14 Septembre 2012
Ubud et ses environs sont un endroit dont j’entends parler depuis longtemps, et je comprends mieux pourquoi. La petite ville et les rizières qui l’entourent sont une invitation au calme et à la contemplation.
Arrivée vendredi 14. Je sillonne les gangs (ruelles) qui restent proches du centre et du tourist information. En fait, Ubud, c’est un labyrinthe de gangs, où quasiment toutes les familles ont des chambres, ce qui représente des dizaines d’endroits où dormir. Après 4-5 essais, je jette mon dévolu sur l’Arjuna Homestay, en plein centre, tenu par une gentille petite famille. Ma chambre, spartiate mais pas chère, donne sur le temple de cette famille et de celle d’à côté. Je me souviendrai du sourire de la tenante et de sa gentillesse. Il y a Ketut dans son nom. Ce n’est pas la première fois que je l’entends... En fait à Bali, on nomme les enfants par ordre d’arrivée, Ketut étant le 4ème. J’aime aussi observer, chaque matin, les membres de la famille qui viennent déposer des offrandes dans le temple et qui l’entretiennent régulièrement pendant la journée. Pendant la journée, ils s’attèlent à faire des mosaïques et à paver l’entrée de chez eux avec des galets déposés 20 ans plus tôt dans une rivière pour qu’ils aient la forme voulue.
Le premier jour donc, arrivée vers midi, ce qui me laisse l’après-midi pour découvrir les rues principales. Les rues ici sont vraiment propres, et jalonnées de Penjors (offrandes en bambou). Les offrandes se comptent par dizaines, devant un magasin, sur un scooter, devant un temple… Beaucoup de magasins d’artisanat, notamment l’art Batik, des sarongs à la pelle, ainsi que le travail du bois et de la pierre. De nombreuses peintures aussi. Il y a aussi beaucoup de fleurs, bougainvilliers, frangipaniers, alamandas…. Ailleurs, ce sont d’immenses banyans qui viennent signaler la présence d’un temple plus important. Je décide de passer la chaude après-midi à l’ombre des arbres de la Monkey Forest, au sud de la ville.
Puis, en début de soirée, je vais voir un spectacle de danse Barong, au temple principal qu’il y a à côté de chez moi. Le Barong est le roi des esprits et représente le bien. Il est apparaît sous la forme d’un lion. Cette danse est basée sur les notions du bien et du mal, mais sans les opposer radicalement comme chez nous. La danse est vraiment très belle, lente, avec des gestes méticuleux et soignés. Paisible.
le déroulement d'une danse Barong
Je rejoins ensuite Robinson, un couchsurfeur avec qui j’ai pris contact. Robinson est français, il fait un stage en agronomie de 3 mois à Bali. Rdv donc au Laughing Buddha, petit bar sympa où joue ce soir un putain de chanteur de Blues, tout droit venu de la Nouvelle-Orléans. Amazing !! Mais à minuit je tombe de fatigue, dodo.
Le lendemain matin, je rejoins Frederic et Tiphaine, un couple de belges rencontré hier dans le bus pour Ubud (en fait, on entend beaucoup parler français à Ubud). On va faire une petite marche dans les rizières pendant la matinée. C’est vraiment très agréable de se promener au milieu des rizières, c’est reposant.
Au bout d’un moment, on coupe pour atteindre la petite rivière qu’il y a en contrebas, histoire de se rafraîchir. Là je suis dans mon élément.
De retour à Ubud, on va manger au warung babi guling, dont la spécialité est le babi guling, cochon de lait roti à la broche et farci d’épices et de petits piments. Accompagné d’une coconut et d’une kretek (clope d’indo, aux clous de girofle), c’est un régal !! Ce warung deviendra mon QG ! Ensuite, après-midi tranquille à regarder ce qui peut se faire dans le coin, et le soir petit resto face aux rizières.
Dimanche, je loue un scoot pour aller vers l’est. J’ai pris l’habitude de me lever à 6h, pour profiter des meilleures heures de la journée. Le scoot est vraiment le moyen idéal pour visiter Bali. La majorité des gens roule en scoot, les enfants aussi. La circulation est très facile et surtout on a la liberté de pouvoir prendre les petits chemins et de s’arrêter où on veut. Et puis si plus d’essence, pas de problème, on en trouve partout, dans des bouteilles de vodka… Je constate avec surprise que mon sens de l’orientation est plutôt aiguisé, même si je demande souvent une confirmation en chemin. Je m’arrête d’abord au temple de Goa Gajah, la cave de l’éléphant, puis à Yeh Pulu. Le premier site est une grotte du 9ème siècle, et le second une falaise sculptée. La visite se fait assez rapidement, donc j’enfourche ma motorbike pour filer vers l’est.
Direction Pura Besakih. Le temple mère est le plus grand temple de Bali. Il est situé sur le versant de l’Agung, ce volcan étant le point culminant de l’île (3142m). Le temple est très beau et de nombreuses familles viennent y déposer des offrandes pour Shiva, Vishnou et Brahma. L’entrée du temple est marquée par la présence des esprits du bien et du mal.
Une fois la visite achevée, petite pause bouffe au warung du coin. Je repars ensuite vers Ubud, en passant par Sidemen et en me perdant volontairement pour découvrir les lieux. Je ne m’en lasse pas, j’aime rouler dans cet environnement à la recherche de ces magnifiques terrasses brodées de vert. Ces paysages aménagés rappellent que l’Homme est encore capable de façonner la nature en l’embellissant, c’est rassurant. De plus en plus, j’emprunte les petits chemins plus que les routes, là où l’on traverse tous ces petits villages tranquilles et où un Selamat Siang (ou pagi, sore, malam, selon le moment de la journée), ou un simple regard, reçoit un sourire radieux et un Hello en échange. Un contact simple, direct et chaleureux.
Je continue de rouler comme ça pendant des heures, jusqu’à un petit chemin qui ne va pas plus loin. Pas grave, j’y vais à pied. Je descends, je monte, et me retrouve au milieu de … rizières ! Le fermier s’approche de moi et dis les 2-3 mots anglais qu’il connaît. Et puis, « Like coconut ? » « Oh, yes ». Ok, il grimpe au cocotier qu’il y a derrière moi, fait tomber 3 coconuts, pour sa femme, lui et moi, et qu’on sirote devant ses rizières … là je suis juste trop heureux d’être là. Je reste encore un peu, puis me retourne ensuite à ma chambre, le sourire aux lèvres.
Lundi, on remet ça. Journée scoot, vers le nord cette fois-ci. Pareil, petites routes et belles rizières, jusqu’au lac Batur et au volcan du même nom. Rencontre sympa dans un petit warung au bord de la route, avec un entraîneur de foot balinais. Puis faut y aller, il y a quand même plus de 1000m de dénivelé à monter ! J’arrive devant le volcan, petit mais joli (d’ailleurs j’ai senti le sol bouger ce matin à 5h30, serait-ce un signe ?). Sur le même principe que pour les petits chemins, j’emprunte non pas la route qui va jusqu’au lac, mais le petit chemin qui slalome dans les anciennes coulées de lave et qu’on voit en contrebas. J’aime bien le changement ça fait. Bon, jusqu’à ce qu’il faille remonter par une petite route perdue, à pousser le scooter sur une pente à plus de 50°, la roue dans le sable, et sous un soleil de plomb… Bien calmé, je vais ensuite me poser au bord du lac. La remontée se fait en dépassant je ne sais pas combien de camions, chargés à bloc de pierre volcanique, utilisée pour la construction.
Retour ensuite vers Ubud, toujours en mode villages et rizières. Je marche encore un peu dans Ubud. Je découvre des hôtels magnifiques, aux allures de temples et toujours avec un jardin tropical ou des rizières à proximité. C’est très beau, ça ne gâche pas le paysage, au contraire, et ça reste accessible si on n’est pas en mode backpacker. Ou encore le Lotus Bar, ou comment boire un verre devant un bassin de lotus, face au temple. A 21h30, je dors.
Mardi, journée pause. Je vais marcher sur un autre sentier proche d’Ubud, pour voir les rizières et me baigner dans la rivière. Je vais ensuite manger mon petit babi guling. Puis après-midi repos, sous le ventilo.
Je bouge vers 18h, pour me balader un peu. Et là d’un coup, des centaines de personnes, habillées en blanc et portant des offrandes, passent dans la rue principale, impressionnant !! Une grande cérémonie, qui débutera demain, intéressant. Je continue ma promenade, qui m’amène dans ce labyrinthe de gangs, où toutes les homestay se ressemblent. Je rencontre trois jeunes balinais qui jouent au billard. Ils m’invitent à me joindre à eux. Moment très sympa, et puis j’ai appris à jouer à leur façon, c’est-à-dire avec des cartes à jouer en plus, intéressant. Une heure plus tard, je repars pour aller à un warung que j’avais vu la veille. Bon, finalement je n’y serai jamais arrivé, m’étant complètement perdu parmi toutes ces petites ruelles qui n’en finissent jamais.
Dernier jour à Ubud, je reprends le scoot, vers le nord-ouest. Je vais visiter un joli petit temple, en partie posé sur le lac Bratan.
Puis, je redescends vers le village de Jatiluwih, connu pour les magnifiques rizières en terrasse qui l’entourent. En effet, ce sont les plus belles que j’ai vu jusqu’à maintenant, dommage que le soleil ne soit que partiellement de la partie. Je continue un peu, jusqu’à ce qu’une femme me disent que je dois payer pour aller plus loin, pppfff encore une arnaque. Alors là, pas question, payer pour visiter un temple ok, mais pour un paysage, keudal. Et puis j’en ai déjà vu avant d’arriver… je fais demi-tour donc. Je me retourne dans les petits villages voisins, où les gens te sourient spontanément, surpris de te voir là, dans leur village ou à manger avec eux au bord de la route. Je préfère ça. Puis, retour par les grandes routes.
je ne m'en lasse toujours pas!!
De retour à Ubud dans l’aprèm, je vais au temple où se tient la cérémonie. Pour l’instant c’est calme, je reviendrai le soir. Mais les décorations et les offrandes sont superbes, et pas un touriste. J’entends un brouhaha à côté, je vais voir et tombe sur un attroupement de gens réunis autour d’une bataille de coqs, excellent !! Les combats sont rapides et violents et pour cause, les coqs ont une lame ficelée à la patte … Mais c’est intéressant de voir ça.
Je retourne au temple la nuit tombée. Cette dois-ci il y a du monde. Des dizaines de musiciens, et des balinais venant pour la cérémonie. C’est tout simplement magnifique, des couleurs partout, des vêtements raffinés, des fleurs, des sculptures, des masques… une ambiance de respect et de sérénité, rien de mieux pour clôturer mon passage à Bali !
magique
Au revoir Bali donc, et bonjour Java !! J’ai vraiment adoré cette île, les plages du sud, les temples un peu partout, mais surtout cette atmosphère particulière et cette culture chaleureuse, lorsqu’on rentre un peu plus dans les terres. Coup de cœur, la barre est placée très haut pour un début de voyage, on verra ce que réserve la suite !