24 Septembre 2012
Yogyakarta est une « petite » ville de 400.000 habitants. Le trafic y est beaucoup moins dense, ça apaise déjà pas mal. Ca a l’air tranquille comme ville, on est pas attaqué en permanence par les vendeurs. Ils laissent plutôt la place aux nombreux Ojeks qui stationnent un peu partout. Mais ça va, c’est cool. Yogya, c’est aussi le cœur culturel de Java, tout comme Ubud l’était à l’échelle de Bali. Il y a des magasins de Batik tout le long de la rue Malioboro, et c’est vrai que c’est beau.
Je resterai avec Gerrit et Karen pendant tout le séjour ici, ils sont vraiment sympas, on s’entend bien et on veut faire les mêmes choses, alors. Descendus du train, on se met à la recherche d’un losmen (backpacker hostel), dans le quartier de Sosrowijayan. Tous ceux que nous avons repérés sont pleins, on en prend donc un autre et on verra le lendemain. Puis on se promène tranquillement dans la ville, histoire de s’imprégner de l’ambiance.
Mardi, changement d’hôtel. Le Bladok, the Losmen 4 étoiles. Les chambres sont clean pour 10 euros la nuit, il fait aussi resto et ils donnent beaucoup d’infos sur ce qu’il y a à faire dans les environs. Et cerise sur le gâteau, on a même le droit à une belle piscine ! Bref, les vacances.
Une fois les fringues puants des derniers jours de rando déposés à la laverie (enfin !), on loue des scoots pour la journée. Direction Prambanan. C’est la plus grande concentration de temples hindous à Java, construits entre le VIIIème et le Xème siècle. Effectivement, ça vaut le coup, tous ces temples pointant vers le ciel, tellement vieux et toujours là ! Même après le tremblement de terre de 2006, dont on peut voir les dégâts un peu partout.
temples de Prambanan
Petit tour ensuite au temple voisin de Sewu, ainsi qu’un autre encore plus petit,où faut bien trouver une occupation.
un temple petit, mais marrant
Après ça, on décide de monter vers le nord, vers le volcan Merapi, le plus actif et le plus dangereux d’Indonésie. Bon, pas de bol, tout ça pour rien à cause des nuages. En fait, on le verra mieux, même si de plus loin, depuis le toit de l’hôtel… De retour à Yogya donc. Une longue attente à la gare pour réserver le train de nuit pour Jakarta. On apprend d’ailleurs qu’il y a un tarif à 30.000 roupies, soit un peu plus de 2 euros !! Mais bien entendu, c’est complet depuis des semaines ! Le reste de la journée, repos, à profiter de la piscine et à se balader. On va manger chez Superman, qui fait un SuperSteack !! (ben oui, après 3 semaines de riz ou de noodles, je craque, putain qu’est ce que c’est bon les frites !!) Et petit concert live de rock dans le bar au coin de la rue pour finir la journée.
Le lendemain, on reste à Yogya. Visite du Kraton, la résidence du Sultan (en effet, Yogya est toujours un royaume, où demeure un sultan), du Taman Sari (jardins et château d’eau qu’on ne trouvera jamais, dans le site qu’on nous indique, pas une goutte d’eau…) et du marché aux oiseaux, qui ne vaut pas grand-chose. Donc pour une fois, une matinée un peu ratée, bof, ça change un peu. Retour en espèce de charrette/vélo, pour éviter de se retaper les 6km à pied.
On va manger tranquillement dans la rue, lorsque soudain un défilé de plusieurs centaines de danseurs et de musiciens passent dans la rue d’à côté. Il y a un festival qui ouvre aujourd’hui. Chaque petit groupe représente une ville, de Sumatra, Java et Bali. Les costumes sont magnifiques et complètement différents, ce qui reflète bien la mosaïque culturelle de ce pays. Encor une fois, repos le reste du temps et petit resto sympa, le Bedhot Resto. J’ai mes petites habitudes, mes petites rues que j’aime bien, les gens qui te disent bonjour à chaque fois parce qu’ils savent que tu es là quelque temps… j’aime bien ça, le fait de ne pas passer en coup de vent, mais plutôt de se sentir un peu chez soi.
Jeudi, journée aquatique. Après un SuperBreakfast, on reprend les scoots pour rouler vers le sud. Premier arrêt, la grotte de Gua Cerme. Difficile à trouver, surtout quand on choisit de prendre le petit chemin caillouteux qui serpente dans la colline, plutôt que la route en bonne état qui commence dans la plaine… Mais on finit par trouver. Et c’est parti pour une bonne heure à remonter une rivière souterraine. Vraiment excellent !! On avance entre les stalactites et les énormes concrétions de cristaux. Ca devient sportif lorsque tu as de l’eau jusqu’à la taille et que le plafond est tellement bas qu’il permet juste de faire passer le torse et le sac (avec l’appareil dedans…). C’est aussi un lieu de méditation (on croisera deux indonésiens dormant dans la grotte, c’est une sorte de méditation). Bien tripant en tout cas.
remontée de la rivière souterraine de Gua Cerme
On reprend le scoot vers la plage, à un quart d’heure de route. Il s’agit de la plage de Parangtitris, où règne la Reine des Mers du Sud, dans la légende. Plage de sable noir (en fait il est plutôt gris) très convoitée le we par les habitants de Yogya. Les vagues sont nombreuses et le courant puissant, mais au loin. Impossible de ne pas se baigner.
Après la farniente sur la plage, on se met en quête d’une source d’eau chaude. Il semblerait finalement que ce ne soit que des douches où on peut avoir de l’eau naturellement chaude. C’est assez loin des vasques naturelles et fumantes que nous imaginions, alors on retourne à Yogya. La piscine de l’hôtel est tout de même mieux !! Le soir, resto un peu plus classe à l’autre bout de la ville, le Via Via, et petit billard pour finir.
Dernier jour à Yogya, on s’est réservé le meilleur pour la fin, le temple de Borobudur. C’est bien de finir par ce temple, ça permet de ne pas être déçu après quand on en visite des plus modestes. Il s’agit d’un des plus grands monuments bouddhiques au monde, classé au Patrimoine de l’Unesco et datant de la même période que ceux de Prembanan. Mais celui-ci a totalement résisté au tremblement de terre. Et pour cause, 7 paliers en forme de stupa (cloche bouddhiste), construites en pierre volcanique, il s’étend sur 120m², pour un poids estimé à 3.500.000 tonnes !!!
Et cette grandeur n’empêche pas les détails qui, entre les stupas, les bouddhas et les bas-reliefs représentent quelques milliers de pièces.
On prend donc plaisir à monter lentement ces paliers et à scruter les bas-reliefs, pour finalement arriver au dernier palier qui représente le nirvana. Là, une énorme stupa trône au sommet, entourée de plusieurs petites à l’intérieur desquelles se trouve à chaque fois un paisible bouddha. Et une fois qu’on a été au nirvana, la journée est réussie, on peut retourner à Yogya, attendre quelques heures avant de prendre le train de nuit pour Jakarta (moins fun tout de suite…).
le Nirvana!
Yogyakarta aura été un séjour bien sympathique, un endroit où on se sent bien. Et puis le fait de partager ça avec d’autres voyageurs et aussi très sympa et donne une autre dimension à la chose.