19 Février 2013
Le 19, je pars pour Queenstown, après avoir profité de mes derniers instants à Tekapo. Toutes les affaires sont rangées, je peux attaquer les 4h de route jusqu’à Queenstown. Je m’arrête vite fait au village voisin d’Arrowtown, pour visiter d’anciens campements de chinois qui étaient ici pour travailler dans les mines. J’arrive à Queenstown une bonne heure avant le rdv pour rendre la voiture, dépose mes affaires au backpacker hotel, puis rend la caisse. Je l’ai nettoyé un peu mais j’aurais pu m’abstenir, le gars prends simplement les clefs, sans regarder la voiture. Le reste de la journée se passe en mode pause.
Le 20 pareil, je m’occupe des choses que j’ai laissé traîné jusqu’à maintenant, prends le temps de me reposer et de planifier le reste du voyage, notamment le trek dans 2 jours. Le soir, je sors boire quelques bières avec Laura, une suisse d’origine espagnole que j’ai rencontré le matin. Ca fait 8 ans qu’elle voyage / bosse. Elle parle 4 langues couramment, pour 8 langues au total. Elle a été monitrice de plongée à Ko Tao en Thaïlande, depuis 3 ans. Elle a tellement d’anecdotes à raconter, notamment en Amérique du Sud, où elle a vécu 3 ans en tant qu’éduc spé. Une rencontre très intéressante, qui donne envie de continuer l’aventure, encore et toujours.
Le 21, réveil matinal pour prendre mon bus pour Te Anau. J’y arrive 2h plus tard et passe une heure à faire le tour des backpackers, tous pleins ou chers. Je m’informe aussi sur le trek, et décide de changer mes plans pour la dernière journée du trek. Je resterai à Milford le soir, ce qui me permet de craquer pour une croisière de 2h en bateau dans les fjords pour finir le trek en beauté. Je trimballe finalement mes 30 kilos de sacs jusqu’à un backpacker situé hors du centre. Je me fais vite fait à bouffer avec ce qu’il me reste, troque une tasse de café contre du riz cuisiné avec deux allemands, puis repars en ville faire des courses de bouffe pour le trek. Et pour finir, préparation du sac, voilà, c’est déjà la fin de la journée, je suis prêt.
Le 22, à l’attaque !!! Le Milford Track est considéré depuis des décennies comme étant le plus beau trek du monde. Il s’inscrit dans le Fiordland National, au sud-ouest de l’île du sud. L’itinéraire fait 53,5km, du nord du lac de Te Anau au Milford Sound. Il n’y a malheureusement pas de campsite sur ce trek, obligés de réserver en refuge, pour 3 nuits. La beauté et la rareté de ce trek se payent, 350$NZ pour le logement et les transports !! Et il vaut mieux s’y prendre à l’avance si on veut faire partie des 40 randonneurs quotidiens acceptés. Pour ma part, ça fait 4 mois que j’ai réservé.
Le premier jour, il faut d’abord faire une heure de bus puis une heure et demi de bateau pour accéder au départ du trek. On arrive donc au Sandfly Point, qui porte bien son nom. Ces putains de sandflies nous souhaitent la bienvenue dès qu’on pose un pied à terre.
Départ à midi, c’est tardif mais ce n’est pas grave, il n’y a qu’1h30 de marche pour la première journée… C’est débile, si on n’était pas obligé de faire le trek en 4 jours, on pourrait directement marcher jusqu’à la prochaine étape.
L’après-midi se passe donc au refuge, qui permet essentiellement de se réfugier lors des attaques fréquentes de sandflies. Un petit tour à la rivière. Alors là c’est simple, je ne me suis jamais baigné dans une eau aussi froide !!! Ca rappelle la Norvège, où je n’avais réussit qu’à aller jusqu’aux genoux. Là j’y vais complètement, mais pas plus de 10 secondes, impossible. Enfin, on se sent un homme nouveau après ça. Je fais connaissance avec une partie des autres randonneurs, en particulier avec deux israéliens, Gal et Itai, deux anglais, Sally et Dave et une allemande qui a plus l’air d’une irlandaise, Anna. Après avoir somnolé une demi-heure pendant que le ranger Ross finisse son spitch sur les canards bleus, je vais lire mon bouquin tranquille.
Je ne dors quasiment pas de la nuit. J’ai oublié mes boules quies et subit donc l’impitoyable mélodie des ronflements qui raisonnent dans tout le refuge. De bien mauvaise humeur, je me lève à 7h, prends mon pti déj et me casse. Le 2ème jour, c’est 16,5km en 6h, sur du terrain relativement plat. Le temps est couvert, mais la ballade est sympa. La plupart du temps, le chemin longe une belle rivière où se reflètent les hêtres qui poussent sur les berges. De temps en temps, des points de vue permettent de se rendre compte qu’on est complètement entourés de montagnes et que les vallées sont très étroites.
Alors que je fais une pause au bord de la rivière, contemplant ces fameux canards bleus, un petit oiseau curieux vient me rendre visite, trop mignon.
Je continue mon chemin, m’arrêtant souvent pour profiter de l’environnement dans lequel je suis, notamment au lac caché, avec ses canards bleus et son bel effet miroir.
Un peu avant d’arriver à la Mintaro Hut, je pénètre dans une forêt tout droit sortie d’un conte de fées. Du lichen et de la mousse partout, certains arbres sont complètement recouverts d’un magnifique écrin de verdure.
Une fois à la Hut, je vais voir si on peut se baigner au lac qu’il y a à 5 minutes. Premier essai infructueux, beaucoup trop de vase. Je reviens puis trouve un autre chemin, que j’emprunte avec les israéliens et une américaine. Là c’est beaucoup mieux, on est sur les galets, le temps est complètement découvert et permet une très belle vue sur les montagnes ainsi que sur le Mackinnon Pass, que l’on doit grimper le lendemain. Et puis surtout, pas de sandflies, yes !! On se lance à l’eau, froide à en donner des décharges électriques, hallucinant !! Mais on y retourne, encore et encore, même si toujours pas plus de 5-10 secondes à chaque fois. Seul Dave, l’anglais, arrive à y nager un peu. Au bout d’un moment, tout le monde est autour du lac, les uns s’aventurant à l’eau, les autres refusant catégoriquement d’y aller après y avoir trempé le pied.
Après avoir passé un peu de temps au refuge et écouté le discours beaucoup plus succinct de la belle ranger Jane qui se baignait cul nu dans le lac, je suis claqué donc je vais me coucher. Sally m’a donné des boules quies, me sauvant ainsi la vie. Je dors divinement bien, jusqu’à ce que l’alarme retentisse bruyamment dans tout le refuge à minuit… putain pour une fois que je dormais… Et pour rien en plus. Bon, on se recouche.
Le 3ème jour, je l’attendais depuis le début. 14km en 6-7h prévu. C’est le seul où il y a du dénivelé, et moi j’aime ça, le dénivelé. Le fait que j’ai vécu 13 ans dans un village portant le nom de La Montagne doit probablement y être pour quelque chose. Je me lève avant tout le monde, prends mon café et regarde tranquillement ces wakas (des oiseaux un peu comme un mix entre un dodo et un kiwi) se promener autour du refuge. Le ciel est complètement dégagé, ce qui est très rare pour cette partie du trek située en altitude. La ranger hallucine et nous répète encore à quel point on a de la chance, comparé au temps qu’il a fait les 30 derniers jours. Je pars donc à l’assaut du Mackinnon Pass, 500m de dénivelé. Au taquet, j’atteins le Pass après 11h de marche au lieu de 2h, puis le refuge en 15min au lieu de 30min.
Une heure de pause, je sirote mon thé en regardant la lumière du soleil conquérir les pentes des montagnes alentours. Les premiers randonneurs arrivent, hop je me casse. 1h30 pour descendre les 1000m de dénivelé qui me séparent de la lodge située dans la vallée, au lieu de 3h.
Bon, comme j’ai du temps, je me pose au bord de la rivière pour manger, puis je la remonter pour voir ce qu’il y a au bout. Un peu plus loin, je tombe sur une très jolie cascade, où je reste 3h, je m’y sens vraiment bien. La beauté des paysages, le bruit de l’eau qui coule, le fait d’être seul à cet endroit, je m’approprie complètement le lieu. Je reste une heure de plus à la rivière avec les autres qui sont arrivés, on se baigne, en se rendant compte que mine de rien, on s’y habitue petit à petit à l’eau glaciale.
Je remets ensuite les chaussures de rando pour 45min de marche jusqu’à la Dumpling Hut. En chemin, des algues vertes bizarres dans l’eau, et au loin la plus haute cascade de la Nouvelle-Zélande. Une fois arrivés, on remet ça, on va se baigner dans la rivière, mais moins longtemps, les sandflies étant de retour.
Dernier jour, c’est de nouveau du plat. 18km, 6h. Le temps est couvert. Sur le chemin, de belles cascades, des lacs, des monts embrumés, toute une ambiance. Mais bon, c’est plat, et c’est chiant. Surtout que la plupart du temps le chemin est bordé de fougères arborescentes, donc pas de vue.
J’arrive le premier au terminus, un autre Sandfly Point. Une heure après, les gens arrivent au compte-goutte et on prend le bateau de 14h pour Milford.
Globalement c’est vrai que ce trek est très beau, c’est clair. Maintenant, il est tout de même globalement plat, ce que je ne trouve pas terrible. Et puis payer autant pour un trek, c’est la dernière fois que je le fais. Limite j’ai préféré le Routeburn Track que j’ai fait en arrivant, où les sections alpines procuraient des points de vue époustouflants sur les chaînes montagneuses. Enfin, je dois aussi commencer à m’habituer à être dans des paysages magnifiques, je m’extasie moins maintenant.
En tout cas ce n’est pas encore fini pour aujourd’hui, j’ai mon tour de 2h en bateau. Là par contre, difficile de ne pas être impressionné par ces immenses montagnes qui surgissent de l’eau, au premier chef desquelles le Mitre Peak. Je me sens vraiment minuscule face à ce spectacle. De retour à Milford, je galère un peu pour aller au backpacker lodge. J’y retrouve Laura, qui a plongé dans le Milford Sound aujourd’hui.