31 Décembre 2013
Un voyage autour du monde pendant un an, c’est justement un voyage, pas de simples vacances. Et tout ça, ça se prépare à l’avance. Bon, ça peut aussi se faire à la rache, mais moi j’aime bien planifier. J’ai préparé tout ça lorsque j’étais chez mes parents. Pendant 2-3 mois, je ne pensais qu’à ça, rêvant déjà de tous les endroits magnifiques où je voulais aller. Puis 2 mois en Métropole où je m’attaquais à ce qui était plus concret.
L’étape la plus excitante de la préparation est sans aucun doute le choix de l’itinéraire. Pour ça, j’avais déjà une idée des coins du monde que je voulais visiter : Asie du sud-est, Océanie et Amérique du sud. Lorsque je voyage dans un pays, j’aime y rester suffisamment longtemps pour m’imprégner de l’ambiance locale. J’aime aussi rester dans le même coin du monde et me promener dans des pays frontaliers, plutôt que de multiplier les trajets en avion. Je me suis donc armé de tous les lonely planet, empruntés à la bibliothèque du coin, des pays qui m’intéressaient et j’ai regardé quel itinéraire pouvait me permettre de voir un maximum de choses. Pour cela, je trouve que les itinéraires conseillés par les lonely planet sont pas mal. J’ai donc lu tous les lonely planet, construisant petit à petit mon itinéraire. Puis estimer dans quel sens on passe d’un pays à l’autre, puis d’un continent à l’autre.
Pour estimer quelle est la meilleure période à laquelle être dans un pays, il faut impérativement prendre en compte le climat. Grosso modo, il faut éviter les moussons en Asie et l’hiver en Patagonie. Essayer d’être à la meilleure période dans chaque pays. Ce n’est pas simple, notamment entre la Nouvelle-Zélande et la Patagonie, pour lesquels la meilleure période est février-mars. Je me suis aidé de toutes les informations que l’on peut trouver sur internet, notamment les blogs d’autres voyageurs, pour me faire mon petit calendrier indiquant les meilleures périodes par pays. Pour la Nouvelle-Zélande, l’itinéraire était aussi lié à toutes les randos que je voulais faire, une d’entre elles devant d’ailleurs être réservée plus de 4 mois à l’avance. En Amérique du Sud, il convient également de prendre en compte le mal des montagnes lors de la construction de son itinéraire.
La lecture de tous les lonely planet avait aussi un autre but : estimer le coût moyen de la vie dans chaque pays, afin de savoir combien d’argent je devais avoir pour partir. J’ai donc répertorié à chaque fois le coût le plus bas du logement et de la restauration, ainsi que le prix des transports entre deux villes et le coût des activités prévues. J’ai créé un fichier excel par pays, où était indiqué mon itinéraire envisagé, et les dépenses associées, en fourchette mini/maxi. Et tout ça, ça prend beaucoup de temps. J’en arrive à une estimation de 10500 euros pour l’année.
Une autre variable à prendre en compte est le billet d’avion, enfin les billets d’avion. Alors là, autant dire tout de suite que je n’aurais pas pu faire ce voyage si je n’avais pas pris un billet tour du monde. Ce type de billet peut être acheté auprès d’une des trois grandes alliances mondiales : Oneworld, Alliance, Skyteam. Après avoir testé les trois, j’ai choisi Oneworld, qui était le seul à me permettre de faire un retour en arrière. Il suffit d’aller sur le site de Oneworld. On tombe sur un planisphère où sont représentés tous les aéroports du monde. Et là, on fait joujou en respectant les règles de base : pas plus d’un an, pas plus de 16 segments au total (un segment pouvant être aérien ou terrestre – entre deux villes), pas plus de 4 segments par continent, pas plus d’une traversée d’un même océan. Là encore, arriver au meilleur itinéraire prend du temps, puisqu’il faut combiner ça avec le climat, les visas, … Après 7 versions, je suis enfin arrivé à mon itinéraire final. Puis, j’ai fait faire des devis auprès de compagnies de voyage. Une d’entre elles, Zipworld, me proposait 200$ de moins et un suivi de mon dossier tout au long du voyage, banco. Coût total de mes 12 vols autour du monde avec aller-retour à l’Ile de Pâques compris : 3100 euros.
La banque : J’ai ouvert un compte à la Société Générale, qui offre une option Jazz Internationale exonérant la totalité du pourcentage et de la part fixe normalement ponctionnés lors d’un retrait à l’étranger. Je pense que j’ai économisé pas mal d’argent grâce à cette option, qui m’a coûté 215 euros pour l’année (compte+option). Je pars avec une Visa Premier de la Société Générale, ainsi qu’avec ma Mastercard de La Poste au cas où.
L’assurance : Il faut savoir que l’on est plus couvert par la sécurité sociale au bout de quelques mois à l’étranger. Et un problème à l’étranger, ou un rapatriement puis des soins en France peuvent coûter très très cher. Il existe des formules d’assurance intéressantes à la MAIF. Mais il y a tout de même des limites en termes de soins à l’étranger. Ma carte Visa Premier m’offre une assurance intéressante pendant 6 mois et une assistance médicale complète pendant 3 mois. Donc ça va suffire pour les 3 premiers mois. Pour les 9 autres mois, je souscris à une assurance privée spécialisée dans les longs voyages : l’assurance Marco Polo, de chez AVI International. Et j’ajoute l’option assurance bagages pendant 6 mois, pour prendre la relève de ma carte bancaire. Coût total 550 euros pour 9 mois. Je souscris également à la carte du Vieux Campeur, qui offre une assurance/assistance lorsque l’on pratique des sports de montagne. Coût 63 euros l’année.
Les visas : Ah qu’il est bon d’être français et d’être ainsi exonéré de visa pour toute l’Amérique du Sud et pour la Nouvelle-Zélande !! Les seuls pays pour lesquels j’ai besoin d’un visa sont les pays d’Asie du sud-est. Parmi eux, je décide que je verrai sur place à chaque fois. Seul un visa doit être pris à l’avance, en suivant une procédure précise : le visa vietnamien. Coût total des visas : 150 euros.
Les vaccins : Certains sont obligatoires (fièvre jaune), d’autres non. La plupart est à faire avant d’aller en Asie. C’est un budget qu’on ne réalise pas forcément. La grande question concerne l’encéphalite japonaise, extrêmement chère. La zone à risque est uniquement au nord de la Thaïlande en ce qui me concerne, et en plus j’y vais pendant la saison sèche. Mais, si tu l’attrape celle-là, tu meurs… Je les ai donc faites ces deux putains d’injections à 80 euros chacune. On doit se préoccuper des vaccins au moins un mois avant le départ, car il peut y avoir des rappels à une semaine puis à un mois. Je pars donc complètement blindé : Hépatite A, Typhoïde, Fièvre jaune, Rage, Encéphalite japonaise, Méningite A&C. Le tout pour 360 euros. Vaccinations faites au service voyage de l’hôpital public St-André à Bordeaux, avec vaccins surtout achetés à la pharmacie des Grands Hommes, moins chers.
Autre sujet, le palu. Le médecin du voyage que j’ai consulté m’a prescrit du Lariam. Il s’agit d’un anti-palu pouvant être très dangereux. Je l’ai donc refusé et ai préféré du doxypalu. Beaucoup moins cher et léger. J’ai également deux plaquettes de Malarone, parce que c’est toujours bien d’en avoir, beaucoup plus efficace.
Equipement : Alors là, c’est la partie concrète de la préparation. Pendant un an, ton sac c’est ta maison, et il s’agit ici de la construire en recherchant le meilleur compromis entre poids, confort et coût. Là encore, la lecture de blogs et d’articles spécialisés sur internet aide beaucoup. Par ailleurs, je souhaite faire beaucoup de rando pendant mon voyage, ce qui jour beaucoup sur mon équipement. J’ai une amie qui habite à Sydney et que je vais aller voir juste avant d’aller faire mes randos en Nouvelle-Zélande, puis d’enchaîner en Amérique du Sud. Je lui envoie des affaires chaudes et de rando dont je n’ai pas besoin en Asie. Donc au début du voyage, je pars avec un sac en mode « été » pour l’Asie. Je renvois les affaires inutiles depuis la Thaïlande. Puis je récupère les affaires que j’ai envoyé à Sydney. A la fin de la Nouvelle-Zélande, je renvoie quelques affaires en Australie (notamment la tente et le matelas), avant d’aller en Amérique du Sud. Ma maison fait donc 12kg pendant les 4 mois et demi en Asie, puis 22kg pendant les 2 mois de Nouvelle-Zélande, puis 19kg en Amérique du Sud. Enfin, ça c’est la théorie avant de partir…
Enfin, le voyage est prévu pour être assez physique. Bouger en permanence, porter son sac tous les jours, faire beaucoup de rando… Lorsque j’étais à la Réunion, première moitié 2012, je me suis donc remis à courir régulièrement, histoire de maintenir une bonne forme physique avant le voyage. Au passage, j’ai perdu 7kg et j’avais la patate pour attaquer le voyage.
Voilà, ça c’est pour la préparation du voyage en gros. C’est une partie qu’on ne voit pas de l’extérieur, mais qui pour moi est nécessaire si on veut que le voyage se passe bien. C’est tout simplement construire son projet, son rêve.