20 Septembre 2012
Journée transport pour passer de Bali à Java. Départ à 9h, un peu tardif. Un premier bemo pour Gyanar, un second pour Denpasar (8 dedans, plus les sacs et paniers, un peu serrés), un troisième pour changer de terminal, puis le bus pendant 3h et demi, jusqu’à Gilimanuk. Ensuite, une petite demi-heure de ferry pour traverser le détroit qui sépare les deux îles et rejoindre le port de Ketapang. Enfin, c’est sans compter le tour sur lui-même que fait le ferry à 300m du ponton…on va dire trois quarts d’heure donc. Juste avant d’accoster, c’est Dede qui m’accoste, un javanais qui bosse au bureau d’information. Il me propose de m’amener à Banyuwangi, à l’hôtel que j’ai vu sur le guide, sur son scoot comme ça. 4 euros la nuit, c’est de moins en moins cher ! Bon tu te laves au sceau pour ce prix là, mais je m’en fous. Et coup de bol, il amène deux allemands au Kawah Ijen le lendemain matin, et me demande si je veux me joindre à eux. Ah, ben oui, ça tombe bien c’est pour ça que je suis là !! Donc nickel, tout est réglé, départ à 4h demain matin et son collègue s’occupe même de prendre le billet de train pour après, parfait ! Je rencontre donc Gerrit et Karen, frère et sœur très sympas, qui sont dans la chambre voisine. Ils sont ici encore une semaine et ont le même itinéraire que moi. On a quasiment le même âge, les mêmes goûts et envies, le contact se fait naturellement. Je vais partager les quelques jours à suivre avec eux. Après une journée transport, trop la dalle ! Je vais manger au petit warung au coin de la rue et découvre qu’on peut manger un excellent mi goreng pour 70 centimes… du coup j’en reprends ! 70 centimes, c’est deux fois moins cher qu’une bière, ou qu’un paquet de clopes. En rentrant, je recroise Gerrit, entouré d’une dizaine de gamins (et oui, la medersa est juste à côté de l’hôtel).
Le lendemain, réveil matinal donc, ça va, ça pique pas trop. Une bonne heure de route vers le Kawah Ijen, puis changement de 4x4 un peu plus loin, car des travaux sont en cours sur le chemin. Nous voilà à Paltuding, il ne reste plus qu’à monter le chemin plutôt raide qui mène au cratère. Bon, là ça pique un peu plus, mais ce n’est pas très long. Et la récompense vaut vraiment le coup, nous voilà enfin devant ce fameux lac. Sa couleur émeraude invite à la baignade, mais il ne vaut mieux pas, c’est un lac d’acide sulfurique…
On voit en contrebas la mine de souffre, d’où émanent des fumées d’une odeur de souffre, que j’adore, ça sent les entrailles de la terre. C’est de là que les mineurs extraient le souffre et le remontent ensuite, portant environ 50 kilos chacun !! Nous restons là une bonne heure, à contempler ces fumerolles toujours changeantes et les couleurs vives des blocs de souffre et du lac qui évoluent à mesure que le soleil se lève. C’est vraiment un lieu unique, brut, qui inspire le respect. On ne peut pas descendre dans le cratère, l’accès étant interdit en raison d’une activité volcanique supérieure à la normale… On redescend donc gentiment vers le 4x4, qui nous ramène ensuite à Banyuwangi.
Arrivée à la gare une bonne heure avant le train, ce qui laisse le temps de se reposer un peu et de manger, affamés que nous sommes. Il s’en suit 6 bonnes heures de train, direction Probolinggo. Ce putain de train est extrêmement lent !! Beaucoup de marchands de bouffe ou de boissons en tout genre défilent dans l’allée. L’allée centrale, c’est aussi la poubelle du train. Tout le monde jette les déchets par terre, un mec passe toutes les heures pour donner un coup de balai et jetter ça par la porte du train… pas très écolo donc. J’ai l’air malin avec mon sac/poubelle et mon cendrier de poche… On passe le temps à se reposer et à regarder le paysage, des rizières, qui peu à peu font place à des champs de tabac et à des cultures maraîchères. Un peu avant l’arrivée, Karen fait la connaissance d’une jeune javanaise, Linda. Elle parle un très bon anglais. Elle est fière de nous montrer les costumes traditionnels qu’elle confectionne, et il y a franchement de quoi, elle a vraiment du talent !! On lui parle un peu de ce qu’on fait en ce moment, il n’en faut pas plus pour qu’elle nous propose de nous amener à l’hôtel que nous avons vu sur le guide, assez éloigné de la gare. Ses parents nous accueillent à la gare, trop gentil. Mais avant l’hôtel, ils nous amènent au KFC (ben oui, on a des têtes d’occidentaux quand même…), où ils nous invitent. Il est tout simplement impossible de pouvoir les inviter eux, c’est dingue. Une belle rencontre. A l’hôtel, le minibus pour le mont Bromo le lendemain s’arrange en 10 minutes. Puis, il est vite 22h, le temps de s’écrouler.
Réveil à 2h30 du mat, là ça commence à être dur… Le minibus nous emmène jusqu’à Cemoro Lawang, d’où part la route que l’on emprunte à pied pour rejoindre le premier point de vue de Penanjakan. Il fait nuit, on est les seuls à pieds. On nous a dit 2h de montée, finalement ça sera moins d’une heure. Les lueurs du jour apparaissent au loin et nous incitent à accélérer le pas. Au point de vue, nous sommes les seuls occidentaux, entourés de touristes chinois et d’indonésiens. La vue est majestueuse, le mont Bromo est tout simplement superbe, même si pas si grand que ça. Et cette mer de nuage à sa base, donnant l’impression que le volcan flotte dans les airs. Au loin, on distingue le volcan Semaru, point culminant de Java et volcan le plus actif. Une bonne heure à rester là à apprécier la beauté du site, avec un bon café !
Le lever de soleil est également magnifique, je n’en ai jamais vu un comme ça !
On descend ensuite dans le cratère par un petit chemin isolé, loin des nombreuses jeeps et des cavaliers. Le paysage lunaire se découvre peu à peu. Nous voilà ensuite à la base du volcan voisin du mont Bromo, qu’on grimpe assez rapidement. Bon par contre, le site est vraiment très très très poussiéreux !! Et les jeeps et les chevaux au galop n’arrangent pas les choses. Au bout d’un moment c’est chiant, on rêve d’une douche !! Chemin inverse pour rentrer, à pied jusqu’à Cemoro Lawang, puis à 15 dans le minibus pour Probolinggo. Retour à l’hôtel à 11h, avec l’impression d’avoir eu une journée entière derrière nous, c’est excellent !! On attrape le bus qui va à Malang, la prochaine destination.
Malang est une ville qui paraît petite sur la carte, mais qui est en fait énorme et qui accueille 700.000 habitants. L’idée est de simplement se reposer, pour récupérer des deux jours précédents, quand même creuvants, surtout avec très peu de sommeil. Histoire de ne pas enchaîner direct avec Yogyakarta. On arrive à l’hôtel Helios, tout petit, situé sur le toit d’un autre hôtel. 2-3 bungalows et un grand dortoir comprenant une vingtaine de lits, tout en bambou, excellent. On s’y sent tout de suite bien. Petit tour dans le quartier pour voir à quoi ça ressemble.
Sur une grande place circulaire, devant une fontaine, on rencontre Yuda et Dita. Ils sont frère et sœur et habitent à Malang. En une seconde, ils nous proposent de nous faire découvrir leur région demain. On cherche l’arnaque, on ne trouve pas, et il ya un bon feeling. Alors ok, c’est parti.
Après une putain de vraie nuit, rdv devant l’hôtel donc. Garitt et Karen louent un scoot, Yuda a le sien, et moi je monte avec Dita. La journée va se dérouler comme une journée entre potes, qui se promènent un dimanche. Après quasiment 2h de route, on atteint une belle cascade, que viennent admirer des dizaines de familles. Elle est très belle, mais nous lui volons très vite la vedette. En un quart d’heure, on s’est peut être fait prendre en photo une quinzaine de fois !! On est morts de rire, les indonésiens défilent, se mettant avec nous pour une photo souvenir. Eh, on pourrait se faire du blé comme ça !! On reste là un bon bout de temps, à discuter et à jouer aux stars se faisant photographiées.
On emprunte ensuite la route des temples de Singosari. Ces temples témoignent de l’ancienne occupation hindouiste de Java. Ils sont petits, mais très bien conservés pour des temples datant du 13ème siècle. Le second temple se trouve dans la forêt, à côté de la rivière et des rizières. Un lieu parfait pour faire la sieste en fin de journée. On finit cette belle journée dans un petit warung, où Yuda veut nous faire goûter à son plat favori, le Rendang. Du riz, du bœuf mijoté longtemps, des brèdes, des épices et du piment bien sûr, un régal.
On n’en revient toujours pas de cette journée passée avec eux. Encore une fois, il a été impossible de payer quoi que ce soit pendant la journée (entrée de temple, bouffe, essence, rien !), on est quand même gênés. Mais on a quand même réussit à les inviter le soir, yes ! Une telle gentillesse et une telle générosité, je pense sincèrement que ce genre de comportement ne pourrait se retrouver en France, et dans de nombreux pays d’ailleurs. Juste un échange et un plaisir de donner, sans rien attendre en retour (même si depuis, Yuda s’avère être un peu collant par internet et par sms…). On hallucine aussi sur leur rythme de vie. Je crois qu’ils font le ramadan, mais en décalé. Ils ne mangent que le matin. Rien la journée (nous on est affamés !), et ils ne dorment que 2h par nuit environ, on ne comprend pas comment ils font !! Le lendemain matin, on quitte donc Malang. Yuda et Dita sont venus nous dire au revoir et nous donnent de la bouffe pour le train, que leur mère a pris pour nous. Karen a vraiment marqué Dita, elle se verra même offrir un tee-shirt en souvenir…