23 Octobre 2012
Je quitte les 4000 îles en début d’aprèm. Je fais la rencontre de 3 bordelais, avant de me faire gentiment virer du bus parce que c’est pas le bon… je les retrouve ensuite à Pakse, les backpackers ont tous les mêmes adresses. Le dortoir est complet, je vais donc à l’hôtel où j’étais la dernière fois et propose à une savoyarde de partager la chambre pour que ce soit pas trop cher. On fait plus ample connaissance autour d’une bière, Thomas, Damien et Nico sont en voyage en Asie pendant quelques mois, Caroline quant à elle fait comme moi, un voyage d’un an autour du monde. Pour l’heure, on a tous envie d’aller au plateau des Bolovens. Il s’agit d’une région reculée du Laos, située à l’est de Pakse. Je leur soumets l’idée d’y aller 2-3 jours en scoot, ils sont à fond. En plus à 5, ça peut être une excellente virée, et ça permet de pas mal réduire les frais. Banco donc, on va trouver des scoots et des cartes, et c’est parti, départ prévu le lendemain.
Mardi 24, départ pour Tad Lo, à 85 bornes de là. On a même pas quitté Pakse que je crève… ça commence bien !! Ca doit arriver souvent, parce qu’il y a des petits réparateurs tout le long de la route. Petit arrêt réparation donc, changement de la chambre à air.
Nouveau départ, cette fois-ci sans encombre. La route est parfaite, mais les paysages sont tout de même assez monotones. Heureusement qu’il y a des poules et des cochons pour traverser la route et qu’on peut discuter un peu étant à 2 sur la route.
Road trip!
On arrive à Tad Lo à midi, pour manger sur la terrasse d’un hôtel donnant sur une chute d’eau et sur la rivière, l’endroit est idyllique. On trouve ensuite un guesthouse parfait, en bord de rivière et beaucoup moins cher.
Il est ensuite temps d’aller découvrir la petite chute d’eau qu’il y a de l’autre côté du pont. Ma foi elle est très sympa, en la voyant je ne pense qu’à une chose, aller dedans et la grimper. Je mets un peu de temps à trouver un passage évitant de se taper le courant, en allant de rocher en rocher. Ca y est, je suis dedans, à savourer la puissance des flots. Je trouve même un petit passage pour aller au dessus de la chute, en grimpant à des racines, j’adore. J’y reste un peu, allant partout où on peut aller.
Je redescends ensuite et on retourne à côté de l’hôtel, où on peut se baigner et faire des plongeons. On y rencontre une famille qui voyage pendant un an en Asie, les deux parents et leurs 5 gosses, âgés de 5 à 13 ans !! Une des filles m’apprends à faire des saltos, elle est vraiment très casse-cou et intelligente pour son âge, ça doit être le voyage ça !!
et plouf!
Ensuite, c’est l’heure pour les 3 éléphants qui squattent l’hôtel de prendre leur bain. Et ils aiment ça putain ! Je cherchais désespérément à la traverser cette rivière, en vain, mais à dos d’éléphant, ça l’aurait fait !
Puis, le père de la famille de baroudeurs me demande si je peux l’amener lui et ses deux grandes filles, à l’autre chute d’eau, il veut l’escalader aussi. Allez, en avant !! Je m’improvise donc guide de waterfall et les fait traverser et grimper. Je n’en reviens toujours pas de la dextérité et des deux gamines, elles n’ont pas froid aux yeux. Thomas et Nico viennent aussi. Damien est malade, il est resté à la guesthouse. On apprécie ce moment à la tombée du jour. Surmonter une épreuve et être fier de l’avoir fait.
On passera ensuite la soirée à jouer aux cartes sur la terrasse, à boire des bières, une sorte de récompense après une journée somme toute bien chargée. Une très belle journée, j’adore !! Et puis on forme une bonne bande tous les cinq, on rigole bien.
Le lendemain, on va voir une autre waterfall située à côté de Paksong, à une soixantaine de bornes de là. On part pas très tôt, et putain qu’est-ce-que c’est long !! C’est sympa de conduire le scoot dans un endroit complètement perdu, de traverser des petits villages et dire bonjour à tous les ptis enfants qu’on croise, mais putain pendant des heures ça devient long. On arrive enfin à la chute, jolie, mais bon, ça ne mérite quand même pas de faire 120 bornes aller-retour. On y reste un peu, qu’il est déjà temps de repartir si on veut pas rentrer de nuit.
On s’arrête un peu plus loin, Nico, qui adore faire des photos des enfants, et qui leur donne une petite photo après, veut s’arrêter au village d’enfants qu’on a vu à l’aller. Pendant la séance photo, avec Thomas on jouera avec quelque uns au foot, sympa. De manière générale, les enfants ici sont craintifs envers les étrangers, alors qu’en Indo ou au Vietnam c’était plutôt le contraire. Ca nous est déjà arrivé de nous assoir à côté d’une table d’enfants et d’avoir comme effet que la table se vide complètement pour se mettre plus loin. M’enfin, ils sont mignons, et ils sont tous petits.
On repart et s’en suit la longue route jusqu’à Tad Lo. A une quinzaine de kilomètres de Tad Lo je sens un truc, putain non, c’est pas vrai !! Ben si, j’ai re-crevé… On se demande si y a pas de la conspiration dans l’air, parce qu’à chaque fois que ça arrive, y a un réparateur à 50m. Enfin pour le coup tant mieux. C’est reparti donc pur une petite demi-heure d’immobilisation, à jouer au ballon et à s’amuser avec les enfants de la famille. M’enfin pour le coup on repart de nuit. Pas trop de risque sur la route, mais c’est juste que ça devient plus chiant avec tous ces insectes qui viennent s’emplafonner sur ta tronche.
Bon, on arrivera enfin, vers 19h30, pour boire une bière et commander à manger. Ah oui, parce qu’ici il vaut mieux commander bien à l’avance. Franchement des fois les serveurs, ou les gars à la réception, savent vraiment mettre ta patience à l’épreuve. C’est plus le Vietnam ou l’Indo, c’est clair. Les plats qui viennent après une demi-heure, pas tous en même temps ce qui fait que les 4 premiers chanceux peuvent avoir fini quand le dernier a son plat. Ils ne savent pas qui a commandé quoi, quand tu demandes un truc simple, avec les gestes et tout, tu te retrouves toujours face à un regard vide, impassible, pendant 1 à 2 seconde avant toute autre réaction… au moment de payer c’est toujours un grand moment, pas possible en moins de 10 minutes. Tu demandes un café blanc (avec du lait concentré), t’as un café noir. Le gamin de 5 ans qui trifouille les fichiers système de l’ordi, toi tu en as besoin, le gars à côté va te dire non, faut attendre que le gamin finisse de jouer, jpeux rien faire. On peut aussi te demander de repayer parce qu’on a oublié que tu avais déjà payé la veille. Bref, faut s’y faire.
Samedi, on se lève plus tôt pour aller voir une grande chute d’eau pas très loin. On arrive d’abord par le haut de la chute d’eau, où l’eau chute de plus de 70 mètres. Le site est beau, le panorama est au rdv, et ces arc-en-ciels qui dansent en fonction des gouttelettes d’eau sont tout simplement envoûtants.
On prend ensuite l’autre chemin qui va en bas de la chute. On prendra 3 chemins différents. Pour ma part, je vois un passage un peu à pic qui descend direct dans la jungle vers l’aval de la chute, c’est parti. Après avoir évolué de branche en racine, je me retrouve à suivre un chemin à flanc de montagne, derrière la cascade, cool !
Je continue de l’autre côté, dans la jungle, à me pommer un peu avant de retrouver la rivière. Caro et Nico y arrivent d’en face en même temps, très bon timing. Les deux autres par contre, on sait pas où ils sont. Tant pis, je me baigne un peu, puis entreprends de remonter les énormes rochers vers la cascade. Plus dur que ce que je pensais, mais j’y arrive et découvre que les toboggans naturels dont on nous avait parlé sont ici. Des enfants y jouent, la tête la première, ou en mode je fais du skate alors que ça glisse trop. J’y vais aussi, c’est vrai que c’est marrant. Je redescends ensuite les retrouver et leur dire que les toboggans sont là. On y retourne donc, Caro avec un peu de mal, étant en hypoglycémie totale. Damien et Thomas y sont aussi, très bien. On s’y pose pour jouer un peu. A un moment je glisse à l’arrêt et me tape la tête contre le rocher, putain ça fait mal. Entre ça, les bleus un peu partout et les courbatures c’est bon, j’ai ma dose là.
Bon faut encore remonter sans trop savoir par où. Après une montée un peu épique, on retrouve les sccots. On va manger pas loin sur la route. Brochettes et sticky rice, parfait. Les haricots verts crus un peu moins… On repart, pas longtemps car c’est au tour de Nico de crever… décidément !! C’est donc reparti pour une pause réparation.
Un peu avant Pakse, on fait une pause. On se fait appeler par deux nanas à un boui boui. Ca tombe bien, il nous faut un truc frais à boire ! On y va les uns après les autres et on se rend compte que les bombes de loin s’avèrent être des ladyboys de prêt… grosse déconvenue pour Nico. On essaie de rester sérieux et on boit notre verre avant de repartir. On revient à Pakse vers 17h, bien morts de la journée. On se pose un peu, je me renseigne pour savoir si il n’y a pas un bus qui part ce soir pour Thakhaek, au nord. Oui, 3h plus tard. Parfait, ça fait économiser une nuit d’hôtel à Pakse, où il n’y a pas grand-chose à faire. On a le temps de se poser un peu avant, puis on y va. Et là, méga surprise, jamais vu un bus comme ça !! Deux étages, des chiottes, et les compartiments capitonnés, avec de vrais matelas 2 personnes, truc de ouf !! On reprend des bières pour fêter ça ! Dommage qu’on aille pas direct à Vientiane, mais qu’on se fasse parachuter au beau milieu de la nuit à Thakhaek.
Ce petit trip sur le plateau était bien cool. Plus de difficultés, et des lieux moins fréquentés et une nature sauvage. Et à cinq français, c’est un peu comme une virée entre potes, ça change aussi, de pouvoir parler plus spontanément.