11 Octobre 2012
La baie d’Halong est l’endroit que je suis le plus impatient de voir au nord du Vietnam. Situé à environ 170 kilomètres à l’est d’Hanoi, cet ensemble karstique comprenant environ 2000 îles et îlots rocheux est classé au Patrimoine de l’Unesco depuis 1994. Dans la légende vietnamienne, Ha Long signifie la descente du dragon, qui aurait façonné ces îles. Pour le coup, je ne me suis pas fait chier à y aller par mes propres moyens, les tours organisés étant très faciles à trouver à Hanoi et pour pas beaucoup plus cher. Relax donc, et juste avec le petit sac, le gros m’attendant gentiment à Hanoi.
Départ vers 8h, pour environ 3h de minibus jusqu’au port. A Halong Bay, je monte sur le bateau de croisière qui nous emmènera dans la baie. Je partage ma chambre avec Peter, un allemand, et fait la connaissance de Marine et de Stéphane, deux français qui font un voyage de 6 mois en Asie. Le bateau est loin de ressembler aux traditionnelles jonques des cartes postales, désormais, tous les bateaux sont modernes. Au premier abord, les îles ne sont que très peu visibles, perdues dans la brume omniprésente.
Puis, plus on s’enfonce dans la baie, plus le paysage se dévoile. C’est magnifique. Toutes ces îles, surgissant de l’eau comme par magie et qui rappellent effectivement le dos ou les écailles d’un dragon. Ca pourrait également être un décor préhistorique, à la Jurassic Park. Je cherche si je ne vois pas de mégalodon, mais en vain.
Dans l’après-midi, on accoste sur une île pour y visiter une grotte, la Amazing Cave. Très jolie, même si pas mal touristique. Les lumières artificielles installées donnent un effet intéressant, je me dis que ça pourrait faire une boîte mortelle !!
Amazing Cave
Ensuite, retour au bateau pour prendre un kayak et découvrir par nous-mêmes les îlots environnants, pendant trois quart d’heure. C’est vraiment le meilleur moyen de découvrir la baie. Avec Peter on se promène d’îlots en îlots, je nage et grimpe dès que je le peux. Les îlots paraissent hostiles, tant par la nature de la roche calcaire, qui coupe comme une lame de rasoir, que par la végétation dense qu’elles abritent. J’aime ça. On est les derniers à revenir au bateau, et je me fais engueuler parce que j’ai 10 minutes de retard et qu’il était interdit de nager… alors là, rien à foutre !! Je suis là pour en profiter, et pas pour respecter un timing à la con. On se dirige ensuite vers l’île où il est prévu de se baigner… bon, ben je vais me baigner aussi. On va ensuite jeter l’ancre au beau milieu de la baie, ou on va rester la nuit.
Le lendemain, je me lève avec le soleil, histoire de profiter de cette ambiance mystérieuse que donne la brume matinale.
Dans la matinée, on accoste sur CatBa Island, la plus grande des îles de la baie. Un minibus va nous emmener dans le parc national à une heure de route. Je fais la connaissance de 3 français qui font un semestre d’école de commerce à Bangkok, bien sympas, on se reverra peut être en Thaïlande, qui sait. Là, petite rando d’une heure et demie pour grimper la montagne. Le guide, Alan, est complètement timbré, il a dû être singe dans une vie antérieure, trop marrant. Arrivés en haut, effectivement la vue vaut le coup, et d’autant plus en montant en haut du promontoire tout rouillé, où personne ne veut aller. On redescend ensuite sur de l’autre côté de l’île pour y manger.
Les irlandaises et l’australienne avec lesquelles je suis depuis hier restent sur l’île pour y loger dans un hôtel en béton, dans un environnement tout de même assez urbain. Moi, comme je voulais plus d’isolement et de découverte, j’ai choisi de continuer vers une île plus éloignée, avec bungalow sur la plage… faut pas déconner ! Un scoot m’amène donc au port, où je pars avec un pêcheur une demi-heure pour atteindre mon île. On navigue d’abord entre les maisons des pêcheurs, véritables villages flottants. Là pour le coup je me dis que ça me déplairait pas d’être pêcheur ici !
Puis on s’éloigne encore, naviguant entre les îlots. Ce paysage pourrait aussi être un décor de Pirate des Caraïbes, c’est exactement ça. Et d’ailleurs, dans l’histoire, les îles étaient vraiment un refuge de pirates.
Je vois mon île, Namcat Island. Une dizaine de bungalows, une plage sur laquelle des enfants jouent, au milieu d’une crique entourée de montagnes, parfait ! Mes voisins de bungalows sont 3 couples français, Fabien et Lorène, Jean-Marc et Sayvadi, Juan-Marcos et Nadia. Très bien, ça va être cool de parler français, en plus ils ont l’air super sympa. Un anglais, Roger, est sur le point de quitter l’île, car c’est complet ce soir. Etant donné que je suis tout seul dans un bungalow pour deux (sinon je ne pouvais pas venir), je lui propose de rester, en échange de quelques bières. Il est tout content.
On prend ensuite un bateau pour aller visiter Monkey Island. Sur cette île, il est possible de s’enfoncer un peu dans la jungle et d’escalader les roches au sommet, ouais, cool !! Je m’éclate, j’aime vraiment escalader cette roche, coupante mais tellement adhérente. C’est la même roche que dans les Tsingy à Madagascar. Et quelle vue arrivé en haut, la plage paradisiaque en contre-bas, les autres îles à l’horizon, c’est magnifique. J’ai le temps de redescendre et de ma baigner un peu avant de repartir sur notre île. Le vietnamien qui est avec nous me dit qu’il est possible d’escalader après, mais finalement c’est mort, dommage !
Monkey Island
A la place, on prend les kayaks pour se promener aux alentours, une pagaie pour deux, mais ça le fait. On découvre les voies d’escalades et un groupe de gars qui ont grimpé cet aprèm, jsuis dégoûté. Donc sur le chemin du retour, je grimpe tous les îlots que je peux. Le dernier est excellent, un peu coupant, mais une réelle invitation au saut. Une fois en haut, je me rends compte que le saut est à 7m…. va falloir faire l’étoile de mer à la réception ! Je m’en sors avec une petite égratignure au pied, rien de bien méchant. Je peux quand même rentrer en nageant, ou en me faisant tirer par le kayak quand je suis trop mort.
Le soir, c’est buffet/barbecue, poisson, poulet, porc, frites, riz, légumes, la totale. Je fais plus ample connaissance avec les français avec lesquels je partage une excellente soirée. Je m’incruste ensuite à la table de billard toute pourrie qu’il y a devant la plage et où sont réunis 6-8 vietnamiens. Je fais quelques parties, mais me fait défoncer à chaque fois, je pense qu’ils jouent tout le temps, ou alors je suis mauvais. Je vais ensuite me coucher pas trop tard, demain je me lève tôt pour rentrer. Mais là, honnêtement, je n’ai vraiment pas envie de rentrer. J’aimerais passer plus de temps dans ce lieu magique, à rejoindre les îles en kayak et à les escalader une par une pour trouver le coin le plus isolé possible. Mais bon, je vais quand même rentrer.
Le lendemain c’est journée transport donc, pour retourner à Hanoi. Petit bateau de pêche, scooter, minibus, bateau et minibus. Départ à 7h30, arrivée à 16h30. J’ai fait ce que j’avais prévu de faire au Vietnam et je suis censé aller au Laos maintenant. Mais j’ai encore du temps et beaucoup de gens m’ont dit qu’ils avaient vraiment aimé certaines villes du centre Vietnam, et j’ai vu qu’il y avait une putain de grotte sur le chemin, donc je reste quelques jours de plus. Et puis j’arriverai ainsi au Laos par le sud et non par le nord, ce qui me permettra de voir tout le pays. Arrivé à Hanoi, mon backpacker hotel est plein ce soir. Je décide donc de prendre le bus pour Ninh Binh. Après tout c’est une journée transport, alors autant tout faire aujourd’hui. Mon billet Open bus (qui me permet d’aller jusqu’à Hoi An) en poche, je prends donc le bus à 18h, pour arriver à Ninh Binh vers 22h. Plus que 1,5 km à marcher avec le gros sac vers un hôtel pas cher, et voilà, je peux me poser dans un dortoir que j’ai pour moi tout seul.
La baie d’Ha Long fut brève, mais intense, c’est typiquement le genre de lieu où je me sens bien. Ca restera un coup de cœur, pour les envies d’aventure qu’il procure, malgré le fait que ce soit très touristique.