythme, économiser mes forces. A ce stade, le voyage est aussi devenu normal.
Si je devais ne retenir qu’un mot pour qualifier ce que j’ai ressenti pendant cette magnifique année, ce serait la liberté. C’est elle qui m’a fait avancer, rire, sourire, et pleurer. Et une fois qu’on y a goûté, honnêtement, il devient difficile de s’en passer.
Sur la fin du voyage, j’ai ressenti que j’étais comblé, que j’étais plein. Plus de place dans la tête pour de nouvelles expériences. Et au même moment, c’est la nostalgie de mon chez moi qui s’est installée là. C’est pour ça que je suis rentré, plutôt que de rester au Chili, pour y vivre une nouvelle vie. Je voulais retrouver un peu de la vie que j’avais avant.
Et maintenant j’y suis, je suis rentré en France, prêt à recommencer une nouvelle vie. Je ne regrette absolument rien de ce voyage, pas une seconde. J’ai réalisé mon rêve, et j’en suis fier. Par contre, cela laisse désormais un énorme vide dans la tête. Que fait-on après l’accomplissement de son rêve… Le retour en France n’a pas été si difficile, dans la mesure où j’ai été extrêmement heureux de retrouver ma ville, mes potes, et aujourd’hui ma famille, avec laquelle je suis en vacances en Guadeloupe. Je me suis laissé 3 mois pendant lesquels j’atterrissais, en douceur. Mais une fois que je serai de retour des Antilles, en Février, ce sera une autre histoire, puisqu’il va falloir que je me remette à bosser… Là, je sais très bien que ça ne va pas être facile.
Je ne réalise toujours pas l’ampleur de ce que j’ai pu vivre pendant ce voyage. Je suis incapable de tout avoir dans la tête en même temps, d’avoir une vision globale. En revanche, si je pointe un jour au hasard pendant cette année, je peux me souvenir très précisément de ce que j’y ai fait. Le rêve s’est transformé en souvenir impérissable.
J’espère que vous aurez aimé voyager à mes côtés par l’intermédiaire de ce blog, parce que c’est aussi ça le voyage, partager et faire découvrir à son tour. Et au passage, ça n’a pas été une mince affaire ce blog, à coup de 5000 photos en mises en ligne (sur les 15000 photos du voyage…) et de 100 articles (230 pages de texte), c’est du boulot !
Nous sommes le 31 décembre 2013, alors bonne année à tous. Rêvez votre vie, PUIS, vivez vos rêvez. Et quand c’est fait, recommencez J
A bientôt pour de nouvelles aventures !!!
Matt