29 Septembre 2012
Le train de nuit… je me trouve déjà chanceux d’avoir pu dormir une heure ou deux !! Pas vraiment confortable pour une Business Class, les sièges sont vraiment petits, même avec deux places. Certaines personnes dorment à même le sol, sur une feuille de papier journal. Mais le pire, ce sont les dizaines d’arrêts que fait le train pendant la nuit, avec à chaque fois un défilé de petits vendeurs qui déboulent dans le wagon en hurlant « Kopi, Kopi, Kopi » (café), ou « Goreng, Goreng ». Ils ne veulent vraiment pas qu’on dorme !! Arrivée à Jakarta à 4h du mat, plus qu’une demi-heure de taxi pour rejoindre la maison de Franck et Mady, où on peut enfin dormir quelques heures.
Samedi donc, journée repos chez Franck et Mady, qui ont également gentiment proposé à Gerrit et Karen de rester chez eux en attendant leur avion le soir même. J’aurai vraiment passé de très bons moments avec eux. Le soir, ils m’amènent dans un resto qu’ils aiment bien, le Coy. Dimanche, même journée, je reste à la maison, à m’occuper des diverses choses devant être faites avant le départ. Je fais également mieux connaissance avec Mady, ma cousine, que je n’ai jamais vu auparavant. Le contact est naturel, on sent quand même qu’on a des traits de famille en commun. Ca fait plaisir de découvrir qu’il y a une personne aussi gentille et ayant autant de personnalité dans sa famille, sans l’avoir su auparavant. Je me souviendrai vraiment de Franck et Mady et de leur accueil. Le soir, grand luxe. Ils m’amènent au Sky, un bar/resto situé sur la terrasse du gratte-ciel où se trouve l’ambassade de France. 56ème étage donc, pour une vue décoiffant sur les autres gratte-ciels environnant. Manque de pot, une pancarte indique qu’il est strictement interdit d’utiliser un appareil photo professionnel, hallucinant !! Et les gardes me surveillent en permanence, c’est n’importe quoi. M’en fous, je ferai des photos depuis le parking, na ! Après avoir dégusté un petit mojito au gingembre sur la terrasse, direction le resto, très classe et très bon. Un petit côté gastronomique, notamment avec un gâteau au chocolat, au fromage de chèvre et à la crème de carotte… une association un peu étrange, mais très bonne.
Lundi, je pars pour Bogor, une petite ville (encore une fois pas si petite que ça) située à une heure au sud. L’intérêt de Bogor réside dans son immense jardin botanique, où je vais me promener pendant quelques heures. Le jardin a été aménagé par les hollandais et les indonésiens ont depuis repris le flambeau. Des spécimens d’arbres magnifiques, immenses, et un jardin très bien entretenu. J’en profite d’autant plus qu’il ne pleut pas, dans une ville où en général il pleut tous les jours.
jardin botanique de Bogor
Le soir, je suis tranquillement posé au resto à côté de mon homestay, Puri Bali, lorsque qu’un américain m’aborde, me voyant attentivement regarder la carte de la région. Alex vit ici depuis maintenant 2 ans. Il s’avère que c’est vraiment un personnage hors du commun. C’est un géant, doté d’un très fort charisme. A 36 ans, il a déjà fait plusieurs dizaines de boulots différents, notamment en Europe, en Chine, en Afrique. Ici, il tente de développer diverses activités au profit de la population locale, en suivant les principes du développement durable. Et en particulier en respectant scrupuleusement les règles établies par Elinor Ostrom, une économiste américaine ayant reçue le Prix Nobel il y a 3 ans pour ses travaux sur l’action collective et les biens publics. Je suis aux anges, c’est génial de rencontrer quelqu’un qui met en pratique les principes et idées avec lesquels je suis si familier, mais qui le plus souvent restent à l’état de théorie. Qui plus est dans un pays où il y en a vraiment besoin. Et avec approche particulière, qui met l’accent sur le social et sur l’action participative, plus que sur l’environnement. Il me parle aussi d’une Indonésie que les touristes ne voient pas de premier abord, celle de la pauvreté et de la corruption, qui est son quotidien. C’est vraiment très intéressant de rencontrer un personnage comme Alex, qui touche à tous les domaines pouvant amener à un développement. Une telle polyvalence, un tel investissement, une véritable raison de vivre qui donne vraiment envie de faire la même chose un jour. Bref, on refait le monde pendant des heures. On bouge ensuite dans un second bar, où on finira par jouer au billard et à discuter toute la soirée, avec Curtis, un canadien de 26 ans qui le rejoint dans son aventure, et Anki, son pote indonésien.
Mardi, je me dirige vers Cibolas, un petit village à l’ouest de Bogor, au pied d’une montagne et perdu dans les plantations de thé. Une heure et demi de Bemo, 12 place occidentales, soit 18 places indonésiennes. Je veux faire une rando de quelques heures dans le Parc National, mais celui-ci est fermé… seule la cascade est ouverte, alors c’est parti pour la cascade. Rien de transcendant, mais deux bonnes heures à marcher dans la forêt humide, de quoi compenser les bières et les clopes de la veille. Je retourne ensuite à Jakarta dans un bus blindé, 2h30 de trajet debout. A l’arrivée, c’est le déluge et les orages grondent, j’aurais donc quand eu de la pluie en Indonésie avant de partir !
Mercredi, dernier jour en Indonésie. Je vais une fois de plus rester tranquille, faire les trucs de dernière minute et passer du temps avec Franck et Mady. Pour les remercier de leur accueil, le soir, c’est cari poulet.
J’ai adoré mon séjour en Indonésie, c’est vraiment une très belle manière de commencer mon voyage. J’ai visité des endroits magnifiques et très variés. Mais je me souviendrai aussi de la gentillesse et de l’ouverture d’esprit des gens ici, ainsi que de la sérénité qu’inspire la religion hindou. Cette facilité et le fait de se sentir bien dans ces lieux m’ont amené à évoluer dans ma manière de voyager, et j’espère continuer encore comme ça. Le fait de toujours apprendre de nouvelles choses, de rencontrer des gens différents chaque jours, d’être en permanence dans un endroit nouveau, ça stimule et fait se sentir vivant. Aucun point noir donc, juste une douce introduction au voyage. Et maintenant, c’est parti pour un nouvel inconnu, direction le Vietnam !