22 Juillet 2013
La principale chose qu’on voulait faire avec Pao en Bolivie, c’est la route de la mort, qui va de La Paz à Coroico. Mais on ne s’en ai pas du tout occupé samedi, et dimanche beaucoup d’agences étaient fermées à La Paz. Et puis après seulement deux jours, on se rend compte que l’altitude ce n’est pas notre truc. Etre essoufflé tout le temps, et être mort après avoir monté des marches sur 50m, ça fait chier au bout d’un moment. Donc on se dit qu’on va aller directement à Coroico, qui est plus bas et d’où on pense pouvoir trouver une agence pour faire la route de la mort.
On prend un minibus pour aller jusqu’à la station de bus. Un bus part dans une heure, donc on prend l’option minibus, censé partir avant. Mais là, il faut attendre qu’il soit plein avant de partir. Bon, du coup on est tous dedans à l’heure où part le gros bus… Après une heure d’attente, on part enfin… eh ben non, le minibus ne veut pas démarrer… le chauffeur galère, demande à des potes de pousser et tente de mettre le contact en descente, hors de la station de bus. Il se gare et tente de réparer. Pao s’énerve, on s’énerve, on convainc tout le monde de descendre et de demander à changer de minibus. L’autre démarre ça y est, on est enfin parti. En quelques heures de routes, on va passer de 4700m à 1500m ; alors autant dire que les paysages changent !! On arrive dans un décor dans lequel je me sens beaucoup mieux : des montagnes recouvertes d’une végétation dense et humide, le tout baigné dans le doux écrin blanc des nuages. Ca fait un peu penser à la Réunion, c’est cool.
Une fois arrivés, on galère un peu pour s’éloigner du village, j’ai repéré une guesthouse qui a l’air pas mal du tout mais qui est un peu excentrée. On arrive, c’est un peu plus cher que prévu, mais on craque. La chambre double est excellente, on a notre balcon, il y aune piscine, des hamacs, et un excellent restau dans la guesthouse, tenue par… un couple français ! Parfait !
Mardi, on prend la journée pour profiter de notre petit havre de paix et pour faire le tour du village de Coroico. C’est vraiment tout petit ici, et ça fait absolument pas village touristique, un endroit beaucoup plus authentique. On se rend très vite compte qu’il n’est pas possible de faire la route de la mort depuis ici, tout se fait depuis La Paz… Bon, tant pis. On se rend aussi compte que le tourisme en Bolivie est moins développé de manière générale, moins organisé je veux dire. Souvent les agences ne savent pas trop, il n’y a pas d’horaires, ce genres de trucs. Ici, c’est un peu plus à la rache qu’ailleurs quoi.
On trouve tout de même un guide qui nous propose d’aller se promener pendant une petite journée dans les plantations de coca et de café, pour finir à une rivière. On décide de faire ça le lendemain. On continue notre journée entre le village et notre belle chambre située à l’orée des nuages et qui surplombe la forêt tropicale. Le soir, on va manger une des meilleures pizzas que j’ai jamais mangé, dans une toute petite pizzeria tenue par une française (décidément…). On est les premiers à s’y installer. Quand on part, la salle est remplie, mais uniquement de chiliens et de français, trop bizarre.
Mercredi, journée cultures donc. On prend un taxi pour se rendre à un village voisin, pour ensuite arpenter les collines arborées. Camillo, notre guide, a toujours habité dans la région, qu’il connaît comme se poche. Il nous parle de la population, des us et coutumes, des plantations de café, de la nature, de la politique du pays, des relations avec les autres pays, … de tout quoi.
Il nous parle surtout des plantations de coca, qui sont de très bonne qualité ici. Les feuilles sont plus petites, donc plus concentrées. Il se souvient de ces trafiquants de drogue qu’il voyait ici lorsqu’il était gamin. Aujourd’hui ce temps est révolu. Mais la consommation excessive de feuilles de coca pose selon lui un autre problème : les paysans en consomment énormément, car cela leur apporte de l’énergie pendant leurs longues journées de travail dans les champs. Le problème, c’est que la coca a un effet de coupe faim, ce qui fait que les paysans ne se nourrissent plus et peuvent s’affaiblir jusqu’à en mourir.
Par ailleurs, les notions de bien commun et de pouvoir collectif ressortent très clairement de son discours sur la Bolivie et sur sa région. Ici, il n’y a pas de barrières entre les parcelles agricoles, chacun respectant la propriété d’autrui. Aussi, lorsqu’un paysan a un problème, c’est l’ensemble de son village, de sa communauté, qui va aller voir le Maire pour voir ça, ne faisant qu’un. Plus je l’écoute, plus je me dis que la France aurait de nombreuses leçons à apprendre de la Bolivie.
En milieu de journée, on arrive à la rivière. Le ciel s’est dégagé, on a trop de chance. Un endroit totalement préservé, où peu de touristes viennent. Des papillons volent dans tous les sens, l’eau est froide mais purifiante, on est bien là, on y reste une bonne heure et demie. Comme quoi il n’y a pas besoin d’être dans les paysages de dingue pour en profiter. Etre dans un endroit reculé, bien accompagné, ça suffit. On reprend ensuite le chemin, qui nous amène là où nous attend le taxi pour rentrer.
On passe ensuite le reste de l’après-midi à jouer aux cartes sur notre terrasse en sirotant une délicieuse bi-cervecina. Quand l’électricité revient, on repart au village quelques temps, puis on revient à la guesthouse. On est au calme, on est bien.