6 Août 2013
En prenant mon bus à 15h à San Pedro de Atacama, je m’apprête à faire le trajet de bus le plus long de tout mon voyage… 30h de voyage !!! Et ben à ma grande joie, ça se fait très bien. Bon, il faut dire que je dois commencer à être bien habitué à force. De la musique, un ordi, un bouquin, fast and furious en espagnol su l’écran, de la bouffe et de l’eau et c’est tout. Tout le trajet fait sur les deux places de devant en plus, celles qui ont la vue à 360°. Je fais également la connaissance d’un chilien avec qui je vais parler des heures.
J’arrive donc mardi soir à Concepcion, Pao vient me chercher à la gare, et voilà, mon grand voyage s’arrête là. Ca fait deux mois que je pense à ce moment, où je vais enfin pouvoir me poser vraiment avec Pao. On s’est retrouvé à plusieurs reprises pendant mon voyage, mais là c’est différent, c’est plus sérieux. Je souhaite également arrêter de voyager, de bouger tout le temps. J’ai eu ma dose, je sens que je suis physiquement et mentalement fatigué. Je veux aussi arrêter de rencontrer de nouvelles personnes tout le temps et leur dire toujours la même chose. Bref, je veux me poser, être avec Pao, et c’est tout.
Pendant ce temps passé à Concepcion, j’ai ma propre chambre, que je loue auprès de la tante de Pao. Le prix du mois entier sera d’ailleurs payé avec l’argent gagné suite à la plainte que Pao a envoyé à LAN après le vol annulé que j’avais eu entre Buenos Aires et Lima, hihi. Même si je passe toutes les nuits chez Pao, je vis dans mon appart pendant la journée. Ca me permet aussi d’avoir un chez moi, sentiment que je n’ai pas eu depuis très très très longtemps.
Je passe le plus clair de mes journées à rattraper le retard accumulé sur la rédaction de mon blog, qui était un peu du même ordre que celui que j’ai lors de la rédaction du présent article. J’apprends aussi à jouer du charango, regarde des séries, vais courir un peu. Tous les midis, on va manger chez les parents de Pao, ça devient une tradition que j’aime beaucoup. Je les adore, et puis ça me donne aussi un peu l’impression d’avoir une famille, sentiment que je n’ai pu qu’entretenir virtuellement pendant un an.
Lorsque Pao ne travaille pas, on passe tout notre temps ensemble. Des restaus par ci, dont notre fameuse pizza franco-chilienne, des bars avec musique traditionnelle par là, des parties de cartes, des films regardés posés,… Tout ça est très apaisant, je me sens comblé. Je marque aussi la fin de mon voyage en allant chez le coiffeur (pas allé depuis 8 mois…) et en coupant ma barbe de 3 mois. Petit à petit, j’ai mes repères dans le petit quartier où je vis et j’ai des habitudes de sédentaires, j’aime bien.
On passe aussi pas mal de temps à faire la cuisine et à manger. Vendredi 09, c’est essai de salteñas. Elles sont bonnes, mais ça n’a tellement rien à voir avec celles qu’on a mangé en Bolivie, dommage. Samedi 10, on prend la voiture pour aller à Cañete, situé à 2-3h de route. Pao veut me faire découvrir un restaurant qui fait des plats traditionnels mapuche. Au menu, une entrée à base de piñones (j’en raffole !!), un plat de viande superbement bien cuisiné, le tout accompagné de la boisson traditionnelle dont j’ai oublié le nom : vin rouge agrémenté à ta guise de farine de noisette, de farine d’amande et de miel, très particulier et c’est un régal ! Dimanche, Pao me fait la surprise de me concocter un cari poulet, après avoir demandé la recette à mon meilleur ami Steph, très bon. Le cari Paolet est né. Ma petite vie à Concepcion se déroule plutôt bien, putain qu’est ce que ça fait du bien de se poser !!