8 Juin 2013
Samedi allez, c’est reparti pour une journée transport. Après avoir pris le plus long pti déj de tous les temps, en terme d’attente, on va à la station de bus de Banos. On trouve un bus Jésus qui va à Riobamba. De là, un autre bus part une heure plus tard pour Quito. De manière générale, c’est Pao qui s’occupe tout le temps de tout organiser. Caro c’est pas trop son truc. Moi ça va, je suis habitué. Mais bon, Pao a deux gros avantages par rapport à moi, c’est une fille et elle parle espagnol. Et elle organise les choses super bien. Moi ça me repose, c’est pas plus mal. On profite de notre pause pour manger un bout. Au moment où on sort du pti restau, la fille avec laquelle on a booké le bus court après nous. Elle nous cherchait, pour nous dire que le bus était parti sans nous, avant l’heure indiquée… QUOI !!! C’est quoi ce délire ?? Ben oui, des fois ils ne savent pas trop compter, ou bien ils trouvent ça plus intéressant de vendre deux fois la même place… On gueule, la fille chope un taxi et le paye pour qu’il nous rattrape le bus rapido. Course poursuite donc, jusqu’à ce qu’on rattrape effectivement le bus. Une fois qu’on est dedans on en rit pas mal de tout ça, m’enfin sur le moment c’était nettement moins marrant… Sur la route, on peut apercevoir le Chimborazo émerger des nuages. C’est le plus haut sommet de l’Equateur, 6300m…
Une fois à Quito, il faut encore prendre un bus d’une heure pour relier le centre depuis la station de bus qui est super loin. On débarque au quartier de la Mariscal, la nouvelle ville de Quito, où vont tous les touristes. C’est aussi un endroit plus sûr que d’autres, la présence policière y étant omniprésente. Je pars avec Pao faire le tour des hôtels, on bien une demi-heure parce que tout est complet (on est samedi en même temps…). On trouve finalement un endroit. Les filles vont ensuite boire un verre, moi je reste à l’hôtel tranquille.
Dimanche 9, on décide d’aller à la mitad d’el mundo. Moi, c’est un peu LA raison pour laquelle je voulais aller jusqu’à Quito. L’idée initiale était de relier la ligne de l’équateur depuis Ushuaïa, sans prendre d’avion. Bon, depuis j’ai certes un peu triché en prenant mon avion entre Salta et Tumbes, mais bon… l’essentiel c’est que maintenant, j’y suis !!! Et puis c’est marrant, lorsque Pao m’a rejoint à Salta, on est allé sur la ligne du troppique du Capricorne, cette fois-ci je suis de nouveau avec elle, sur l’équateur. Le site où figure l’énorme monument indiquant la mitad del mundo est un véritable complexe touristique bien entendu. On y voit la ligne, les drapeaux de nombreux pays, des stands en tout genre. Même si c’est touristique, l’endroit est plaisant. Ca sera probablement moins le cas dans quelques décennies, si le projet faramineux d’y construire la plus haute tour du monde aboutit, 1,6km de haut!!
Mais voilà dans tous les cas, ce n’est pas la Vraie ligne de l’équateur que l’on peut voir ici. En effet, lorsque les français on définit la ligne, ils se sont planté (oups…). Depuis plusieurs années maintenant, on sait que la vrai ligne de l’équateur (enfin, le milieu de la ligne, parce que la ligne fait tout de même 23km de large à l’échelle de la Terre), est 200m plus loin. On nous indique donc un tout petit restau situé à l’extérieur du complexe, et placé exactement sur la ligne. Ca tombe bien, on crève de faim. Et puis il fait super chaud ici !! On trouve le restau et on y mange un plat typique de l’équateur : viande, riz, patate, maïs et banane frite, un régal !! Accompagné d’une très bonne sauce d’Aji picante pour relever le tout et d’une bonne bière pour se rafraîchir, c’est parfait. Une fois pleins, la serveuse du restau nous fait sortir et nous montre la vraie ligne de l’équateur, matérialisée par une ligne de briques. On a le droit au fameux coup de l’œuf, que l’on peut faire tenir en équilibre. C’est pas évident, il faut jouer avec les sensations et trouver le point exact, mais magique, ça marche !! On s’amuse aussi à essayer de faire plus que quelques pas sur la ligne, en levant les bras et en fermant les yeux, impossible, on perd l’équilibre direct ! On reste un moment pour discuter avec la serveuse, qui ne comprend toujours pas pourquoi je voyage depuis aussi longtemps, et surtout pourquoi j’ai carrément pris un vol de l’Argentine à l’Equateur pour retrouver Pao, haha. Le soir, de retour à Quito. On reste à la Mariscal pour manger et prendre des verres.
Lundi, on va dans la vieille ville. On passe surtout beaucoup de temps à la grande cathédrale. Elle est imposante, et puis ces gargouilles qui représentent des animaux de la jungle, c’est original. L’autre intérêt de la cathédrale, c’est qu’on peut monter en haut des tours, pour avoir une vue panoramique sur toute la ville. Et puis se faufiler des les parties cachées de la cathédrale, ça fait un peu penser au bossu de Notre-Dame, haha.
On va ensuite visiter le palais présidentiel, où sont notamment entreposés tous les cadeaux reçu de la part d’autres pays, ainsi que nombreux éléments de décoration de fabrication française.
Le soir, les filles ont leur bus pour aller sur la côte, avant de revenir à Tumbes quelques jours après pour leur vol de retour. Déjà… Ces 10 jours ensemble seront vraiment passés super vite. On a vécu d’excellents moments, et moi ça m’a fait du bien de voyager autrement. De ne plus être seul, ou entouré de gens que tu viens juste de connaître et que tu vas quitter aussi rapidement. Non, là c’est un voyage avec Pao, à qui je tiens énormément, c’est du partage, et ça fait du bien.
Du coup pendant les quelques jours à venir, je me sens un peu perdu. Je change de guesthouse pour aller dans celle d’à côté qui a un dortoir à 7$. Et là, j’y reste, j’y reste longtemps. Je sympathise avec les gens de la guesthouse, passe des heures à jouer de la guitare, me promène dans la Mariscal et commence à avoir mes petites habitudes. C’est un peu comme s’il fallait que l’énergie revienne avant que je puisse me remettre à bouger. Je passe aussi des heures à essayer de régler mes problèmes bancaires (je ne peux retirer à aucun distributeur, c’est un peu con…). Et puis comme toujours, tenter d’organiser la suite du voyage à court, moyen et long terme. Me racheter un mp3 pour éviter une mort assurée si je n’ai pas de musique dans les bus, faire le tour de quelques agences,… Ca prend du temps ça aussi mine de rien. Un jour, je retrouve aussi Laura, ma pote de voyage suisse rencontrée en Nouvelle-Zélande puis retrouvée au Chili. Elle me fait découvrir un petit restau de rue pas loin de ma guesthouse. Complètement local, pas cher, et l’almuerzo est excellent (soupe, plat et boisson pour 2,5$). Les plats sont toujours les mêmes, surtout à base de riz, c’est trop bon avec leur excellent aji. Un soir, en rentrant dans mon dortoir où je suis normalement tout seul, je trouve la pièce envahie par 5 filles suisses !! Elles sont en médecine et ont fait un stage dans le nord pendant quelques semaines. Maintenant, elles sont en voyage, ici, au Pérou et en Bolivie. On va boire quelques verres, elles sont très sympa.
Ca y est, mon programme pour les prochains jours est maintenant calé. Le 14, je me décide enfin à bouger de mon quartier. Je prends un bus qui m’amène au pied d’une des montagnes qui entourent Quito (qui sont pour la plupart d’anciens volcans d’ailleurs). Je prends ensuite un téléphérique pour grimper et me retrouver à 4200m. L’idée est de m’acclimater un peu plus avant d’attaquer le Cotopaxi. Bon, niveau acclimatation ça va pas aller bien loin… Je reste deux heures à marcher dans les environs et j’ai la flemme d’en faire plus. Je profite donc de la belle vue sur la capitale, puis je redescends.
Ces quelques jours à Quito m’ont permis de me reposer, mais c’était tout de même un peu bizarre de se retrouver comme ça, de nouveau seul, et du coup ne sachant pas trop quoi faire… Je me sens encore fatigué du voyage, physiquement (l’altitude doit aussi jouer) et mentalement. J’ai l’impression que lorsque l’énergie revient, ça dure une semaine et il faut ensuite que je me repose de nouveau, que je ne fasse rien de spécial. Je pense que c’est comme ça que je vais finir mon voyage, en en faisant moins qu’avant.