25 Mars 2013
6h de vol pour revenir à Santiago, 5h d’attente à l’aéroport, puis un autre vol à 2h du mat pour Punta Arenas. Voilà, là je pense que c’est bon, j’ai ma dose d’avion pour un bon bout de temps. J’arrive à Punta Arenas vers 4h du mat, puis navette depuis l’aéroport jusqu’à la ville. Bien entendu, je n’ai pas dormi de la nuit. Je n’ai aucune idée d’où je vais aller, n’ayant pas de guide avec moi pour une fois. Dans la navette, je fais connaissance avec Christine, une allemande qui parle merveilleusement bien français. Elle a étudié le droit pendant 2 ans à Rouen, il y a plusieurs années de ça. Elle est en voyage quelques semaines sur le continent et là elle va voir un ami à son frère, qui s’est marié avec une chilienne et qui tient une guesthouse à Punta Arenas. Bon ben très bien, je la suis alors. On arrive à la guesthouse, où les gens nous offrent du café, probablement alertés par nos têtes décomposées, la mienne du moins. Je reste un peu à discuter avec Christine, tout en essayant de ne pas m’endormir. Pour me réveiller je vais faire un rapide tour en ville à la recherche d’un dortoir moins cher, trop tôt, tout est fermé. Mais j’ai le droit à un très joli lever de soleil, vers les 8h. Oui, c’est très bizarre, ici les couleurs vives du soleil levant sont vers 8h, c’est pratique.
Je retourne à la guesthouse, puis on va se promener quelques heures dans la ville et le long du lac avec Christine. Promenade sympa, c’est tout à fait l’ambiance que j’imaginais d’une ville en Patagonie, même si quand on en a fait le tour une fois, il n’y a pas grand-chose à faire dans la ville. Petit chocolat chaud pour se réchauffer (ça fait bizarre quand même de se retrouver dans un environnement froid, après avoir passé 6 mois au soleil !!! Mais ça va, ça pourrait être pire. Le vent n’est pas de la partie, alors c’est bon. Je me repose tranquillement dans mon hôtel où je suis tout seul, puis repars en fin d’aprèm récolter différentes infos sur les bus pour Puerto Natales le lendemain. Bon, là, je me perds plus d’une fois. La première fois, les villes d’Amérique du Sud ça calme un peu. Tout est carré, alors quand tu débarques c’est un peu dur. Et puis quand un gars te dis, en espagnol et plus ou moins rapidement, « alors c’est facile, tu prends cette rue, puis la 3ème à gauche, puis tu continues 2 rues à droite et c’est là », et que l’autre te dis « c’est cette rue, au 2ème feu à droite, puis tout droit, puis à gauche 4ème »… bref c’est pas facile. Bon, je finis quand même par avoir les informations qu’il me faut. Je fais aussi quelques magasins à la recherche d’un chargeur, en vain.
Mardi, bus pour Puerto Natales, où j’arrive en fin de matinée. J’attends un peu, en compagnie des chiens qui traînent dans la rue. Alejandro passe ensuite me récupérer, pour ensuite m’emmener chez lui. J’ai rencontré Alejandro, Hanelore et leur fils, Quetzal, sur le mékong, il y a quelques mois lorsque je passais du Laos à la Thaïlande. On était ensuite resté quelques jours ensemble et ils m’avaient dit de passer les voir lorsque je serai en Patagonie. Et donc me voilà, c’est trop marrant de les revoir ici, dans un contexte tellement différent. Leur maison est à environ 2km de la ville. C’est simple, quand on regarde la colline, c’est la maison en bois qui est la plus éloignée de toute. Un isolement qui procure une grande tranquillité, mais aussi une vue imprenable sur la ville et les montagnes au loin, qui ne sont autres que celles du Parc du Torres del Païne. Ils ont construit leur maison avec des potes au début de l’année, en un mois. Tout est en bois, avec une déco comprenant l’artisanat des multiples pays qu’ils ont connus ces 10 dernières années. Pas d’eau chaude, eau de pluie pour boire, un groupe électrogène pour quelques heures d’électricité le soir, et voilà, de quoi a-t-on besoin de plus, franchement ? Je suis aussi surpris de voir que Quetzal, qui a bientôt 2 ans, parle un peu maintenant. On repart vite fait en ville faire des courses, puis on retourne chez eux, où on déguste un excellent saumon. Je passe le reste de l’aprèm à discuter avec eux, préparer mes affaires pour le trek du Torres del Paine et profiter de la vue magnifique. Un accueil excellent de leur part. Leur amie qui est passée leur dire bonjour me donne même du maté et l’espèce de paille en métal qu’on utilise pour le boire, trop gentil. Cette nuit, je m’endors doucement au bruit du vent, en pensant à la belle vie que mènent mes amis ici, en toute simplicité, en totale liberté et face à ces montagnes majestueuses.
Mercredi, je descends avec Ale en ville pour récolter les informations sur le trek, le logement, le transport, tout ça. Je décide de ne pas faire le trek en tente, il fait trop froid pour moi, et j’ai pas envie de ne pas en profiter à cause de ça. Je prends donc l’option refuge, même si ça fait un peu mal de payer 40 euros la nuit. Du coup, je prends toute la bouffe donc j’ai besoin, histoire de ne pas me ruiner encore plus. Je laisse quelques affaires à Ale, puis me promène un peu dans la ville avant de prendre un minibus qui va au Parc à 14h. J’arrive au refugio del Norte en fin de journée. Situé à côté d’un très bel hôtel et au pied des montagnes, on distingue même les tours depuis la fenêtre, cool !! J’y retrouve Christine aux hasards d’un sentier, elle fait aussi le trek avec une amie à elle, avec un jour d’avance par rapport à moi. On passe une très belle soirée ensemble. Après quelques heures de sommeil, il est déjà l’heure de se réveiller pour aller marcher.
Pour cette première journée, las torres sont au programme. C’est un aller/retour, donc je prends juste le haut de mon sac avec l’appareil photo, de l’eau, un peu de bouffe et les fringues de pluie au cas où. 4h30 pour atteindre les tours, j’en mettrai 2h30. C’est excellent de voir les tours se rapprocher petit à petit. Le temps est un peu nuageux, mais c’est pas plus mal pour marcher, et il ne pleut pas, c’est l’essentiel. Les hêtres arborent déjà les magnifiques couleurs de l’automne. L’automne a toujours été ma saison favorite, donc je suis aux anges.
J’arrive finalement au point de vue sur les tours, magnifique. C’est unique de se retrouver au pied de ces 3 pics de granite qui culminent à une altitude comprise entre 2600m et 2850m. Je sympathise avec Ronsario, un guide chilien qui accompagne un espagnol. Il me montre un autre chemin qui permet de sortir des sentiers battus et de se rendre encore plus prêt des tours. Le chemin est excellent et offre effectivement une bien meilleure vue. Tout content, je m’y pose un peu, avant de redescendre vers le refuge.
Deuxième jour, journée tranquille pour rejoindre el refugio de los Cuernos, qui se situe au pied dea montagnes du même nom, los cuernos (les cornes) del Paine, La particularité de ces montagnes et que leur sommet est de couleur noire, étant constituée de matériaux sédimentaires. Elles sont vraiment imposantes. Les 4h30 de marche tranquille se font en 2h30, le temps est gris, parfait. Sur le chemin, je fais la rencontre de Pablo, un chilien qui bosse dans les mines au nord du pays et qui adore la rando. Le soir, je découvre l’alcool local, le Pisco Sour, 40 degrés, mais que l’on ne sent pas avec le sucre et le citron, très très bon. Je partage mon verre avec Gabriela, une chilienne de Santiago qui joue de la guitare et qui chante superbement bien, il y a aussi une jeune et jolie anglaise prof de français et son père, une allemande plus grande que moi, quelques gars de Singapour qui reviennent de l’antarctique. Soirée très sympa.
Troisième jour, le plus gros et le plus beau en perspective. Au programme, aller au pied de la vallée des français, monter et redescendre avec juste un petit sac, reprendre le gros et filer jusqu’au refuge de Paine Grande. 28km pour un temps de marche estimé à 11h. J’en mettrai 7, donc ça va. Je pars tôt, avant tout le monde. Je longe le lac, puis arrive au pied de la vallée, où je pose mon gros sac au campement des italiens. Plus léger, je trace. Le soleil n’illumine pas encore la vallée. Tant mieux pour la montée, et ça me donnera des couleurs différentes au retour. Au fur et à mesure, le temps devient magnifique. J’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir du beau temps tout le temps !!! La semaine dernière il a plu pendant 4 jours consécutifs et ils prévoient de la neige pour la semaine d’après, haha !! J’ai vraiment bien fait de changer mes plans pour venir ici avant d’aller à Ushuaïa. Ce n’est pas pour être chauvin, mais la vallée des français est tout simplement le plus bel endroit où j’ai randonné jusqu’à maintenant !!! A l’entrée de la vallée, d’énormes glaciers occupent les sommets à l’ouest et los cuernos occupent le versant est. Le long du rio del frances, les arbres ont des couleurs de plus en plus vives.
Et au fond de la vallée, le bouquet final, un cirque entièrement constitué de sommets granitiques, d’une beauté parfaite. J’y arrive avant tout le monde en plus, de quoi en profiter d’une manière privilégiée. Le soleil se lève dans la vallée à ce moment là en plus.
Je redescends ensuite la vallée au soleil. Ces quelques heures de marche dans cet environnement nouveau me procurent une énergie phénoménale. Un nouveau souffle, dont j’avais besoin à ce moment de mon voyage. Je sais maintenant que l’Amérique du Sud va être un voyage particulier dans mon voyage.
Je reprends mon sac et trace vers le refuge. Sur la route, je traverse la zone où l’incendie a sévit il y a deux ans, à cause d’un touriste qui a voulu brûler son pq et qui a, non intentionnellement, provoqué un véritable désastre. C’est vraiment triste de voir ça, tous ces arbres calcinés. Mais la nature reprend déjà le dessus, c’est encourageant… même si ça permet surtout de se rendre compte de l’ampleur des dégâts que nous les Hommes pouvons causer á l’environnement.
Le refuge de Paine Grande est le meilleur de tous. Il y a un resto, mais surtout un bar !! Il est idéalement situé sur la rive du lac Péhoé et offre une belle vue sur la Punta Bariloche et sur los cuernos. Je rencontre une malaisienne et un espagnol, et retrouve une partie du groupe de la nuit dernière, avec qui je continue la soirée, au pisco sour bien sûr.
Quatrième et dernière journée, journée challenge. Je veux faire la dernière branche du W, c'est-à-dire aller jusqu’au glacier Grey, aller 4km plus loin pour le voir d’un autre point de vue et revenir au refuge, Soit 30km en 11h estimées, réalisées en 6h de marche plus 2h de pause. Le challenge, c’est de pouvoir le faire et revenir avant 18h30, heure o´je dois prendre le bateau depuis le refuge pour repartir à Puerto Natales. En plus, on est le 31 mars, et c’est le dernier jour où il y a un bateau à cette heure là (á je ne savais pas), sinon c’est juste à 12h30, et ça change pas mal la donne.
Mon sac est encore plus petit, je trace donc en mode marche rapide en montagne. Je m’éclate, encore une fois la vue des glaciers et des icebergs se parant d’une étincelante couleur bleutée me donne l’énergie dont j’ai besoin. Je vais au premier point de vue, une langue de granite rose qui fait face au glacier. Je suis tout seul á profiter du paysage sublime. Je monte ensuite sur le versant est pour me rapprocher du glacier, après une montée relativement sévère. Là, superbe. Je recroise brièvement Christine et son amie, avant de faire demi/tour.
Je me pose au camping à côté du glacier pour manger, le gars de la réception passe une chanson d’into the wild, totalement de circonstance ! Pour le remercier, je lui fait découvrir Rodrigo y Gabriela, qu’il adore. Ensuite j’y retourne. Je ne fais plus gaffe au paysage, je me fais ma course contre moi-même, histoire de voir si je peux être plus rapide au retour qu’à l’aller. Gagné, un quart d’heure de moins. Juste avant la fin, je fais la connaissance de perroquets, putain je savais pas qu’il pouvait y avoir des perroquets en Patagonie !! On est appelle les lolos, marrant.
J’arrive au refuge juste avant la fin de l’happy hour et sirote mon piusco sour de la victoire avec Gabriela, Pablo, Hector et la malaisienne. On prend ensuite le bateau pendant une demi-heure, puis 3h de bus. Et voilà, c’est la fin de ce superbe trek, que j’ai eu la chance de faire avec un temps exceptionnellement beau pour la saison.
Une fois à Puerto Natales, je mets une bonne demi-heure à trouver un taxi pour aller chez Ale et Hanelore. Mais ce n’est que le début, je mettrai presque une heure à retrouver la maison, n’ayant pas de moyen de les contacter, et la maison étant pommée au milieu de nulle part, à 2km du centre. Et puis je ne l’ai vu que de jour, de nuit c’est galère… Bref, je finis par y arriver et ne tarde pas á m’écrouler.
Le lendemain matin, Ale et Hanelore finissent de ranger toutes leurs affaires et de fermer la maison avant leur départ pour le Brésil. Je leur file un coup de main, puis ils m’amènent dans le centre. Là, je passe pas mal de temps à faire les différentes compagnies de bus pour aller à Ushuaïa. C’est plein aujourd’hui et demain… Bon, ben mercredi alors. Je décide de rester ce soir et demain soir à Puerto Natales. Je trouve une guesthouse pas chère, vais me rassasier dans un petit restau avec un énorme morceaux de bœuf, des frites et une bonne bière ( belle récompense après avoir mangé de la purée et des sandwichs pendant 4 jours). Repos, change de monnaie en vue de l’arrivée future en Argentine (le taux est très intéressant dans certains bureaux de change entre peso chilien et peso argentinien), achat d’un portable, recherche d’un chargeur et organisation du reste du voyage pour le reste de la journée, puis un très bon saumon le soir.
Mardi, je change de guesthouse, parce que finalement j’étais dans un autre dortoir, où il fait la même température que dehors… J’en trouve une autre plus proche de là où je dois prendre mon bus le lendemain et où la tenante est super sympa. Je passe ensuite le plus gros de la journée á écrire et á mettre á jour le blog. Je finis comme la veille, en me cuisinant mon saumon dans la guesthouse, où je suis tout seul. Demain, c’est parti pour la fin du monde !!!