10 Janvier 2013
On avait dit au départ qu’on se faisait une journée de pause entre deux journées de visite, mais après la journée de visite qu’on a eu, on en veut Angkor et donc on y retourne le lendemain. Au programme de la journée, c’est du lourd : Angkor Wat et Angkor Thom. Parce qu’il faut savoir que ces deux sites sont vraiment énormes. Franchement, le petit tour classique comprend Angkor Wat, Angkor Thom, Ta Keo, Ta Prohm et Banteay Kdei, c’est beaucoup trop, tu es obligé de passer en coup de vent !! Nous on préfère en faire moins, sur plusieurs jours, pour prendre son temps. Angkor ?
Angkor Wat donc, THE Angkor Wat. On voulait le garder pour la fin, mais on a pas envie d’attendre plus finalement. Plus grand édifice religieux de la planète, Angkor Wat, « Temple Cité », est une représentation terrestre du mont Meru, la demeure des dieux dans la religion hindoue. Une importance démesurée au Cambodge, où les bouteilles d’eau, les cigarettes, les hôtels, restaurants, … portent également le nom d’Angkor. Le plus prestigieux des temples, et qui n’a pas été envahi pas la végétation comme les autres. Le site est immense. La tour centrale symbolise la mont Meru, entouré d’autres tours plus petites. Les cours intérieures représentent les continents, la douve est l’océan. Un peu de dimensions pour donner une idée : la douve est large de 190m et forme un rectangle de 1,5km sur 1,3km. Le mur extérieur fait 1000m sur 800m. La construction du temple nécessita 300.000 ouvriers et 6.000 éléphants pour tracter les blocs de pierre. Le temple central compte 3 étages en latérite, les magnifiques tours en forme de bouton de lotus se dressent à 55m du sol. Bref, c’est énorme.
Pour commencer, on passe plus d’une heure à faire le tour du temple, où des bas-reliefs sont sculptés sur 800m de murs. La bataille de Kurulshetra, l’armée de Suryavarman II, le barattage de la mer de lait, la victoire de Vishnou, Krishna, les dieux, les démons, la bataille de Lanka, … tout y passe. Des milliers d’hommes sculptés, les batailles, les divinités, les animaux, … c’est impressionnant !!
Je grimpe ensuite en haut de la tour centrale, puis me promène un peu partout, évitant les hordes de touristes.
Bon, c’est vrai qu’il est très beau ce temple, mais c’est surtout parce qu’il est vraiment démesuré. Après, j’apprécie plus les temples plus petits, plus détruits et envahis pas la végétation, question de goût. On aura donc passé la matinée à le visiter. On mange juste en face, mais Katja ne se sent pas bien du tout. La bouffe et les glaçons qui ne passent pas trop, la fatigue et la chaleur, elle n’a plus d’énergie. Elle décide donc de se reposer. Mais j’en veux Angkor.
On prend le tuk-tuk pour aller à Angkor Thom. Elle va rester se reposer un peu, elle s’est acheté un hamac et a dormi à l’ombre, avec les tuk-tuk drivers, puis ira visiter le site plus tard. Moi je suis au taquet, j’attaque. Angkor Thom, la « Grande Cité », est la dernière capitale de l’Empire khmer. Là pour le coup, même Angkor Wat paraît petit. Angkor Thom couvre une superficie de 10km² !! A son apogée, la cité aurait compté un million d’habitants. Le rempart est haut de 8m et long de 12km. En une après-midi, j’aurais fait les principaux sites, mais pas la totalité. Je commence au nord, pour finir au sud au célèbre Bayon, où je veux une lumière du soir plutôt que la trop lumineuse lumière du début d’après-midi. Je commence par la terrasse du Roi lépreux puis longe la terrasse des éléphants. Puis l’enceinte royale et Phimeanakas, le « Palais céleste ». Angkor ?
De là, j’atteins ensuite le Bahuon par l’arrière. Alors là, celui-là je l’adore !! Ce temple pyramidal a été construit sur une butte de sable et comprend trois niveaux de style différent. Il s’est effondré à plusieurs reprises et a été bouffé par la végétation auparavant. Les archéologues français restauraient le temple lorsque la guerre civile éclata et obligea à arrêter les travaux. Les niveaux supérieurs ont donc été recouverts de latérite pour les protéger. Après 25 ans d’arrêt, il donc fallut replacer les quelques 300.000 pierres qui avaient été regroupées sur 10ha pour procéder à l’anastylose. C’est encore moins facile quand une partie du temple s’effondre, et encore moins quand les khmers détruisent tous les plans qui étaient conservés à Phnom Penh. Bref, ils ont galéré. Sur la face ouest du temple, on peut apercevoir ce qu’il reste d’un énorme bouddha couché, construit au 16ème siècle par des moines. Bref ce temple j’y reste longtemps, je m’y sens bien, surtout qu’il n’y a presque personne qui le visite. Angkor ?
Et m’y voilà enfin, j’arrive aux pieds du Bayon. Les visages de ce temple, j’en ai des images dans la tête de puis très très très longtemps. C’est peut être dû au film Tom Raider, dont certaines scènes ont été tournées ici, ainsi qu’au Ta Prohm. Le Bayon, c’est le temple d’Etat du Roi Jayavarman VII, un des plus légendaires.
Tout content, je repars vers le nord, le long de la terrasse des éléphants. Je retrouve Katja qui a bien dormi, ça va mieux. C’est la fin de l’aprèm, le tuk-tuk nous amène à la colline de Phnom Bakheng, d’où on veut voir le coucher de soleil. Une fois en haut, il y a une queue de fou pour monter au sommet du temple et Katja n’a quand même pas beaucoup de forces. Heureusement, un couple d’allemands rencontrés dans le bus pour Siem Reap nous laisse passer avec eux, nous évitant une attente bien longue. Une fois en haut, on aperçoit le grand West Baray, ainsi qu’Angkor Wat. C’est très beau, mais il y a vraiment beaucoup trop de monde, ça gâche le plaisir du coucher de soleil à venir. On décide donc de redescendre avant de se taper la foule sur le chemin du retour. Et puis finalement, sur le chemin de la descente on le verra très bien ce coucher de soleil. Bon, on aura pas les dernières couleurs orangées du ciel, mais bon, c’était vraiment pas possible. Et voilà, fin de cette journée passée dans un autre monde.