20 Octobre 2012
Je pars de Hué le matin, je suis censé prendre un bus classique à 7h30, pour 12h de trajet. Un gars en scoot vient me prendre et m’amène à un autre bureau, où j’attends le bus une demi-heure. Il est reparti avec mon billet, bon. Le bus arrive, coup de bol, c’est un bus de nuit, donc avec couchettes dedans, yes !! Je pars donc avec les 3 vietnamiens qui constituent l’équipage et qui ne parlent pas un mot d’anglais. Je suis tout seul, je me demande quand même si c’est le bon bus… bon, le temps passant il s’avère que oui. Une dizaine de personnes montent ensuite dans le bus. Le passage de la frontière se fait très facilement, je suis pris en charge par un des gars du bus. Et voilà, me voilà ensuite au Laos !!! Le paysage change déjà. C’est plus dense, plus sauvage, les routes sont beaucoup plus mauvais état et c’est la pampa (en même temps, le Laos c’est seulement 6 millions d’habitants). On s’arrête à midi pour manger au bord de la route. Riz, légumes, porc et bœuf, épices, sauce, excellent. Le voyage continue de longues heures. Je ne dors que une heure ou deux en général dans les bus de nuit, la nuit. Mais là, je me suis bien reposé, ce qui fait que 12h ne paraissent vraiment pas si longues que ça. Je remercie aussi Metallica d’avoir écrit autant de chansons, suffisamment pour durer pendant tout le voyage. A 18h, on s’arrête à nouveau pour prendre à manger au bord de la route. Du poulet roti, puis réchauffé au dessus de braises, qu’on enveloppe ensuite dans une feuille de bananier et qu’on tient par un morceau de bambou. Accompagné de riz collant, pour en faire des petites boules qu’on trempe ensuite dans un petit pot plein de pâte de piment. Je n’en prends pas, mais une fois dans le bus, les autres gars m’invitent à partager leur repas, j’adore !! Arrivé à Pakse, je prends un sidecar local jusqu’à un hôtel.
Dimanche, je laisse mon gros sac à Pakse et je prends un minibus blindé de touristes pour descendre au sud direction Si Phan Don. Si Phan Don, c’est les 4000 îles. Un lieu unique où de multiples îles et îlots émergent au beau milieu du Mékong.
sur le Mékong
Après 3-4h de trajet, j’arrive sur l’île de Don Khon, réputée plus calme que sa voisine Don Det. J’ai une idée précise en tête, je veux un petit bungalow donnant sur la rivière, pour 3$. Je veux aussi un endroit reculé, j’ai vraiment envie d’être seul dans cet endroit.
Je prends donc le temps de marcher sous un soleil de plomb, à la recherche de la perle rare. Je fais quand même une pause dans un petit resto pour déguster un poulet-coco-curry accompagné d’un milkshake banane-citron-miel, salvateur. Je trouve finalement mon bonheur au bout de deux heures de recherche. Bon, je ne suis pas chez une famille locale et j’en ai vu d’autres beaucoup plus reculés, mais bon limite un peu trop pour le coup. Mais l’endroit est tranquille, la vue est belle, et je suis tout seul. On peut aussi y manger sur une plateforme sur pilotis, sur la rivière. J’adhère totalement. Je m’y pose et y reste un bon bout de temps, avant de me promener dans les environs.
Le temps s’est vraisemblablement arrêté ici. C’est calme et dans l’aprèm, la chaleur étouffante invite à ne rien faire du tout. La plupart du temps, les habitants ne font même pas attention à toi, si ce n’est pour te dire bonjour. C’est surprenant, venant du Vietnam !! Personne pour te demander si tu veux acheter un truc, en permanence, ça fait du bien. Les enfants jouent aux billes, les adultes travaillent dans les rizières au centre de l’île, pêchent ou construisent des bungalows (de plus en plus, ça va changer très vite cet endroit). On croise des bœufs partout, même juste là, en ouvrant la fenêtre. Il n’y a pas de route goudronnée, juste des routes et des chemins en terre. Bref, c’est un endroit où on regarde le temps s’écouler, lentement, lentement, lentement.
ou comment se laisser envoûter par la lenteur des lieux
Lundi, je me lève tôt pour louer un vélo et découvrir les deux îles pendant qu’il ne fait pas encore trop chaud. Je vais au sud de Don Khon, traversant une végétation dense entrecoupée de rizières et de cocotiers. J’arrive à la pointe sud, d’où on peut apercevoir les côtes cambodgiennes. C’est aussi de là que l’on peut prendre un bateau et essayer de voir des dauphins Irrawaddy, espèce en voie d’extinction et ne vivant qu’ici. Je décide finalement de ne pas prendre le bateau, pas beaucoup de chance d’en voir dans l’eau marron du Mékong et c’est pas donné.
Je préfère reprendre mon vélo et aller voir une chute d’eau à quelques kilomètres de là. Il y a une autre chute d’eau, plus grosse et plus loin, mais là encore il faut payer pas mal pour y aller, et je préfère faire simple aujourd’hui, juste rester sur mon île et me promener tranquillement. Et puis honnêtement, les chutes d’eau où je vais sont très belles. On sent vraiment la puissance du Mékong quand on voit ça, alors que le fleuve paraît si paisible à d’autres endroits.
jpense que je vais pas me baigner cette fois-ci...
Je continue un peu jusqu’à une plage pour m’y baigner. Je fais aussi la rencontre d’un sud-africain à peu près du même âge que moi. Il est photographe et voyage depuis maintenant 3 ans, rien que pour faire ses photos, hallucinant !! Et il arrive à en vivre. Je suis tout simplement bluffé !! C’est la première personne que je rencontre qui a réussit à faire ça.
Après avoir pris un verre, je vais manger dans un petit resto au dessus du Mékong : salade de poisson mariné dans un mélange de citron, gingembre, ail, menthe et piment. Puis je reprends mon vélo pour visiter l’autre île, Don Det. Moins intéressante, même si les rizières sont belles. Je fais la rencontre de 5 français avec qui je fais un bout de chemin, avant de rentrer en milieu d’aprèm à mon bungalow pour me poser dans mon hamac et regarder l’eau s’écouler.
Don Det
Le reste de la journée, farniente, je repars à la chute d’eau pour le coucher de soleil, pas terrible mais bon. Je mange à mon Guesthouse, le cuistot étant allé acheter du poisson au marché ce matin, pour me faire un plat traditionnel laotien. Un mélange compacte de vermicelles de riz, de poisson, avec les mêmes épices que pour la salade, mais cette fois cuit et servi dans une feuille de bananier, succulent.
Mardi, j’hésite à rester une journée de plus. C’est un piège cet endroit, tu peux y rester longtemps à ne rien faire comme ça. C’est agréable, mais pour moi ça va un temps. Ca peut être intéressant en fin de parcours, mais moi je commence tout juste mon voyage au Laos, alors je n’ai pas envie de griller des cartouches dès le départ. Surtout qu’en discutant avec d’autres voyageurs qui viennent du nord, je me rends compte qu’il y a beaucoup à faire et à voir (c’est l’avantage d’avoir un circuit allant dans le sens inverse de tout le monde, on peut plus facilement avoir des bons plans). Je prendrai donc le bus de 11h, retour pour Paksé. A 7h, pti déj puis promenade sur les rives du Mékong, pour revenir m’envelopper dans mon hamac, qui ressemble vaguement à une énorme feuille de bananier d’ailleurs.
En voyant un gamin jeter un sac plastique dans le Mékong, je me fait la remarque qu’ils sont probablement des milliers à faire de même, en Asie du sud-est, mais surtout en Chine. Si seulement tous les déchets, ménagers et industriels, pouvaient s’amonceler juste devant la porte de chacun, plutôt que de simplement disparaître dans les eaux du Mékong, ils se rendraient peut compte du désastre écologique auquel ils participent. Faut pas se demander pourquoi les dauphins sont en voie d’extinction après. Et c’est comme ça partout où je suis allé jusqu’à maintenant. Une question d’éducation, de culture, et de priorité aussi. C’est pas gagné… En revanche, l’agriculture est beaucoup plus respectueuse de l’environnement que par chez nous. On pratique la polyculture, pas ou très peu de machines et de pesticides, un usage respectueux de la moindre ressource offerte par la nature. Mais bon, il est vrai que sur la question des déchets il y a vraiment un problème. Enfin, je me dis aussi que ces tonnes de déchets jetées à l’eau ne représentent certainement rien comparé à ce que nous, occidentaux, avons pu polluer ces dernières décennies.