8 Juin 2013
Bon ok, ça fait 2 mois que j’ai pas écrit… Eeuuhh, j’avais pas trop le temps… Allez, je me rattrape et promis, vous aurez tout d’ici la fin du mois !! (j’ai pas dit lequel, mouhahaha…) Samedi donc, c’est parti donc pour le Cotopaxi !!! C’est un des objectifs de mon voyage, réaliser l’ascension d’un sommet important. Le Cotopaxi, volcan aujourd’hui éteint, culmine à 5897m… C’est haut ! C’est le second sommet le plus haut de l’équateur après le Chimborao, qui lui est plutôt à 6300m. On arrive au pied du volcan en début d’aprèm. 400m de marche pour atteindre le refuge José Rivas. La marche est fatigante, on est déjà à plus de 4000m. Le refuge est à 4800m. Lorsque les nuages se découvrent, on peut apercevoir la partie haute du volcan, et surtout son énorme glacier qu’il va falloir escalader cette nuit. Eh ben putain, il est impressionnant ce volcan !!
Dans l’aprèm, on va sur un petit glacier avec notre guide, pour une session d’apprentissage des techniques d’escalade sur glacier. Moi je m’éclate !! Les crampons et le piolet, j’avais déjà utilisé au volcan Villarica. On revient au refuge en début de soirée pour manger et se coucher tôt.
L’altitude me donne mal au crâne, et il fait quand même pas très chaud. Du coup, je ne dors que deux ou trois heures pas plus. Et puis, le coup des chiottes dehors dans un refuge à 4800m, c’est moyen… Minuit sonne, tête dans le cul, debout !! Tout le monde s’équipe et on descend prendre le petit déj. Le guide nous indique quels sont les binômes, avec quel guide on monte et par quelle voie. Je suis en binôme avec la canadienne, qui s’est bien préparée à l’ascension en faisant un marathon à Quito la semaine passée et une ascension à 4700m la semaine d’avant. On est censés être les meilleurs du groupe, donc notre guide a décidé de nous faire passer par la voie normale. Pour la petite histoire, une autre canadienne est morte deux semaines avant sur cette voie… Elle s’est pris un bloc de glace sur la gueule et n’a pas survécu. Notre guide était là et a tenté de la réanimer en vain… un peu glauque !! Depuis, une nouvelle voie plus longue mais moins risquée a été ouverte. Mais bon, elle est pas pour nous…. Nous, c’est de front qu’on attaque le glacier, devant passer des crevasses et évoluer 6h sur une pente méchamment raide.
On attaque. C’est parti pour 1000m de dénivelé, dont les ¾ sur glacier. Le chemin est composé de roche volcanique pendant deux heures, jusqu’au glacier. Bon alors là c’est simple, j’avance mais je ne le sens pas du tout… J’ai un peu froid, le vent est très fort, et le mal de crâne ne me quitte pas. Mais surtout, je sens que je ne suis pas vraiment en forme, chaque pas me demande plus d’énergie que d’habitude. Je peux le faire, pour l’instant ça va quand même. Mais à y penser, c’est là la partie facile de l’ascension. Après, c’est du glacier vertical, de nuit. Ah, et sans lumière, le froid ayant défoncé mes piles… Je repense aussi à cette canadienne morte. Un mauvais pressentiment, je le sens pas, je ne me sens pas à la hauteur pour le faire. On est au pied du glacier. La canadienne est déjà dessus, moi j’ai rejoins l’irlandais qui était avec son guide derrière moi. Lui non plus n’est pas très en forme. Je prends les devants et dis au guide que c’est mort. J’aime la montagne, mais bon, si c’est pour en chier comme c’est pas permis et, accessoirement, risquer sa vie, c’est pas mon trip. On redescend donc au refuge. Je suis frustré de ne pas être à la hauteur, aussi parce que ma préparation était complètement insuffisante, je le sais. Et en même temps, je suis assez fier de moi de faire demi-tour, de savoir que mes limites sont atteintes et de ne pas se lancer à corps perdu comme je peux souvent le faire. Là, non, ça ne passera pas.
De retour au refuge, on essaie de dormir malgré le froid et le mal de crâne. S’en suit une matinée extrêmement longue. On doit attendre le retour des autres membres du groupe pour redescendre. Ils devraient être là vers 9h environ. Nous on est déjà réveillés depuis 6h, et il fait franchement froid !! Sur le groupe de 7, 4 sont montés. La canadienne revient dans les temps, exténuée mais un énorme sourire aux lèvres. On devra attendre deux bonnes heures avant de voir arriver l’américaine, qui s’est arrêtée à 400m du sommet parce qu’elle n’en pouvait plus. En revanche, le couple d’américains n’arrivera que vers 11h30. L’attente est interminable !! Ils sont morts (au sens figuré j’entends). Eux aussi se sont arrêtés avant le sommet, lui a gerbé ses tripes. Ils sont morts, mais bien entendu heureux d’avoir accompli cet exploit. On part enfin, en début d’après-midi. Même si je n’ai pas fait l’ascension, je suis mort aussi. L’altitude et le froid ce n’est définitivement pas pour moi, je veux redescendre.
Je demande au chauffeur de m’arrêter sur la panaméricaine avant de remonter vers Quito. Moi je descends, vers Latacunga. Je sympathise avec une cholita d’un village voisin. On attrape un bus au bout d’une demi-heure. Une heure plus tard, j’arrive à Latacunga, je marche encore un quart d’heure et arrive, enfin, à mon hôtel. L’Hostal Tiana est superbe. Il s’agit d’une vieille demeure coloniale réaménagée, avec une cour intérieure et des plafonds super hauts. Du toit, on aperçoit le menaçant volcan Cotopaxi où j’étais plus tôt. Au 18ème siècle, de violentes éruptions ont totalement détruit la ville. L’endroit est parfait pour se reposer. Je sors juste pour bouffer une pizza le soir et basta.
Lundi, j’ai prévu d’aller à la lagune de Quilotoa. Cette lagune repose paisiblement au fond d’un cratère, à 3900m d’altitude. Elle est profonde de 250m. Première étape pour y aller, prendre un bus pendant 1-2h pour Zumbahua. Les paysages traversés sont tout simplement magnifiques. De superbes montagnes, des versants d’un vert profond ou accueillant des polycultures formant une très belle mosaïque naturelle. Et enfin ces canyons profonds qui entaillent les vallées, superbe.
A Zumbahua, je partage un taxi avec un couple, pour nous amener à la lagune. Le taxi nous arrête à 50m à peine de la crête. Je monte et là, bim, la lagune parfaite est juste là.
Après l’avoir contemplé, je prends le sentier qui descend 400m pour arriver au pied e la lagune. Une petite rando très agréable. Une fois en bas, c’est le silence total. Il fait superbement beau, et se retrouver là a quelque chose de magique. Un endroit véritablement coupé du monde. Après y être resté une bonne demi-heure, je remonte. Bon là, la montée est un peu plus dure, là tu sens l’altitude c’est clair !
Arrivé à la crête, j’apprends qu’il y a un bus qui part directement à Latacunga dans environ une demi-heure. Cool, ça me laisse le temps de manger au resto du coin. Je vais vers le parking pour 13h15 et je vois le bus s’en aller au loin, merde… En fait c’était pas 13h15 mais 12h45, et merde… Bon, seule solution prendre le taxi pour Zumbahua à 10$ la course… J’attends une demi-heure pour voir si d’autres touristes ne viennent pas, pour partager les frais. Je m’assois avec les villageois du coin. Je ne comprends pas un mot de ce qu’ils disent, normal c’est du Quechua… Ils me parlent de leur village, de la langue, des fêtes qu’il va y avoir ici la semaine prochaine, … Mmmhhh je resterais bien là quelques jours moi, c’est tellement calme et reposant. Mais bon, j’ai un programme et il faut absolument que je sois à Quito ce soir, car j’ai mon bus qui part dans la jungle à 23h. Je finis donc par prendre le taxi à 10$. A Zumbahua, je me retrouve au bord de la route avec la cohue qui attend le bus. On me dit que ce n’est pas sûr du tout qu’il y ait des bus, vu qu’il n’y a pas beaucoup de monde pour partir… Bon, c’est pas terrible ça. J’attends bien une heure et demi deux heures. Au final, je saute dans un taxi collectif avec les gens du coin : un docteur, un couple de Quito et leur fils de 2 ans, le chauffeur et sa femme, une cholita et un mouton. On va mettre 2-3 heures à arriver à Lataunga. La bagnole est toute pourrie et oblige à faire 5 à 6 arrêts techniques sur la route. On arrive enfin à Latacunga. Je fais un aller-retour pour récupérer mon gros sac à l’hôtel. De retour à la gare routière, je chope un bus pour Quito, enfin. Plus qu’une heure et demie de transport. En plus le bus passe par le centre, nickel. Au final, j’arrive à mon hôtel à Quito vers 21h. J’enchaîne, faire le petit sac en version « jungle » plutôt qu’en mode « montagne », prendre une douche et aller manger. J’ai une demi-heure de repos avant de devoir aller à la station de bus.
Et voilà, c’en est fini de ce joli petit trip en altitude. Mais ce n’est tout de même pas vraiment mon truc, alors maintenant direction un milieu où je devrais me sentir beaucoup plus à l’aise, la selva !!